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Introduction en bourse d'Anthropic: cinq points à connaître avant ses débuts à Wall Street

Photo d'archives - Dario Amodei, directeur général et cofondateur d'Anthropic, assiste à la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos, en Suisse, le 23 janvier 2025.
PHOTO D'ARCHIVES - Dario Amodei, directeur général et cofondateur d'Anthropic, participe à la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos, en Suisse, le 23 janvier 2025. Tous droits réservés  AP Photo/Markus Schreiber
Tous droits réservés AP Photo/Markus Schreiber
Par Doloresz Katanich avec AFP
Publié le
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Le développeur de Claude prépare une IPO record après une forte croissance, mais ses lourdes pertes et son conflit avec l'administration Trump inquiètent les investisseurs

Anthropic, la société d’intelligence artificielle à l’origine du chatbot Claude, est censée entrer en Bourse dans les semaines à venirlors d’une opération qui pourrait battre le record établi par les débuts de SpaceX à Wall Street en juin.

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Voici cinq points essentiels pour comprendre l’entreprise :

Fondée par d’anciens dirigeants d’OpenAI

Anthropic a été créée en 2021 par d’anciens dirigeants d’OpenAI, qui estimaient que les risques potentiels liés à l’intelligence artificielle n’étaient pas pris suffisamment au sérieux.

L’entreprise, dont le nom signifie, de façon quelque peu paradoxale, "qui concerne les êtres humains", est dirigée par son directeur général et cofondateur Dario Amodei, natif de San Francisco et titulaire d’un doctorat en biophysique de l’université de Princeton, un parcours atypique parmi les patrons de la tech, dont beaucoup sont issus de l’informatique.

Sa sœur, Daniela, est également cofondatrice et présidente de l’entreprise. Anthropic compte 5 000 salariés, selon PitchBook.

D’outsider à acteur de premier plan

Jusqu’à cette année, Anthropic était largement considérée comme à la traîne d’OpenAI, qui a fait irruption sur le devant de la scène avec ChatGPT en novembre 2022, bouleversant le secteur technologique et déclenchant une course à l’IA.

Mais tandis qu’OpenAI se diversifiait, de la génération vidéo aux navigateurs web, Anthropic a adopté une stratégie plus ciblée, en se concentrant sur des outils d’IA destinés aux développeurs de logiciels et aux entreprises.

Une stratégie qui a porté ses fruits de manière spectaculaire : le codage fait partie des rares services d’IA pour lesquels les clients se montrent prêts à payer des sommes importantes.

Claude Code, son assistant pour développeurs, est devenu l’un des produits phares du groupe, contribuant à porter le rythme annuel de revenus d’Anthropic au-delà de 65 milliards de dollars (55,6 milliards d’euros).

À l’inverse, seule une faible proportion des utilisateurs de ChatGPT paie un abonnement, tandis qu’OpenAI aurait réduit la voilure sur la génération vidéo et d’autres projets.

Bras de fer entre l’administration Trump et Anthropic

Cette dynamique intervient malgré de forts vents contraires politiques : Anthropic est en conflit ouvert avec l’administration Trump, un bras de fer qui pourrait refroidir certains investisseurs.

En mars, le gouvernement a résilié ses contrats avec Anthropic et classé l’entreprise parmi les risques pour la chaîne d’approvisionnement, après son refus d’accorder à l’armée un accès illimité à ses modèles d’intelligence artificielle.

Anthropic a dénoncé une mesure de représailles contraire à la Constitution et a engagé une action en justice contre le gouvernement américain. Le contentieux pourrait mettre des années à se résoudre.

La Maison-Blanche a également critiqué les mises en garde répétées d’Amodei sur les dangers de l’intelligence artificielle – y compris son impact potentiel sur l’emploi – et ses appels à encadrer cette technologie de façon comparable à l’aviation ou au secteur bancaire.

Amodei est aussi associé au courant dit effective altruism, une philosophie de dons caritatifs ciblés honnie par les conservateurs de la Silicon Valley et de Washington.

Des sommes colossales encore nécessaires

Comme OpenAI, Anthropic a besoin d’énormes capacités de calcul et d’infrastructures pour développer des modèles d’IA de pointe et garder une longueur d’avance sur ses concurrents, dans un contexte de crainte de voir la Chine combler son retard.

Les deux groupes ont levé des montants sans précédent : Anthropic est valorisée 965 milliards de dollars (829 milliards d’euros) après avoir bouclé en mai une levée de fonds de 65 milliards de dollars (55,8 milliards d’euros).

Alors que les montants en jeu dépassent désormais les capacités de nombreux fonds de capital-risque et fonds souverains, une introduction en Bourse permettrait à Anthropic d’accéder à une base de capitaux bien plus large. Elle exposerait toutefois l’entreprise à un examen plus serré sur sa capacité à transformer sa vision de la révolution de l’IA en un modèle économique durable.

OpenAI, qui avait d’abord envisagé de se coter en Bourse cette année, envisagerait désormais de patienter jusqu’en 2027.

Des pertes lourdes à encaisser pour les investisseurs

Selon Bloomberg, Anthropic vise à lever plus que les 75 milliards de dollars (64,3 milliards d’euros) récoltés par SpaceX lors de son introduction en Bourse record de juin, hors option de surallocation exercée par la suite.

SpaceX, qui avait absorbé la start-up d’intelligence artificielle xAI d’Elon Musk avant son arrivée en Bourse, a fait de cette opération un pari partiel sur l’IA autant que sur la technologie spatiale. Son action a d’abord flambé avant de retomber, et se négocie aujourd’hui autour de son prix d’introduction de 135 dollars.

Les investisseurs d’Anthropic devront, eux aussi, accepter de lourdes pertes dans un avenir prévisible.

La société a perdu près de 42 milliards de dollars (36 milliards d’euros) en 2025, selon la presse américaine, et devrait continuer à brûler du cash pendant encore plusieurs années.

Pour attirer les investisseurs, Anthropic devrait faire valoir qu’elle s’attaque à un marché potentiel total de plus de 30 000 milliards de dollars (25 700 milliards d’euros), selon le Wall Street Journal. Il s’agit de son estimation de la taille du marché accessible à l’entreprise, et non de ses revenus attendus.

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