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Feriez-vous confiance à un robot pour gérer vos finances ?

Un humain et un robot se serrent la main.
Un humain et un robot se serrent la main. Tous droits réservés Canva
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Par Eleanor Butler
Publié le Mis à jour
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Cet article a été initialement publié en anglais

Le robot-conseil peut être une option bon marché et peu contraignante pour les investisseurs amateurs, mais l'absence d'intervention humaine a aussi ses inconvénients.

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Avant même l'essor de l'intelligence artificielle, les tâches humaines devenaient déjà de plus en plus automatisées.

Si vous revenez 50 ans en arrière, que ce soit dans les banques, les gares ou les usines, de nombreux employés effectuaient des tâches aujourd'hui réalisées par des machines.

2008 est considérée comme l'année de naissance des services de conseil financier automatisés, également connus sous le nom de "robots-conseillers".

Il existait des logiciels professionnels auparavant, mais la fin des années 2000 a vu la création du premier site de conseil automatisé accessible au public, connu sous le nom de 'Betterment'.

Selon Investopedia, le secteur des robots-conseillers a depuis connu une période de "croissance explosive", et les actifs des clients gérés par les robots-conseillers devraient atteindre 3 000 milliards de dollars, soit 2 780 €, d'ici à la fin de 2023.

D'ici 2027, ce chiffre devrait atteindre 5 000 milliards de dollars dans le monde.

Que font exactement les robots-conseillers ?

Comme il existe aujourd'hui toute une gamme de robots-conseillers, il n'y a pas d'explication unique sur leur fonctionnement, mais leur fonction la plus connue est la gestion de portefeuilles d'investissement.

Lorsque vous souscrivez à un service de conseil automatisé, il vous est demandé de saisir des informations vous concernant, qui portent généralement sur des domaines tels que votre aversion au risque, vos objectifs et le temps que vous souhaitez consacrer à votre portefeuille.

Sur la base de ces réponses, le logiciel sera alors en mesure de créer un plan d'investissement sur mesure, même si les niveaux de personnalisation et d'automatisation varient d'un produit à l'autre.

Les robots-conseillers sont souvent une bonne option pour les personnes occupées qui découvrent le monde de l'investissement, car les algorithmes peuvent faire le gros du travail à votre place.

Combien coûtent-ils ?

Euronews Business a demandé à Matthias Fischer, professeur de banque et de finance à l'université technique de Nuremberg en Allemagne, quels conseils il donnerait aux personnes qui utilisent des robots-conseillers pour la première fois.

L'un des conseils est de connaître le niveau de risque auquel vous vous engagez (un ratio actions/obligations plus élevé dans votre portefeuille représente un pari plus risqué), mais le professeur Fischer a également dit aux investisseurs de se méfier des frais élevés.

Si certaines entreprises ne facturent pas de montant fixe pour l'utilisation de leurs robots-conseillers, la plupart d'entre elles exigeront des frais de gestion, ce qui signifie qu'un pourcentage de vos actifs sera déduit de votre compte à intervalles réguliers.

Il faut également tenir compte d'un autre niveau de dépenses, à savoir le montant que vous paierez aux sociétés de fonds négociés en bourse (ETF).

En termes simples, un ETF est un panier de différents investissements tels que des actions, des obligations et des biens marchands, détenu par un fournisseur.

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Les investisseurs (comme ceux qui utilisent des robots-conseillers) peuvent acheter une part de ce panier et en tirer des dividendes, mais ils doivent payer des frais.

Cela dit, les ETF ont généralement des frais moins élevés que d'autres types de fonds, et le coût global de l'utilisation d'un robot-conseiller est généralement bien inférieur à ce que vous paieriez si vous demandiez des conseils à un être humain.

Par conséquent, de nombreux partisans des robots-conseillers affirment qu'ils ont le potentiel de démocratiser les conseils financiers et de réduire les inégalités.

Marie Brière, responsable du Conseil aux investisseurs et du Partenariat académique chez Amundi Investment Institute en France, a déclaré que le robot-conseil est plus accessible financièrement que le conseil traditionnel et a expliqué que le logiciel a tendance à être plus efficace pour les moins riches.

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En effet, les "investisseurs ont tendance à avoir un faible investissement en actions" au départ, déclare-t-elle, ce qui signifie que le robot peut apporter un plus grand bénéfice.

Faut-il faire confiance aux conseils ?

L'un des facteurs clés qui déterminera la croissance du secteur des robots-conseillers est la confiance des consommateurs.

À l'heure actuelle, plusieurs études tentent de mesurer la confiance que les investisseurs accordent réellement aux conseils financiers automatisés, mais les niveaux de confiance augmenteront probablement à mesure qu'une plus grande partie de la génération technophile commencera à investir.

Rendre plus compréhensible le fonctionnement des décisions des robots-conseillers est une étape cruciale pour assurer la confiance des utilisateurs, selon Marie Brière.

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De plus, le recours à des conseillers automatisés comporte en réalité moins de risques que de s'adresser à des humains, ajoute-t-elle.

"Les robots-conseillers [...] sont en effet moins enclins à la partialité que les conseillers humains", déclare Marie Brière. "Par exemple, certaines recherches ont montré que les jeunes et les femmes sont souvent moins bien servis par leurs conseillers financiers humains."

Selon le Certified Financial Planner (CFP) Board of Standards, seuls 23,6 % des conseillers inscrits aux États-Unis en 2022 étaient des femmes, et seulement 1,9 % des Noirs.

Compte tenu de ces disparités, certains affirment que les conseils offerts aux groupes sous-représentés seront moins adaptés à leurs besoins spécifiques.

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Je ne pense pas que nous puissions surestimer l'importance des conseillers financiers humains à l'avenir
Scott Smith
Directeur des relations avec les conseillers chez Cerulli Associates

Scott Smith, directeur des relations avec les conseillers chez Cerulli Associates, reconnaît que les robots-conseillers sont une option moins risquée pour les investisseurs car ils n'ont "pas de biais émotionnel subjectif", ce qui signifie qu'ils ne fonctionnent pas à l'intuition.

Cela dit, il a expliqué que lorsque les investissements deviennent plus importants, les robots-conseillers ont leurs limites, car il leur est plus difficile d'intégrer dans leurs calculs des facteurs plus subtils tels que les dynamiques familiales et les questions de santé.

"Lorsque la vie commence à devenir plus complexe, vous allez vouloir plus de choses [...] vous marier, élever vos enfants, partager toutes ces choses, celles-ci sont plus importantes qu'un simple portefeuille."

Dans ces cas-là, une autre option possible pour les investisseurs est de faire appel à un robot-conseiller hybride.

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Cela permet d'être en communication avec un expert humain, tout en bénéficiant d'un service d'investissement partiellement automatisé.

"Je ne pense pas que nous puissions surestimer l'importance des conseillers financiers humains à l'avenir", considère Scott Smith - un message qui sera sans aucun doute accueilli favorablement par les professionnels du secteur.

- Le contenu de cet article ne constitue pas un conseil en investissement. Nous vous invitons par ailleurs à vous renseigner sur la législation en vigueur dans votre pays concernant les investissements boursiers.

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