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Le monde franchira 1,5 °C d'ici 2030 si les émissions restent au rythme actuel, selon un rapport

ARCHIVES - Des touristes se protègent du soleil avec des parapluies devant la mosquée Sainte-Sophie, lors d’une chaude journée d’été à Istanbul, le 12 août 2025.
PHOTO D'ARCHIVE - Des touristes utilisent des parapluies pour se protéger du soleil devant la mosquée Sainte-Sophie, lors d'une journée estivale à Istanbul, le 12 août 2025. Tous droits réservés  AP Photo/Francisco Seco, File
Tous droits réservés AP Photo/Francisco Seco, File
Par Angela Symons
Publié le
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Réchauffement d’origine humaine : le rythme reste à un niveau record, selon le dernier rapport sur les indicateurs du climat mondial.

Le monde se rapproche dangereusement du seuil de réchauffement de 1,5 °C fixé par l’accord de Paris : le réchauffement d’origine humaine devrait atteindre 1,37 °C en 2025, avertit un nouveau rapport de référence.

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Si les émissions se maintiennent à leur niveau actuel, le seuil de 1,5 °C sera franchi aux alentours de 2030, selon l’analyse de plus de 70 scientifiques issus de 56 institutions dans 17 pays.

La quatrième édition du rapport Indicators of Global Climate Change (source en anglais) (IGCC), publiée aujourd’hui (11 juin) dans la revue Earth System Science Data, passe au crible les principaux indicateurs qui montrent à quelle vitesse le climat change et pour quelles raisons. Le message est sans équivoque : la planète se réchauffe à un rythme de plus en plus rapide, presque entièrement sous l’effet des activités humaines.

« Notre étude montre que les émissions de gaz à effet de serre sont à un niveau historique, principalement dues à la combustion des énergies fossiles », explique le Dr William Lamb, chercheur principal à l’Institut de Potsdam pour la recherche sur l’impact du climat (PIK), en Allemagne.

« La bonne nouvelle, c’est que les solutions existent déjà. En investissant dans les énergies renouvelables et l’électrification, les gouvernements peuvent réduire les émissions tout en construisant des systèmes énergétiques plus propres, plus fiables et plus sûrs. »

Le budget carbone mondial sera épuisé d’ici trois ans

Le budget carbone – la quantité totale de CO2 qu’il est encore possible d’émettre tout en maintenant le réchauffement à moins de 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels – n’est plus que de 130 milliards de tonnes à compter du début de 2026. Au rythme actuel des émissions, il sera épuisé d’ici environ trois ans.

Le seuil de 1,5 degré constitue la pierre angulaire de l’accord de Paris de 2015, un traité international conçu pour éviter les impacts les plus catastrophiques de la crise climatique.

Les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont atteint un record de 56,8 milliards de tonnes d’équivalent CO2 en 2024, principalement en raison de la combustion des énergies fossiles. Les concentrations des trois principaux gaz à effet de serre – dioxyde de carbone, méthane et protoxyde d’azote – ont toutes augmenté depuis 2019, le CO2 atteignant désormais 425,6 parties par million.

« Tout se résume à un principe simple : nous émettons plus de gaz à effet de serre que jamais, ce qui fait grimper leurs niveaux, emprisonne toujours plus de chaleur dans l’atmosphère et fait basculer le monde hors de son équilibre », explique le Dr Matt Palmer, expert scientifique au Met Office du Royaume-Uni.

Le rapport montre également que le déséquilibre énergétique de la Terre – l’écart entre la chaleur qui pénètre dans la planète et celle qui en ressort – a plus que doublé au cours des dernières décennies et atteint aujourd’hui un niveau record. Cela signifie que la planète emmagasine la chaleur plus rapidement qu’à tout autre moment depuis le début des mesures modernes.

« Le déséquilibre énergétique de la Terre augmente rapidement, entraînant des modifications dans tous les composants du système climatique, notamment le réchauffement des océans et des continents, le dégel du pergélisol, la perte de glace et l’élévation du niveau de la mer », indique la Dre Karina Von Schuckmann, du centre de recherche français Mercator Ocean International.

Les mers montent et se réchauffent

Le niveau moyen de la mer a atteint un nouveau record en 2025, avec une hausse de 23 cm depuis 1901, et le rythme de cette augmentation s’accélère. Les océans absorbent une grande partie de la chaleur excédentaire, si bien que la température moyenne de surface de la mer a atteint l’an dernier son deuxième niveau le plus élevé jamais enregistré.

Un indicateur nouvellement ajouté dans le rapport de cette année illustre l’ampleur des canicules marines : le nombre de jours affectés a plus que triplé à l’échelle mondiale entre 1991 et 2025. Rien qu’en 2025, le monde a connu 65 jours de canicule marine, avec à la clé des dégâts pour les écosystèmes, une menace pour les stocks de poissons et des perturbations des systèmes océan-atmosphère qui régulent le climat de la Terre.

Sur les continents, le constat est tout aussi sombre. Les températures maximales moyennes à la surface des terres au cours de la dernière décennie ont été supérieures de près d’un demi-degré à celles de la décennie précédente, ce qui propulse les épisodes de chaleur extrême à des niveaux inédits partout dans le monde.

« Pratiquement tout le réchauffement observé au cours de la dernière décennie est imputable aux activités humaines », souligne la Dre Samantha Burgess, du service Copernicus sur le changement climatique. « Les effets sur les moyens de subsistance et les écosystèmes se font déjà sentir dans le monde entier et s’accéléreront à mesure que les températures continueront d’augmenter. »

Les scientifiques à l’origine du rapport tirent aussi la sonnette d’alarme sur un risque moins visible : les bases de données mondiales utilisées pour suivre ces évolutions sont elles-mêmes menacées. Les coupes budgétaires – notamment la décision de l’administration Trump de supprimer l’an dernier le programme du département d’État américain de surveillance mondiale de la qualité de l’air – créent des lacunes dangereuses dans les données factuelles dont dépendent la science du climat et les politiques publiques.

« Sans ces données, les évaluations futures seront beaucoup plus difficiles, alors même qu’une action climatique urgente est nécessaire », avertit le Dr Chris Smith, de l’International Institute for Applied Systems Analysis.

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