"J'ai honte", le Premier ministre luxembourgeois dénonce la loi hongroise anti-LGBT

Discours du Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel, devant le Parlement européen
Discours du Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel, devant le Parlement européen Tous droits réservés European Union, 2023.
Par Jorge Liboreiro
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Lors d’une intervention, mercredi à Strasbourg devant le Parlement européen, Xavier Bettel a défendu la tolérance de l’UE.

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C’est devant le Parlement européen que le Premier ministre luxembourgeois a lancé mercredi une attaque contre son homologue hongrois. Xavier Bettel conteste la loi anti-LGBT introduite par le Premier ministre Viktor Orbán.

"J'ai honte que certains collègues veulent gagner des voix sur le dos de minorités, ça a déjà commencé comme ça dans notre histoire", souligne Xavier Bettel qui n'a jamais caché son homosexualité.

La loi hongroise, adoptée en juin 2021 et officiellement appelée loi sur la protection de l'enfance, contient une disposition qui interdit ou restreint fortement les représentations de l'homosexualité et du changement de genre dans les médias et le matériel éducatif destinés aux moins de 18 ans.

Cette disposition a déclenché une vive réaction politique. La Commission européenne, soutenue par 15 Etats membres, a lancé une action en justice devant la Cour de justice de l'UE.

"Si quelqu'un dans cette assemblée pense qu'on devient homosexuel puisqu'on a regardé la télé, si quelqu'un pense qu'il est devenu homosexuel parce qu'il a écouté une chanson, vous prouve qu'il n'a rien compris", insiste le dirigeant luxembourgeois.

"Le plus dur pour un homosexuel, c'est de s'accepter soi-même", a-t-il poursuivi sous les applaudissements.

"On demande pas de pitié, on demande pas de solidarité, on demande pas de la compassion, on demande juste du respect."

Rappelant sa propre expérience de coming out, Xavier Bettel attire l'attention sur les défis auxquels les personnes LGBT sont confrontées dans le monde entier, y compris dans les pays où l'homosexualité est passible de la peine de mort.

"Savez-vous combien de jeunes se suicident parce qu'ils ne peuvent pas parler de leur homosexualité ? ", interroge le Premier ministre luxembourgeois.

"Les stigmatiser et leur dire que c'est la faute de l'éducation, de la culture et de l'audiovisuel, c'est contraire à ce qu'est l'Union européenne et à sa tolérance ouverte."

Malgré les critiques, Budapest ne compte pas faire marche arrière.

"Pour nous, la question de la protection des enfants ne connaît pas de compromis, nous protégerons nos enfants", a déclaré au début du mois Péter Szijjártó, ministre hongrois des Affaires étrangères.

"Il ne s'agit pas d'une simple décision gouvernementale, ni d'une décision parlementaire, mais de la volonté du peuple, telle qu'elle a été exprimée lors d'un référendum, et nous ne connaissons pas de décision de plus haut niveau dans une démocratie. C'est pourquoi, bien sûr, nous défendrons la protection des enfants, la protection des enfants hongrois, quel que soit le nombre de pays qui décideront de se joindre au procès en cours contre nous", poursuivait-il.

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