Industrie "zéro net" : l'UE a plus que jamais besoin de compétences

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Par Andrea Bolitho
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Les projets ambitieux de l'Union européenne en matière d'énergies vertes se heurtent au manque de personnel qualifié pour assumer les emplois qu'ils impliquent. Nous découvrons les initiatives soutenues par l'UE qui visent à y remédier.

La main-d'œuvre qualifiée manque fortement dans les secteurs "zéro émission" comme les batteries ou encore les énergies solaire et éolienne. L'Union européenne investit des millions d'euros dans des organismes de formation spécialisés. Pour mieux comprendre de quoi il s'agit, nous avons rencontré en France, des professionnels, enseignants et étudiants en première ligne des compétences vertes.

La ville de Grenoble, désignée Capitale verte européenne l'an dernier, est l'un des premiers pôles d'enseignement européens en matière de batteries, et ce grâce à un partenariat entre des acteurs locaux - un fabricant appelé Verkor et plusieurs institutions et laboratoires -.

"Les voitures et les vélos électriques, c'est l'avenir pour tout le monde"

Un groupe d'étudiants commence sa formation au sein de cette structure appelée l'École de la Batterie"La batterie, que ce soit à Grenoble ou en France, c'est tout nouveau," nous explique Safila Morales, une jeune participante. "Je suis jeune, je me suis dit : pourquoi ne pas me lancer dans quelque chose qui pourra m'apporter que de bonnes choses pour le futur ?" indique-t-elle. Son camarade Şafak Durmaz renchérit : "En France, c'est une nouvelle aventure pour nous ; les vélos électriques, les voitures électriques, c'est l'avenir pour tout le monde," assure-t-il.

Émilie Rondet, cheffe de projet de cette École de la Batterie, la décrit comme une "école en réseau qui a pour objectif de former de jeunes étudiants qui poursuivent leurs études ou qui en sont au tout début, jusqu'à des salariés qui ont besoin de se reconvertir, par exemple du véhicule thermique vers tout ce qui peut être véhicule électrique," précise-t-elle.

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Un groupe d'étudiants de l'École de la Batterie lors d'une formationEuronews

"Aujourd'hui, le savoir-faire est principalement basé en Asie"

La structure compte parmi ses partenaires, Verkor qui est en train de bâtir l'une des trois giga-usines de batteries en construction dans le nord de la France. Ses produits intégreront la nouvelle gamme de modèles Alpine de Renault. Son essor passe par le recrutement de personnel qualifié, une tâche qui peut être complexe à l'heure actuelle, selon Émilie Rondet.

"Aujourd'hui, le savoir-faire, notamment la création de batteries, est principalement basé en Asie, mais également aux États-Unis," rappelle-t-elle. "Actuellement, il nous manque des compétences parce qu'en réalité, la transition se fait tout juste," dit-elle avant d'ajouter : "Donc, pour faire en sorte que des entreprises industrielles européennes et notamment françaises puissent se monter sur cette thématique-là, il faut aussi pouvoir former des personnes qui ont ces compétences-là," insiste-t-elle.

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Émilie Rondet, cheffe de projet de l'École de la BatterieEuronews

Investissement européen

La Commission européenne estime qu'à l'échelle de l'Union, le secteur des batteries à lui seul nécessitera la formation ou la requalification de 800 000 personnes supplémentaires d'ici à 2025.

Bruxelles a lancé en 2021, l'Académie européenne des batteries, en lui accordant une subvention de 10 millions d'euros, des fonds qui alimentent des initiatives à travers l'Union.

À l'automne dernier, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré 2023, Année européenne des compétences. La Commission prévoit la mise en place d'académies de l'industrie "zéro net" et investit un montant initial de 5,5 millions d'euros.

Les entreprises doivent pourvoir toutes types d'emplois comme dans l'installation de pompes à chaleur et de panneaux solaires, mais aussi dans les domaines des technologies de l'information et de la communication (TIC) et du développement durable.

L'avantage concurrentiel de l'éco-conception

À Lyon, ITEN fabrique des micro-batteries rechargeables, de minuscules batteries ultra-puissantes utilisées dans de nombreux appareils, des cartes de paiement intelligentes aux implants médicaux.

"Les technologies évoluent très, très vite et il est fondamental pour nous, de pouvoir avoir des compétences qui évoluent aussi vite que ce besoin," souligne Fabien Gaben, PDG d'ITEN. "Donc, au sein de notre entreprise, on a développé nos propres process de fabrication et nos produits, on a recruté des experts dans chacun de nos métiers que l'on a formés, on travaille énormément avec des laboratoires universitaires, le CNRS et différentes universités qui nous aident aussi à former nos collaborateurs à ces compétences totalement nouvelles," indique-t-il.

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Fabien Gaben, PDG d'ITENEuronews

Bien que l'Union européenne soit en retard par rapport à la Chine dans certains domaines du "net zéro", Fabien Gaben pense qu'elle a une longueur d'avance en matière de développement durable. "Toutes ces nouvelles industries qui sont en train de naître en Europe vont intégrer ces problématiques d'éco-conception," estime-t-il avant de conclure : "Cela permettra d'avoir cet avantage par rapport à des industries venant d'autres continents."

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