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Qu'est ce que la shrinkflation et pourquoi le gouvernement français veut l'interdire ?

Un panneau indiquant "Défi anti-inflation, troisième baisse de prix sur plus de 500 nouveaux produits" dans un supermarché Carrefour près de Paris, le 13 septembre 2023.
Un panneau indiquant "Défi anti-inflation, troisième baisse de prix sur plus de 500 nouveaux produits" dans un supermarché Carrefour près de Paris, le 13 septembre 2023. Tous droits réservés Sarah Meyssonnier/Reuters
Tous droits réservés Sarah Meyssonnier/Reuters
Par Julie Van Ossel
Publié le Mis à jour
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Cet article a été initialement publié en anglais

Avez-vous déjà entendu parler de shrinkflation (la réduflation) ? Cette pratique qui consiste à réduire la taille des produits mais pas leur prix. Une technique commerciale jugée "choquante" par le gouvernement français qui prévoit de l'interdire.

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Si vous faites vos courses dans un supermarché Carrefour ces jours-ci, vous remarquerez peut-être des affiches mettant en garde contre la "shrinkflation".

Le groupe de grande distribution indique par exemple qu'une bouteille de thé glacé Lipton sans sucre aromatisé à la pêche, produite par PepsiCo, est passée de 1,5 litre à 1,25 litre, soit une augmentation de 40 % du prix au litre. Le lait maternel Guigoz, produit par Nestlé, serait lui passé de 900 grammes à 830 grammes, tandis que le gâteau glacé Viennetta, produit par Unilever, ne pèse plus que 320 grammes au lieu de 350.

Contraction du mot inflation et du verbe anglais shrink, qui signifie rétrécir. La "shrinkflation" consiste à réduire la taille d'un produit tout en maintenant (voire en augmentant) son prix. Une technique marketing légale qui a tendance à se répandre en période de forte inflation, et que la première ministre Elisabeth Borne souhaite interdire "dès novembre".

"Tous les produits concernés par des changements de quantité devront le signaler sur les étiquettes pour ne plus tromper le consommateur", a expliqué la première ministre dans une interview au journal Le Parisien

Interrogé sur la question par France Télévisions, le ministre de l'économie, Bruno Le Maire, s'était lui aussi engagé à protéger les consommateurs en modifiant la loi.

"Certains fabricants réduisent le contenu de leurs produits, tout en conservant le même emballage et en augmentant parfois le prix. C'est scandaleux ! En octobre, nous allons inscrire dans la loi l'obligation d'afficher de manière visible la réduction du contenu lorsque l'emballage est le même", a-t-il notamment déclaré sur France Info. 

Bruno Lemaire veut modifier la loi pour interdire la shrinkflation.

En attendant, Carrefour a décidé d'afficher sur 26 produits dans ses rayons, l'étiquette suivante : "Ce produit a vu son volume diminuer et le tarif pratiqué chez le  fournisseur augmenter"

"L'objectif de la stigmatisation de ces produits est évidemment de pouvoir dire aux fabricants de revoir leur politique de prix", a déclaré Stefen Bompais, directeur de la communication client chez Carrefour, lors d'une interview.

Sarah Meyssonnier/Reuters
Une affiche pour dénoncer la shrinkflation dans un supermarché Carrefour le 13 septembre à Paris.Sarah Meyssonnier/Reuters

Cette initiative contribuera-t-elle à rallier le soutien des consommateurs, alors que les supermarchés français seront très bientôt confrontés aux géants de l'agroalimentaire dans le cadre des négociations annuelles sur les prix. Des négociations qui ont été avancées de plusieurs mois dans l'objectif de faire baisser les prix à partir de janvier.

Selon les associations de consommateurs, les supermarchés comme Carrefour seraient tout aussi responsables et pratiqueraient eux aussi la "shrinkflation" avec leur marque de distributeur.

Selon une étude récente, 72 % des Français ont constaté la diminution des quantités de certains produits vendus au même prix, voire plus cher qu'auparavant.

Sur les réseaux sociaux, certains consommateurs en colère, dénoncent la shrinkflation.

Récemment, c'est la chaine de restauration rapide McDonald's qui a été accusée par certains clients d'avoir réduit la taille de son "Big Tasty".

Selon le journal Le Parisien, le format du "Big Tasty" aurait en effet changé depuis le 29 août dans la plupart des restaurants McDonald's. Résultat : la nouvelle version compterait 663 calories contre 868 pour l'ancienne.

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