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Mépris des renouvelables: Trump fait des États-Unis les grands perdants de la guerre en Iran

Le président Donald Trump lève le poing en quittant la pelouse Sud de la Maison-Blanche pour embarquer à bord de Marine One, mercredi 18 mars 2026, à Washington.
Le président Donald Trump serre le poing en se dirigeant vers Marine One pour quitter la pelouse Sud de la Maison-Blanche, le 18 mars 2026, à Washington. Tous droits réservés  Copyright 2026 The Associated Press. All rights reserved
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Par Liam Gilliver
Publié le
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Trump qualifie les énergies renouvelables d’« arnaque » : la guerre contre l’Iran le fera-t-elle changer d’avis ?

La croisade de Donald Trump pour détourner les États-Unis des énergies renouvelables est scrutée de près, alors que la guerre contre l’Iran met en lumière la volatilité des combustibles fossiles.

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Le président américain ne cesse de fustiger la transition vers les énergies vertes. L’an dernier, lors d’un déplacement en Écosse, Trump a appelé l’Europe à « arrêter les éoliennes », qualifiant les parcs éoliens d’arnaque et exhortant le Royaume-Uni à ouvrir de nouveaux permis de forage en mer du Nord.

Au Forum économique mondial (WEF) de Davos, le 21 janvier, Trump a faussement affirmé que la Chine vendait des éoliennes à des « gens stupides » sans utiliser elle-même cette technologie. Or la Chine abrite le plus grand parc éolien du monde, visible depuis l’espace.

En plus de s’être retiré de principaux accords climatiques et d’avoir exporté son slogan « drill, baby, drill » au Venezuela, l’administration Trump a également été jugée avoir agi illégalement en annulant 7,6 milliards de dollars (environ 6,52 milliards d’euros) de subventions aux énergies propres pour des projets situés dans des États ayant voté pour Kamala Harris en 2024.

Mais à mesure que les infrastructures énergétiques sont entraînées dans le conflit au Moyen-Orient, des experts avertissent que les États-Unis disposent de moins d’énergies de substitution, ce qui rend le pays plus vulnérable aux chocs d’approvisionnement.

Comment la guerre contre l’Iran affecte-t-elle l’énergie aux États-Unis ?

Le Brent, utilisé comme référence mondiale pour les prix du pétrole, a dépassé les 100 dollars (environ 86,38 euros) le baril à plusieurs reprises depuis le début de la guerre. Cela tient en grande partie au détroit d’Ormuz, un goulot d’étranglement pour les combustibles fossiles, qui reste pratiquement bloqué alors que l’Iran y prend pour cible le trafic maritime.

Ce passage de 38 km transporte environ un cinquième des approvisionnements pétroliers mondiaux, soit quelque 20 millions de barils par jour. Les prix du pétrole et du gaz sont fixés sur les marchés mondiaux, ce qui signifie que la production nationale ne fera pas baisser sensiblement la facture des consommateurs.

Aux États-Unis, le prix de l’essence s’est envolé vers 4 dollars (3,46 euros) le gallon. C’est une hausse marquée par rapport au mois dernier, lorsque Trump se vantait encore que les prix étaient inférieurs à 3 dollars (2,59 euros).

« Les principaux perdants à court terme de la guerre seront les consommateurs américains de pétrole et de gaz, avec la hausse des prix de l’énergie », explique à l’agence AP le climatologue Peter Gleick.

Trump a qualifié le conflit de « très petit prix à payer » après des années de terreur imputées à la direction iranienne. Il prédit que les prix du pétrole « chuteront comme une pierre » une fois la guerre terminée.

Mais les consommateurs américains constatent déjà les effets à la pompe, ce qui stimule l’intérêt pour les véhicules électriques (VE). Des analystes préviennent aussi que les prix du pétrole ne « reviendront pas à la normale » immédiatement après la fin du conflit, surtout si les infrastructures énergétiques restent des cibles de missiles.

« Il s’avère que les combustibles fossiles comportent eux aussi leurs propres risques d’approvisionnement, et l’administration n’a aucune réponse », souligne Tyson Slocum, de l’ONG de défense des consommateurs Public Citizen.

« Pas de flambées de prix pour la lumière du soleil »

Pour tenter d’atténuer la pression sur les prix, Trump a puisé dans la Réserve stratégique de pétrole des États-Unis, en mettant sur le marché des millions de barils, et a cherché à lever temporairement les sanctions visant les cargaisons de pétrole russe déjà en mer.

Selon AP, les responsables envisagent aussi de mobiliser la marine américaine pour escorter les pétroliers dans le détroit d’Ormuz. Il leur faudrait pour cela négocier avec les pays très dépendants du brut du Moyen-Orient afin de constituer une coalition chargée de sécuriser cette voie maritime.

Malgré ces efforts, les prix restent élevés. Gregory Brew, analyste principal au sein du cabinet Eurasia Group, estime que le monde connaît actuellement « la plus grande perturbation de l’offre de pétrole de l’histoire », qui devrait maintenir le coût de l’énergie à des niveaux élevés dans un avenir prévisible.

Cette situation renforce les appels à miser sur des énergies vertes domestiques, comme l’éolien et le solaire, qui ne sont pas touchées par les conflits géopolitiques. L’Espagne montre déjà comment un investissement massif dans les renouvelables peut contribuer à maintenir les factures d’énergie à un niveau bas lorsque les prix du gaz et du pétrole flambent.

« Il n’y a pas de flambées des prix pour la lumière du soleil et pas d’embargos sur le vent », souligne le secrétaire général de l’ONU, António Guterres.

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