PUBLICITÉ

La double peine des salariés, selon l’OCDE

Une inflation élevée et une forte pression fiscale fragilisent la situation des salariés
Une inflation élevée et une forte pression fiscale fragilisent la situation des salariés Tous droits réservés Frank Augstein/AP/File
Tous droits réservés Frank Augstein/AP/File
Par Isabel Marques da Silva
Partager cet articleDiscussion
Partager cet articleClose Button
Copier/coller le lien embed de la vidéo de l'article :Copy to clipboardLien copié

Dans un rapport, l’OCDE prévient que l’inflation élevée diminue les salaires réels et que dans le même temps la hausse des impôts sur le travail fragilise la situation de beaucoup des salariés.

PUBLICITÉ

Les salariés sont victimes d'une double peine. L'inflation tire vers le bas leurs revenus réels, quand l'impôt sur le travail augmente. L'alerte est lancée par l'OCDE, l'Organisation de coopération et de développement économiques, qui observe une baisse du pouvoir d'achat dans 35 des 38 pays membres.

De son côté, la Confédération européenne des syndicats (CES) juge que la décision de la Banque centrale européenne d'augmenter ses taux d'intérêts aggrave la situation.

"L'augmentation des taux d'intérêt n'est pas la bonne solution. Elle ne fait que frapper plus durement les travailleurs et les familles. Beaucoup de familles ont des emprunts pour des choses comme une voiture et maintenant nous voyons même que les familles doivent mettre les factures d'électricité et d'autres factures sur leurs cartes de crédit", explique Esther Lynch, secrétaire générale adjointe de la CES.

"Lorsque nous augmentons les taux d'intérêt en plus de cela, cela masque une situation difficile absolument impossible à gérer".

L'augmentation des prix du logement, des services publics, des transports et des denrées alimentaires a été l'année dernière trois à quatre fois supérieure à celle des salaires.

L'inflation dans l'ensemble de l'Union européenne a atteint 9,2% alors que les salaires ont progressé en moyenne de 4,4%.

Malgré ce contexte difficile, le Commissaire européen en charge de l'Emploi et des Droits sociaux estime qu'aucun nouvel instrument financier anti-crise n'est nécessaire. Nicolas Schmit défend les mesures de soutien ciblées pour les plus vulnérables. Il appelle aussi à lutter contre les pratiques déloyales de certains marchés.

"Dans certains secteurs, il y a un manque de concurrence, des profits spéciaux sont réalisés sous prétexte qu'il y a de l'inflation et que c'est la raison pour laquelle ils augmentent les prix. C'est aussi ce qui provoque, dans certains secteurs, ces hausses de prix et il faut lutter contre cela. On peut y parvenir en renforçant la concurrence sur les différents marchés", souligne Nicolas Schmit.

Une taxe sur les superprofits des entreprises de combustibles fossiles a été adoptée en septembre dernier. Pour la Confédération européenne des syndicats, l'UE devrait étendre ce principe à d'autres secteurs économiques.

"Les mesures qui devraient être prises sont d'augmenter les taxes sur les bénéfices exceptionnels, car de nombreuses entreprises ont doublé leurs bénéfices l'année dernière, en 2022, sans aucune augmentation de leurs taxes", insiste Esther Lynch.

L'OCDE prévient dans son rapport que les plus touchés par cette double peine sont les familles avec enfants, en particulier celles avec des faibles revenus, d'autant que les systèmes de soutien ne se sont pas pleinement ajustés avec l'inflation.

Partager cet articleDiscussion

À découvrir également

Chypre : suppression de la TVA sur une large gamme de produits de base

Zone euro : l'inflation repart à la hausse en avril, à 7% sur un an (Eurostat)

L’adhésion de la Moldavie à l’UE, "le plan stratégique le plus important" depuis son indépendance