Les dirigeants de l'UE insistent sur la "résilience" et la "bonne santé" de la zone euro

Le chancelier allemand Olaf Scholz
Le chancelier allemand Olaf Scholz Tous droits réservés European Union, 2023.
Par Jorge Liboreiro
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A l’issue du sommet européen, les 27 chefs d’Etat et de gouvernement se veulent rassurants face aux turbulences observées sur les marchés financiers.

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Les banques de la zone euro sont résistantes, stables et solides. A l’unisson à l’issue du sommet européen à Bruxelles, les dirigeants de l'Union européenne ont insisté vendredi sur cette bonne santé financière.

Mais leurs propos contrastent fortement avec la réalité des marchés. La Deutsche Bank, le plus grand établissement allemand, a subi une chute vertigineuse de sa valeur. Son action s’est effondrée vendredi de près de 15 %.

Cette baisse est attribuée à une hausse des swaps de défaut de crédit (CDS) qui reflètent les coûts d'assurance contre un éventuel défaut de paiement de la dette d'une banque.

D'autres établissements européens, dont UBS, Commerzbank, Société Générale et BNP Paribas, ont également été touchés par les turbulences, mais dans une moindre mesure.

Les marchés financiers sont secoués depuis le début du mois par l'effondrement de la Silicon Valley Bank et le rachat du Crédit suisse sous l'égide du gouvernement.

Malgré les assurances répétées des responsables politiques, les investisseurs continuent de montrer des signes de nervosité.

"La Deutsche Bank a fondamentalement modernisé et réorganisé son modèle d'entreprise, et c'est une banque très rentable", insiste le chancelier allemand, Olaf Scholz. "Il n'y a pas lieu de s'inquiéter".

Le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, salue pour sa part les mesures de protection mises en place depuis la crise financière de 2008, qui a fait vaciller la zone euro.

En réponse l’UE s’est engagée dans la création de l'union bancaire afin d'harmoniser ses règles, d'améliorer la supervision des banques européennes et d'empêcher l'utilisation de l'argent des contribuables en période de détresse.

"Il y a eu beaucoup de critiques, y compris de la part du monde des affaires et de la communauté bancaire, qui nous ont reproché d'avoir été un peu trop durs. Mais vous voyez maintenant à quel point il est important que nous ayons ces tampons, que nous ayons pris ces mesures", souligne Mark Rutte.

"D'une manière générale, je pense que nous sommes dans une bonne situation".

L'union bancaire reste toutefois incomplète. Le dirigeant néerlandais exhorte donc les pays de l'UE à conclure les discussions "mais pas en réaction à ce qui s'est passé aux États-Unis ou avec le Credit Suisse".

"Nous pensons que la surveillance actuelle est suffisamment forte, mais nous devons encore franchir les dernières étapes", insiste-t-il.

Paschal Donohoe, président de l'Eurogroupe, qui a également participé au débat économique de vendredi, s'est montré lui aussi optimiste quant à la santé des banques européennes. Il les qualifie de "résilientes" et de "solides".

Mais interrogé sur la Deutsche Bank, Paschal Donohoe s'est voulu prudent.

"Bien sûr, je suis conscient des évolutions du marché. Il n'est pas approprié de les commenter étant donné que les conditions peuvent changer", précise-t-il.

"Nous sommes très confiants quant à la situation actuelle de nos banques, quant à leur stabilité et à leur solidité".

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