Le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et le Japon avaient indiqué se tenir prêts à sécuriser le détruit d'Ormuz, à condition que les frappes cessent. Mais aucune information n'a fuité sur les contours de cette opérations.
Cinq pays européens et le Japon ont assuré être "prêts à contribuer" aux efforts visant à sécuriser le passage des bateaux dans le détroit d'Ormuz, alors que la guerre au Moyen-Orient, qui continue de perturber la navigation dans ce passage stratégique, va entrer dans sa quatrième semaine.
Dans une déclaration commune, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et le Japon ont condamné les attaques contre les navires commerciaux et contre les infrastructures civiles énergétiques dans la région. Ils ont également conditionné leur aide à l'arrêt des frappes.
Si Emmanuel Macron a évoqué la possibilité d'un "cadre onusien", la déclaration ne fournissait aucun détail sur la manière dont ils pourraient garantir la sécurité de la navigation dans le détroit, ni sur l'ampleur des ressources que les six pays seraient prêts à engager.
Avec les cinq autre pays, Paris a appelé à la mise en œuvre, sans délai, d'un moratoire ur les frappes ciblant les infrastructures civiles, qu’elles soient liées à l’eau ou à l’énergie. "La liberté et la sécurité de la navigation doivent être rétablies", a écrit Emmanuel Macron, sur X. "Il est temps d’ouvrir une voie vers la désescalade pour la stabilité au Moyen-Orient", a-t-il également affirmé.
La Première ministre japonaise Sanae Takaichi, dont le pays importe environ 90 % de son pétrole via le détroit, a discuté de la question avec Donald Trump, tout en imposant ses limites. "Bien qu’il s’agisse d’une discussion délicate, assurer la sécurité du détroit d’Ormuz est en effet de la plus haute importance. Cependant, comme il y a des limites à ce que nous pouvons et ne pouvons pas faire dans le cadre de la législation japonaise, je lui ai fourni une explication détaillée et approfondie à ce sujet", a-t-elle assuré lors d'une réunion à la Maison blanche.
Un détroit pas complètement fermé
Si la circulation dans le détroit d'Ormuz est rendu très difficile et dangereux, il n'est, pour autant, pas complètement fermé. Environ 90 navires, dont des pétroliers, ont pu traverser au cours des deux premières semaines de mars.
Selon les analystes, le détroit fonctionne désormais de manière sélective, certains navires étant autorisés à passer, tandis que d'autres sont exposés à des risques plus élevés.
Au moins 20 navires ont été attaqués dans la région depuis le début du conflit. L'Iran a averti qu'il pourrait prendre pour cible les navires qui tentent de traverser le détroit si les attaques contre son territoire se poursuivent.
Les données relatives au transport maritime montrent que des dizaines de navires ralentissent ou attendent dans les eaux du Golfe, tandis que de nombreux autres retardent leurs mouvements, car les opérateurs réévaluent s'il est sûr de franchir le passage étroit.
Malgré les perturbations, certains navires ont continué à traverser, souvent dans des conditions particulières. Les navires liés à l'Iran ou provenant de pays qui entretiennent des liens avec Téhéran ont été parmi ceux qui ont pu transiter, tandis que d'autres se sont appuyés sur des arrangements diplomatiques pour passer en toute sécurité.
L'Iran a continué à exporter du pétrole pendant le conflit, les données commerciales suggérant que des millions de barils ont été expédiés malgré le ralentissement du trafic.
Les perturbations se sont répercutées sur les marchés mondiaux de l'énergie, avec une forte hausse des prix du pétrole et une augmentation des tarifs de transport maritime, les assureurs et les opérateurs prenant en compte les risques liés au passage par le détroit.
La guerre a débuté le samedi 28 février lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des frappes sur l'Iran, suscitant des inquiétudes immédiates quant à la sécurité des routes maritimes dans le Golfe. En quelques jours, des pétroliers ont été endommagés lors d'attaques et les compagnies maritimes ont commencé à retarder leurs voyages en raison de l'augmentation des risques.
Le détroit d'Ormuz est l'une des principales voies d'acheminement de l'énergie au monde. Il transporte environ un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole et des exportations essentielles de gaz naturel liquéfié en provenance du Golfe.