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Téhéran qualifie l’accord-cadre de "défaite américaine", Trump menace d’arrêter les pourparlers

Photo d’archive : un membre des forces de sécurité monte la garde tandis qu’un homme porte un drapeau iranien lors d’un rassemblement officiel à Téhéran, le 29 avril 2026
Photo d’archive : un membre des forces de sécurité monte la garde tandis qu’un homme porte un drapeau iranien lors d’un rassemblement officiel à Téhéran, le 29 avril 2026 Tous droits réservés  AP Photo
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Par Babak Kamiar & Euronews
Publié le Mis à jour
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Un haut responsable iranien estime que l’accord avec les États-Unis est une "défaite américaine", tandis que Trump menace de rompre les pourparlers si Téhéran impose des péages dans le détroit d'Ormuz.

Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a qualifié l'accord-cadre américano-iranien de "déclaration de la défaite des États-Unis", estimant que Washington et Israël avaient mal évalué les conséquences en déclenchant la guerre.

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"L'entente d'Islamabad n'est pas le résultat de pressions et de coercition, mais celui de la résistance et de l'autorité de la courageuse nation iranienne", a déclaré Ghalibaf, qui dirige l'équipe de négociation iranienne, lors du sommet parlementaire de la PUIC à Bakou.

"L'époque où l'on imposait sa volonté aux nations indépendantes est révolue", a-t-il ajouté.

Déclarations contraires

Cette déclaration intervient alors que les discussions techniques prévues dans le cadre de l'accord de 60 jours se poursuivent, les négociateurs iraniens et américains restant en désaccord sur plusieurs points clés - en particulier sur l'avenir du détroit d'Ormuz et sur les inspections nucléaires en Iran.

Le président américain, Donald Trump, a déclaré mercredi, dans un message publié sur Truth Social, que Téhéran avait assuré à Washington qu'il n'y aurait "aucun péage, aucun coût d'assurance ni aucun autre type de frais" pour les navires empruntant cette voie maritime cruciale, avertissant que, dans le cas contraire, "les négociations prendraient immédiatement fin".

Le locataire de la Maison Blanche a également affirmé que les fonds iraniens débloqués seraient consacrés exclusivement aux importations alimentaires en provenance des États-Unis.

"Les fonds et/ou les allègements de sanctions que le Trésor américain met en œuvre seront utilisés exclusivement pour l'achat de denrées alimentaires et de fournitures médicales, exclusivement aux États-Unis, notamment du maïs, du blé et du soja produits par nos grands agriculteurs américains", a-t-il assuré.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a cependant rejeté cette condition lors d'une conférence de presse.

"S'agissant des avoirs iraniens libérés, nous déciderons de la manière qui sert le mieux les intérêts du pays et qui est la plus bénéfique", a-t-il déclaré.

"En ce qui concerne l'achat de biens, notre ministère de l'Agriculture et les autres autorités compétentes trancheront en fonction du prix comme de la qualité. Il n'existe donc aucune restriction en la matière".

Flou autour de la situation à Ormuz

Parallèlement, la situation concernant le passage des navires de fret par le détroit d'Ormuz restait incertaine.

Le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a démenti des affirmations attribuées aux Gardiens de la révolution (IRGC) iraniens, qui avaient déclaré samedi avoir de nouveau fermé la voie maritime, invoquant "une violation manifeste" des engagements prévus par l'accord-cadre.

Les données de suivi du trafic maritime du cabinet Kpler indiquent que seuls cinq navires ont traversé le détroit dimanche, contre 26 la veille. Lundi, ce chiffre est toutefois monté à 35 - la journée la plus chargée depuis le début de la guerre, même si cela ne représente encore qu'environ un tiers des niveaux de trafic d'avant-guerre.

Des pétroliers et des navires de marchandises dans le golfe d'Oman, le long des voies maritimes reliant le détroit d'Ormuz et la mer d'Arabie, le mardi 16 juin 2026
Des pétroliers et des navires de marchandises dans le golfe d'Oman, le long des voies maritimes reliant le détroit d'Ormuz et la mer d'Arabie, le mardi 16 juin 2026 AP Photo

"Il n'y aura aucun péage dans le détroit d'Ormuz pendant 60 jours, durant la période de cessez-le-feu, et il n'y aura aucun péage après l'expiration de ces 60 jours, sauf s'ils sont imposés par les États-Unis d'Amérique et à leur profit", a déclaré Donald Trump samedi.

Cette remarque a été suivie de déclarations de Ghalibaf aux médias publics iraniens, selon lesquelles le détroit "ne reviendra jamais à sa situation d'avant-guerre" et l'Iran conservera son autorité sur cette voie maritime.

