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La guerre en Ukraine et ses menaces alimentaires à l'échelle mondiale

Archives : champ de blé au Kansa (USA), le 21/06/2015
Archives : champ de blé au Kansa (USA), le 21/06/2015 Tous droits réservés Orlin Wagner/Copyright 2016 The Associated Press. All rights reserved. This material may not be published, broadcast, rewritten or redistribu
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Par Efi KoutsokostaEuronews
Publié le Mis à jour
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L'UE accuse la Russie d'utiliser la production alimentaire comme une arme. La guerre perturbe les échanges et menace de provoquer la famine dans plusieurs régions du monde.

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"L'alimentation fait partie de l'arsenal de terreur du Kremlin et nous ne pouvons pas le tolérer". La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, accuse Moscou d'utiliser la production alimentaire comme une arme.

Pour cela, la Russie bloque le port ukrainien d'Odessa, principale porte de sortie des céréales produites par le pays. Ces perturbations s'ajoutent aux difficultés logistiques provoquées par la pandémie de covid-19 et aux rendements rendus plus incertain à cause du changement climatique.

La Russie et l'Ukraine fournissent à l'échelle mondiale :

  • 28% du blé

  • 29% de l'orge

  • 15% du maïs

  • 75% de l'huile de tournesol.

La guerre en Ukraine perturbe la logistique et les marchés dans la région de la mer Noire, une route majeure des échanges internationaux du blé, des céréales et des produits à base de tournesol. Cette voie alimente principalement le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord.

Pour remédier à ces déséquilibres les autres pays producteurs pourraient compenser les pertes. Mais 23 Etats annoncent déjà une restriction des exportations alimentaires et parfois même des interdictions à cause de phénomènes météorologiques extrêmes qui provoquent des risques de pénurie. L'Inde par exemple a récemment subi une très forte vague de chaleur.

"L'Inde devait avoir le rôle de dernier recours, de dernier espoir pour la stabilité du marché du blé", s’inquiète Eugenio Dacrema, analyste économique au Programme alimentaire mondial (PAM).

"Le fait que l'Inde ait décidé de pratiquement interdire complètement les exportations, c'est un problème majeur parce qu'il y a des pays qui ont un déficit de production nationale, et moins les pays sont en mesure d'importer et de vendre des produits essentiels comme le blé, plus ils auront des problèmes d'instabilité", ajoute-t-il.

Le Programme alimentaire mondial estimait en mars que si le conflit devait se poursuivre au-delà du mois de mai, 47 millions de personnes supplémentaires seraient en situation d'insécurité alimentaire dans le monde. Or l'impact de la guerre ces deux derniers mois s'est révélé plus fort qu'attendu.

"Les troubles sur le marché alimentaire international ne sont pas encore terminés, ils ne font probablement que commencer, il est tout à fait naturel de penser que cela ne fera qu'empirer, et non se résoudre", insiste Eugenio Dacrema.

Le Programme alimentaire mondial souligne qu'en plus du conflit, le monde est entré dans une "nouvelle normalité" où les sécheresses, les inondations et les ouragans détruisent les productions et menacent les élevages. Ces phénomènes pourraient alors mener prochainement à des mouvements migratoires de masse.

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