Vers un "atterrissage en douceur" de l’économie européenne ?

Les turbulences inflationnistes devraient s’atténuer en 2023 pour la zone euro
Les turbulences inflationnistes devraient s’atténuer en 2023 pour la zone euro Tous droits réservés AP Photo/Michael Probst, file
Par Lauren Chadwick
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Après une année record avec une inflation galopante en 2022, la zone euro devrait connaître un peu plus de calme dans les prochains mois.

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L'économie européenne se dirige vers un atterrissage en douceur malgré la persistance de prix élevés au niveau mondial, estiment certains analystes.

L'inflation a diminué au cours des derniers mois dans l'Union européenne et devrait s'établir à 6,9 % en mars, selon Eurostat.

Le taux d'inflation annuel a triplé en 2022 pour atteindre 9,2 % dans la zone euro, une hause provoquée par la pandémie de covid-19 et la guerre en Ukraine.

Toutefois en raison de la douceur de l'hiver, les prix de l’énergie ont diminué et avec eux l'inflation s'est atténuée.

"Je pense que la situation en Europe est bien meilleure que ce que j'aurais prédit il y a quelques mois", estime Jacob Kirkegaard, chercheur principal à l'Institut Peterson d'économie internationale.

Le Fonds monétaire international (FMI) a averti la semaine dernière que l'inflation restait persistante à l'échelle mondiale. Il a d’ailleurs revu à la baisse ses perspectives de croissance économique. L’institution revoit tout de même à la hausse pour 2023 ses prévisions de croissance pour les États-Unis et l'Europe.

Petya Koeva-Brooks, directrice adjointe du département de recherche du FMI, précisait à Euronews la semaine dernière qu'elle était surprise par l’adaptation des économies de la zone euro au choc économique.

Si l'Europe a évité une récession totale l'année dernière, l'inflation "reste obstinément élevée", explique Alfred Kammer, directeur du département européen du FMI, qui s'exprimait au sujet de la région européenne dans son ensemble.

Lors d'une conférence de presse la semaine dernière, Alfred Kammer a précisé que si le coût de l'énergie a baissé, "les prix des autres dépenses des ménages continuent d'augmenter rapidement". Les perspectives de l'Europe restent celles d'une "croissance lente et d'une inflation tenace".

"L'inflation est à deux chiffres dans la plupart des économies européennes émergentes et dans certaines économies avancées."

Mais Alfred Kammer prévient, "le plus gros problème que nous ayons rencontré l'année dernière était la crainte qu'une coupure du gaz russe ne paralyse l'économie européenne pendant l'hiver. Cela ne s'est pas produit. Cela aurait entraîné une forte récession en Europe".

Il a indiqué que la faible croissance prévue pour 2023 était due aux effets de la guerre et de la crise énergétique et que, si l'inflation globale devait diminuer, l’inflation de base serait toujours supérieure aux objectifs de la Banque centrale européenne (BCE) d'ici la fin de l'année 2024.

Pas d'inflation galopante en Europe

Jacob Kirkegaard, quant à lui, reste optimiste. Il s'attend à une ou deux nouvelles hausses des taux d'intérêt de la part de la BCE, suivies d'un retour à la "normalisation monétaire ou de l'inflation".

Il ajoute que les économies de l'UE n'ont pas encore ressenti tout l'impact de la politique monétaire actuelle de la BCE, qui fonctionne avec un décalage.

La démographie pourrait également jouer un rôle dans la poursuite de l'inflation dans les économies avancées. Le vieillissement de la population réduit la demande.

"Je ne pense pas que nous aurons une inflation galopante en Europe, mais je pense que dans un pays comme les États-Unis, par exemple, il sera difficile pour la Réserve fédérale de revenir à 2 %... Je suis beaucoup plus optimiste pour l'Europe, le Japon et d'autres pays qui vieillissent rapidement", ajoute-t-il.

La crise actuelle du coût de la vie a également considérablement réduit le pouvoir d'achat.

"Il est important de reconnaître qu'en 2022, l'Europe a connu en moyenne la plus forte baisse du pouvoir d'achat depuis des décennies", explique Jacob Kirkegaard.

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"Nous ne devrions pas avoir peur que les travailleurs aient des salaires plus élevés, car ce que nous avons vu dans la zone euro ces dernières années, ce sont des bénéfices très élevés pour les entreprises, et c'est aussi le cas aux États-Unis. Je pense donc qu'il convient de redistribuer les bénéfices des propriétaires de capitaux vers les travailleurs en augmentant les salaires réels", ajoute-t-il.

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