L'Iran et Oman ont publié une déclaration conjointe affirmant qu'ils travaillent à parvenir à un accord sur la manière dont la voie maritime sera cogérée et sur "les services qui seront fournis à cet égard et les coûts qui y seront associés, conformément aux normes internationales".

Des responsables omanais ont ensuite assuré qu'aucun des deux pays n'entendait imposer de frais à la navigation commerciale et que tout nouveau dispositif respecterait le droit international.

Oman travaille également avec l'Organisation maritime internationale pour établir un corridor de transit temporaire.

Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien
Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien AP Photo

Mohammad Bagher Ghalibaf et le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghtchi, se sont rendus directement de Suisse à Mascate pour faire avancer les discussions sur la mise en œuvre.

"Nous voyons l'avenir de la région non pas dans la confrontation mais dans l'interaction, non pas dans l'élimination mais dans la coexistence. La sécurité régionale doit être assurée par les pays de la région eux-mêmes", a déclaré Ghalibaf mercredi.

De son coté, le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, qui s'exprimait à Abou Dabi au début d'une tournée régionale passant par le Koweït et Bahreïn, a affirmé que Washington n'accepterait aucun frais sur le détroit.

"C'est une voie maritime internationale. Aucun pays n'est autorisé à facturer des péages ou des frais sur une voie maritime internationale", a-t-il déclaré.

Nouvelle querelle sur les inspections nucléaires

Parallèlement, le directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, s'exprimant depuis le Japon, a indiqué que des équipes d'inspection pourraient se rendre sur des sites iraniens dans les prochains jours.

Téhéran a affirmé qu'aucun calendrier de ce type n'avait été approuvé, tandis que Trump a déclaré que l'Iran avait "entièrement accepté" les inspections nucléaires. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a catégoriquement démenti ces propos.

"Aucune réunion n'a eu lieu en Suisse avec M. Grossi, malgré sa demande", a-t-il écrit sur X.

"Il n'existe pas non plus de projet d'accès aux installations qui ont été attaquées ni aux matières nucléaires. Ces questions ne seront abordées que dans le cadre d'un accord final et à la suite de mesures concrètes de l'autre partie pour lever totalement toutes les sanctions".

L'un des principaux médiateurs, le Pakistan, a annoncé la reprise la semaine prochaine de discussions techniques au niveau des experts, réunissant l'Iran, les États-Unis, le Pakistan et le Qatar.

Les deux parties ont indiqué qu'un canal de communication directe entre Téhéran et Washington avait été établi afin de gérer toute escalade pendant les négociations.

Conflit au Liban

La guerre en cours entre Israël et le Hezbollah, allié de l'Iran au Liban, reste l'un des dossiers non résolus. Pour Téhéran, la fin de ces combats est une condition clé pour parvenir à un accord final avec les États-Unis, tandis que l'actuel accord-cadre couvre "tous les fronts", y compris le Liban.

Israël, qui n'est pas partie à l'accord, rejette cette interprétation. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa'ar, a déclaré lors d'une conférence internationale à Tel-Aviv, mercredi, que le Hezbollah avait tiré plus de 7 000 roquettes, missiles et drones sur Israël depuis mars.

"Quel pays peut accepter cela sans agir pour rétablir la sécurité de ses citoyens ?", a-t-il lancé.

Sa'ar a affirmé qu'Israël n'avait pas de différend majeur avec le gouvernement libanais, au-delà de quelques questions frontalières mineures, mais il a décrit le Hezbollah comme "l'ennemi de l'avenir, de la souveraineté et de l'indépendance du Liban, ainsi que l'ennemi de la sécurité d'Israël".

Le Hezbollah a repris ses frappes contre Israël le 2 mars, suite à la mort de l'ayatollah Ali Khamenei, tué lors des premières frappes américano-israéliennes sur Téhéran au début de la guerre d'Iran, le 28 février.

La poursuite des opérations israéliennes a conduit l'Iran à suspendre temporairement les discussions de Genève le 19 juin et à fermer brièvement le détroit d'Ormuz deux jours plus tard. Un deuxième cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, négocié par les États-Unis, le Qatar et l'Iran, est entré en vigueur le 19 juin, même si Israël a poursuivi ses frappes après l'échéance.

Des discussions entre Libanais et Israéliens se tiennent à Washington jusqu'à mercredi.

Israël a annoncé son intention de maintenir une zone de sécurité jusqu'au fleuve Litani et n'a pas pris d'engagement en faveur d'un retrait complet, une position qui demeure le principal obstacle à la validation par l'Iran de tout accord final. Le ministère libanais de la Santé a recensé plus de 3 700 morts depuis le début de l'intervention israélienne en mars.

Le Hezbollah est l'élément le plus puissant de ce que Téhéran appelle l'Axe de la résistance, son réseau de groupes armés alliés dans la région, qui comprend également les Houthis au Yémen, le Hamas à Gaza et des milices en Irak.

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