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Une partie de l’UE salue l’accord migratoire entre les 27, la Hongrie évoque un texte "inacceptable"

Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán (à gauche) et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen (à droite) ont des avis très différents sur l'accord
Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán (à gauche) et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen (à droite) ont des avis très différents sur l'accord Tous droits réservés Olivier Matthys/Copyright 2023 The AP. All rights reserved
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Par Jorge Liboreiro
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Les réactions officielles affluent après l’accord conclu jeudi soir entre les 27 ministres de l'Intérieur de l’UE sur nouveau pacte migration et asile.

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La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qualifie le compromis d'"étape importante".

"La migration est un défi européen", a déclaré la responsable allemande dans un tweet. Ursula von der Leyen avait fait de cette réforme un axe majeur de son mandat. "En travaillant ensemble, nous pouvons parvenir à une solution commune".

Charles Michel, président du Conseil européen, juge que l'accord représente "vraiment un grand pas en avant".

Les deux responsables ont aussi adressé leurs félicitations personnelles à Ylva Johansson, la Commissaire européenne en charge des Affaires intérieures, pour sa persévérance et son travail acharné.

Cette dernière n'a cessé de défendre la nécessité de faire avancer le nouveau pacte sur la migration et l'asile, présenté en septembre 2020 dans le but de mettre en place une politique migratoire unifiée et coordonnée entre les 27.

L’accord a fait l'objet d'intenses discussions et a parfois été considéré comme une proposition condamnée à l'échec.

Toutefois jeudi soir, dans un surprenant retournement de situation, les ministres de l'Intérieur réunis à Luxembourg ont conclu un accord provisoire sur les deux principaux piliers du pacte : un système de solidarité obligatoire pour gérer l'arrivée des demandeurs d'asile et un cadre commun pour rationaliser les procédures aux frontières.

"Ce fut un véritable marathon", raconte Ylva Johansson.

Le vote s'est déroulé à la majorité qualifiée, seuls deux pays se sont opposés : la Hongrie et la Pologne.

La Bulgarie, la République tchèque, Malte, la Lituanie et la Slovaquie se sont abstenues, ont indiqué à Euronews des diplomates au fait des négociations.

"La relocalisation forcée ne résout pas le problème de la migration, mais elle viole la souveraineté des Etats membres", a réagi le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki dans un court tweet publié vendredi matin.

"La Pologne ne paiera pas pour les erreurs des politiques d'immigration des autres pays".

Son homologue hongrois, Viktor Orbán, s'est fait l'écho de ces critiques. Il accuse l’Union d’avoir "abusé " de ses pouvoirs légaux et d’avoir imposé la relocalisation des migrants. Toutefois, cet élément n'est pas prévu par la proposition.

"C'est inacceptable, ils veulent transformer de force la Hongrie en un pays de migrants", a souligné le Premier ministre hongrois, selon son porte-parole.

Son vice-ministre de l'Intérieur, Bence Rétvári, qui a participé aux discussions à Luxembourg, a développé la position de Budapest, affirmant que la réforme ferait peser un "fardeau disproportionné" sur la Hongrie et encouragerait l'arrivée de nouveaux migrants.

Il assure que des "gouvernements pro-migration" ont fait pression sur d'autres États membres pour qu'ils acceptent le projet de loi, tournant ainsi en dérision le processus décisionnel de l'UE.

La Commission européenne insiste sur le fait que le nouveau système n'est pas basé sur la relocalisation obligatoire mais sur la solidarité obligatoire. La réforme offrira aux États membres trois options pour faire face collectivement aux situations de pression migratoire :

  • accepter un certain nombre de demandeurs d'asile relocalisés

  • prendre en charge le retour des demandeurs d'asile déboutés

  • financer le soutien opérationnel, tel que les infrastructures et le personnel.

L'accord conclu par le Conseil de l'UE prévoit 30 000 relocalisations par an dans l'ensemble de l'Union et un paiement unique de 20 000 euros pour chaque demandeur d'asile débouté.

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"Les États membres ont toute latitude pour déterminer le type de solidarité qu'ils apportent. Aucun État membre ne sera jamais obligé de procéder à des relocalisations", précise le communiqué du Conseil de l'UE.

L'accord est cependant provisoire et doit encore être négocié avec le Parlement européen, qui a une position quelque peu divergente sur la question.

"Nous pouvons trouver une solution", juge toutefois la présidente du Parlement, Roberta Metsola.

"Nous pouvons protéger nos frontières et trouver une approche juste et humaine avec ceux qui ont besoin de protection, ferme avec ceux qui n'y ont pas droit et forte contre les trafiquants qui exploitent les plus vulnérables".

Tomas Tobé, eurodéputé rapporteur du texte sur le mécanisme de solidarité, a salué cette avancée comme une "nouvelle très importante" et précise que les négociations commenceront "dès la semaine prochaine".

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"Beaucoup de travail nous attend", ajoute-t-il.

De son côté, son homologue écologiste, Tineke Strik, prédit des discussions "difficiles" car le Conseil de l'UE a choisi d'"enfermer" les demandeurs d'asile aux frontières extérieures afin d'éviter de partager la "responsabilité".

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