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Sécheresse : les Pyrénées-Orientales passent en situation de "crise"

Illustration de sécheresse à Serre-Poncon, Hautes-Alpes, le 14 mars 2023
Illustration de sécheresse à Serre-Poncon, Hautes-Alpes, le 14 mars 2023 Tous droits réservés Daniel Cole/Copyright 2023 The AP. All rights reserved
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Par AFP
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Les Pyrénées-Orientales accusent un déficit de pluviométrie très exceptionnel, entre -60 et 65% sur les 12 derniers mois, selon les services de l'État.

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De nouvelles restrictions sont mises en oeuvre à partir de mercredi dans les Pyrénées-Orientales, la quasi-totalité du département ayant été placée en situation de "crise", le plus haut niveau d'alerte, en raison d'une sécheresse historique.

Mettant en avant le bas niveau des cours d'eau, des barrages et des nappes souterraines, le préfet a renforcé les restrictions d'irrigation agricole et interdit la remise à niveau des piscines ou l'utilisation des spas, des mesures qui entrent en vigueur mercredi dans ce territoire qui s'étend des Pyrénées à la côte méditerranéenne.

Jusqu'ici en "alerte renforcée", les Pyrénées-Orientales, département de France le plus sévèrement touché par la sécheresse, accusent un "déficit de pluviométrie très exceptionnel (entre -60 et 65% sur les 12 derniers mois)", selon les services de l'État.

Les restrictions, ordonnées pour l'instant jusqu'au 13 juin, concernent les bassins versants de l'Agly et de la Têt, les deux principaux fleuves du Roussillon, où se concentre l'activité agricole, ainsi que les nappes des Aspres, une zone montagneuse, et la côte méditerranéenne, où se situent les stations balnéaires d'Argelès-sur-mer, Collioure ou Canet-en-Roussillon.

Sur les plages, le fonctionnement des douches sera interdit.

Agriculteurs inquiets

Le communiqué du préfet diffusé mardi soir met l'accent sur un "juste partage de l'effort entre tous les usages: agriculture, autres activités économiques, vie quotidienne, débits dans les rivières" et "un effort collectif".

L'arrosage des potagers, espaces verts, le remplissage des piscines privées, en utilisant l'eau du réseau, sont proscrits.

Sur les terrains de golf, un arrosage n'est permis de 20h00 à 02h00, seulement si l'eau est issue d'un système de réutilisation. Le lavage des voitures n'est admis que dans les stations dont 70% de l'eau est recyclée.

Pour Bruno Vila, président de la Fédération départementale des exploitants agricoles, "c'est moins pire que de n'avoir pas d'eau du tout mais arroser avec moins 50%, cela va avoir des conséquences: les craintes que l'on avait seront démultipliées et là on est qu'en début de saison".

"Il faut être réaliste, ajoute-t-il, à moins d'un miracle climatique, on ne reviendra pas en arrière jusqu'à l'automne, sur le plan économique, cela va être compliqué".

En visite samedi dans les Pyrénées-Orientales, le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau a tenté de rassurer les agriculteurs, en promettant des indemnisations des pertes subies à cause de la sécheresse exceptionnelle.

"C'est une situation de crise comme le Covid" (...) On couvrira la perte de récoltes ou la perte de fonds", a-t-il annoncé, en allusion aux arboriculteurs susceptibles de perdre non seulement leur récolte mais également leurs arbres.

4e département

Cette année, le niveau "crise" a déjà été activé dans des territoires situés dans trois départements (Bouches-du-Rhône, Gard, Var), selon les données du ministère de la Transition écologique.

Neuf départements sont concernés par une "alerte renforcée".

La semaine dernière, le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, avait souligné que "pour anticiper l'été 2023, les préfets ne doivent pas avoir la main qui tremble lorsque des décisions de restriction sont nécessaires".

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Le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) a alerté mi-avril sur le risque "avéré" de sécheresse estivale pour certaines régions, les pluies de mars n'ayant pas suffi à recharger les nappes phréatiques en France, dont 75% restent à des niveaux modérément bas ou très bas.

Dans les Pyrénées-Orientales, le manque de précipitations provoque également un assèchement de la végétation, facilement inflammable, qui tient les pompiers en alerte maximum.

A l'approche de l'été, ils s'attachent à constituer des réserves d'eau, parfois dans des cuves à vin désaffectées, avec de l'eau récupérée dans des piscines, pour ne pas pomper dans le réseau d'eau potable.

Mercredi à Perpignan, une cellule de crise rassemblant pompiers, services de l'Etat et élus locaux, est convoquée à la préfecture et un point-presse du préfet suivra à 10h00.

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