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Le Met relève le défi de six heures de Wagner avec "Les Maîtres chanteurs"

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Par Katharina Rabillon

De retour à la vie cet automne, le Metropolitan Opera de New York nous entraîne à nouveau dans sa magie. Le chef d'orchestre Antonio Pappano qui effectue son grand retour au pupitre du Met après presque 25 ans d'absence salue sa réouverture.

"Je suis si heureux pour ce lieu," confie-t-il, "il rouvre ses portes et il le fait avec la manière ! Avec tellement de force, d'énergie et de volonté," s'enthousiasme-t-il.

"Le Met est unique à bien des égards," estime Lise Davidsen

Antonio Pappano dirige ce soir-là, la comédie de Wagner "Les Maîtres chanteurs de Nuremberg" ("Die Meistersinger von Nürnberg"), chef-d'œuvre épique et opéra parmi les plus longs du répertoire.

La soprano norvégienne Lise Davidsen qui incarne Eva dans cette production se dit chanceuse de monter sur la scène de ce prestigieux opéra. "Le Met est unique à bien des égards et je crois que s'y produire, c'est aussi spécial que vous pouvez l'imaginer," fait-elle remarquer.

"Je pense que ma voix est d'une certaine manière, adaptée à la musique de Wagner," poursuit-elle. "Interpréter pour la première fois, ce rôle sous la direction de Maestro Pappano," affirme-t-elle, "c'est un privilège parce qu'il s'implique beaucoup : c'est un incroyable chef d'orchestre, mais aussi un formidable coach !"

Le chef d'orchestre britannique d'origine italienne rappelle de son côté, ce qui fait la particularité de cet opéra de Wagner : "C'est une comédie. La soirée dure près de six heures, mais c'est vif et revigorant," lance-t-il dans un sourire.

"Un gigantesque défi vocal" pour Michael Volle

Fresque sur l'amour, la conquête, l'art et la créativité, le récit évolue autour de la guilde des Maîtres chanteurs dans l'Allemagne du Moyen-Âge.

Le personnage principal Hans Sachs, poète et cordonnier empreint de sagesse, est dépeint avec affection par Wagner. C'est le baryton allemand Michael Volle qui l'interprète. "À chaque fois, je suis bouleversé par ce rôle et son envergure immense : c'est un gigantesque défi vocal," reconnaît-il. "Il a plusieurs facettes : c'est un philosophe, c'est quelqu'un d'amoureux, mais qui est aussi très jaloux," renchérit-il.

Le baryton évoque en particulier, un passage de cet opéra : "Il y a ce moment absolument merveilleux quand j'ai chanté mes dernières notes et que le magnifique chœur se fait entendre. On se retrouve là, après avoir fait tout ce chemin, on est exténué, mais heureux d'avoir tenu bon," avoue-t-il.

"Le message, c'est de garder l'esprit ouvert !" selon Antonio Pappano

Pour le chef d'orchestre Antonio Pappano, "le message important de cette pièce, c'est d'être sensible à la liberté artistique et prêt à écouter ce que les autres ont à dire. Les traditions sont une bonne chose," ajoute-t-il, "mais gardez l'esprit ouvert ! Nous sommes sur cette planète pour apprendre, écouter, voir et vivre !" assure-t-il.

"C'est une telle euphorie et un tel bonheur d'avoir réussi à aller jusqu'au bout [de cette œuvre] et on termine comme on a commencé par un feu d'artifice en do majeur : c'est fabuleux !" admire-t-il.

Journaliste • Katharina Rabillon