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Le navire de MSF peut finalement débarquer en Italie avec plus de 600 migrants à bord

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Par Margaux Racaniere  & Anelise Borges
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Des bénévoles de Médecins Sans Frontières portent secours à 71 personnes à la dérives sur un bateau pneumatique, pour les emmener sur leur navire le Geo Barants / 27 Juin
Des bénévoles de Médecins Sans Frontières portent secours à 71 personnes à la dérives sur un bateau pneumatique, pour les emmener sur leur navire le Geo Barants / 27 Juin   -   Tous droits réservés  Médecins Sans Frontières / AFP

Le navire affrété par l'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourra finalement débarquer en Italie, dans le port de Tarente. Cela faisait neuf jours que le bateau dérivait, interdit de débarquer en dépit de nombreuses demandes à l'Italie et à Malte.

À bord du navire Geo Barents, se trouvent 659 migrants, dont près de 150 mineurs qui ont échappé de justesse à la mort en Méditerranée. Au moins quatre personnes ont été sévèrement brûlées, ont souffert d'intoxication à l'eau et d'hypothermie des suites de leur naufrage le 27 juin dernier.

Au cours des dernières semaines, MSF mais aussi SOS Méditerranée et Sea-Watch ont sauvé des milliers de personnes entassées dans des bateaux surpeuplés et en mauvais état. Ils appellent désormais l'Union européenne à l'action. Ils souhaitent la mise en place d'un mécanisme européen de recherche et de sauvetage en mer pour éviter des drames et permettre de sauver des vies.

"Ce que nous souhaiterions de la part de l'Union européenne et des Etats européens, c'est un mécanisme centralisé, coordonné, organisé, qui aurait la capacité à la fois de réaliser cette coordination, mais également d'effectuer des sauvetages dans l'ensemble de cette Méditerranée centrale afin de sauver plus de vies", a précisé le directeur des opérations de SOS Méditerranée Xavier Lauth.

Un moment de "prise de conscience collective"

Depuis que l'UE a mis fin aux opérations de recherche et de sauvetage en Méditerranée, ces initiatives sont laissées à la discrétion des États. Mais les ONG affirment que nombre d'entre eux ignorent les appels de détresse, voire collaborent avec les autorités libyennes pour renvoyer les demandeurs d'asile.

"Avant 2018, jamais un navire n'avait été maintenu au large avec des rescapés d'un naufrage en mer. Il faut mettre fin à ces périodes prolongées de blocage en mer". dénonce SOS Méditerranée sur Twitter

Les missions de sauvetage sont surtout assurées par la société civile, comme les ONG, ainsi que par les navires commerciaux comme des navires de pêche qui "font des opérations de sauvetage comme ils peuvent, avec les moyens qu'ils ont" rappelle Xavier Lauth.

En l'espace de cinq jours, deux navires de recherches et de sauvetage, le Geo Barents et l'Ocean Viking, affrété par SOS Méditerranée en partenariat avec la Croix rouge ont secouru seize bateaux en détresse.

Pour Xavier Lauth, cette période de multiplication des tentatives de traversée dans la Méditerranée est un moment important de "prise de conscience collective". "Je pense absolument que ces moments forts où l'Europe dans son entièreté, et l'entièreté des citoyens européens prennent conscience de la gravité de la situation en Méditerranée centrale sont des moments clé pour interpeller les Etats et appeler encore une fois à ce mécanisme coordonné de sauvetage en mer".

La Méditerranée centrale est la route migratoire la plus meurtrière au monde, selon l'Organisation internationale pour les migrations : près de 20 000 personnes sont mortes ou ont disparu depuis 2014 en tentant de l'emprunter.