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Mieux protéger les sites classés des effets du changement climatique

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Par Jeremy Wilks
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Alors que juin 2021 a été synonyme de phénomènes météo extrêmes et que des inondations catastrophiques ont frappé l'ouest de l'Europe ces derniers jours, le mois dernier a été à l'échelle de la planète, selon les dernières données du Service Copernicus sur le changement climatique, le quatrième plus chaud de l'histoire des relevés avec des températures supérieures de 0,2°C par rapport à la moyenne de la période 1991-2020.

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Des températures supérieures de 0,2°C par rapport à la moyenne de la période 1991-2020 à l'échelle du globeeuronews

Vagues de chaleur

Ce mois de juin a été marqué par une série de vagues de chaleur. En Sibérie, il a fait exceptionnellement chaud. La ville de Yakoutsk a enregistré un nouveau record pour juin de 35,1°C.

Record battu également en Finlande avec le mois de juin le plus chaud jamais enregistré et la température la plus élevée pour juin à Helsinki : 31,7°C.

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Record de températures battu à Helsinki (Finlande)euronews

L'Amérique du Nord a aussi connu son mois de juin le plus chaud. Le village de Lytton au Canada a été détruit par des feux de forêt après avoir atteint 49,6°C, la température la plus chaude jamais enregistrée dans le pays.

Grandes disparités en Europe

Pour regarder plus en détail ce qui s'est passé en Europe, examinons les anomalies de températures. On peut voir sur cette carte ci-dessous, une vaste zone rouge en Finlande et dans les pays baltes où le mois dernier, il a fait beaucoup plus chaud que la moyenne. Dans le même temps, il a fait plus froid dans la région de la mer Noire et la péninsule ibérique.

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Anomalies de températures en juin 2021 par rapport à la période de référence 1991-2020Copernicus

Concernant les anomalies de précipitations le mois dernier, les pluies ont été plus importantes que la moyenne autour de la mer Noire - encore une fois - et dans l'ouest de l'Europe.

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Anomalies de précipitations en juin 2021 par rapport à la période de référence 1991-2020Copernicus

Protection des sites classés au patrimoine mondial face au changement climatique : l'exemple de Lübeck

Alors que l'ouest de l'Allemagne notamment a subi des inondations catastrophiques ces derniers jours, nous sommes allés voir à Lübeck avant la survenue de ces événements comment cette ville historique du nord de l'Allemagne se prépare aux effets du changement climatique, en particulier pour protéger ses sites classés au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Fondée en 1143, Lübeck est célèbre pour ses églises gothiques et ses demeures de riches marchands. La préserver pour les siècles à venir nécessite de faire face au changement climatique. La situation de cette ville baignée par la Trave et soumise aux assauts de la mer Baltique a fait d'elle, une importante cité marchande au Moyen-âge, mais aujourd'hui, elle la rend vulnérable à la montée des eaux.

"Naturellement, c'est important de protéger la ville et en même temps, d'avoir une approche spécifique pour les sites classés," souligne Catharina Vogel, coordinatrice du patrimoine mondial. Ses autorités sont en train d'évaluer les risques, explique-t-elle. "Il ne s'agit pas seulement des inondations quand le niveau de la mer monte, mais aussi des fortes pluies ou encore de la sécheresse extrême : c'est ce qui nous préoccupe et c'est à partir de cela que nous commençons à élaborer une stratégie," dit-elle.

La menace de la montée des eaux

Les inondations ne sont pas nouvelles sur place, mais elles deviennent de plus en plus problématiques. Arne Arns, professeur d'ingénierie côtière à l'Université de Rostock, conseille la ville sur les risques futurs grâce à des scénarios climatiques et à des relevés historiques. Il nous montre une plaque sur un immeuble : "Ici, on voit le repère de la crue provoquée par une onde de tempête en 1872, c'est l'événement de ce type le plus important qu'on a connu ici depuis mille ans," indique-t-il. "Et quand on se dit que le niveau de la mer va monter d'environ un mètre, voire d'1m50 au cours des cent prochaines années, alors on pourrait avoir un événement encore plus important où l'eau monterait ici [à environ un mètre au-dessus du repère]," met-il en garde.

Ci-dessous, la première carte fournie par le professeur Arne Arns montrent les inondations à Lübeck en 1872, la deuxième, le niveau atteint en 1872 auquel s'ajoute un mètre de montée des eaux.

Des dispositifs de protection qui remettent en cause le classement par l'UNESCO ?

Se préparer à ces phénomènes soulève de nombreuses questions : par exemple, les systèmes de protection contre les inondations pourraient nuire au charme de la ville et remettre en cause son classement par l'UNESCO.

"Quand on regarde ce cadre," invite Arne Arns en montrant les bâtiments de la vieille ville de Lübeck, "on voit que l'on est relativement à l'étroit. Et à cause de cet espace restreint, on est assez peu flexibles lorsqu'il s'agit de développer ou d'installer des mécanismes de protection : donc ce que l'on peut faire ici, c'est soit empêcher les hautes eaux d'entrer dans la Trave, soit réfléchir à un élément de protection à installer comme un mur contre les inondations," affirme-t-il.

L'affaire des collectivités et des habitants

Alors que la ville étudie les options qui s'offrent à elles, les habitants se préparent déjà. Jan Dohmeyer qui est en train de restaurer sa maison remontant à plusieurs siècles installe des pompes de drainage et des barrières de protection. Il dit s'inquiéter de la montée des eaux et des inondations.

"L'eau monte de 2 ou 3 mm chaque année. Ce n'est pas beaucoup, mais au bout de dix ans, ça fait 2 ou 3 cm et au bout de vingt ans, deux fois plus," insiste-t-il. "Nos enfants ont trois et cinq ans. Qu'est-ce qui va se passer dans 50 ans ? Cela nous inquiète déjà," reconnaît-il.

Journaliste • Jeremy Wilks