Législatives en Espagne : un changement de gouvernement pourrait impacter l'économie

Le candidat du Parti Populaire Alberto Núñez Feijoo lors d'une réunion de campagne à Barcelone le 17 juillet 2023.
Le candidat du Parti Populaire Alberto Núñez Feijoo lors d'une réunion de campagne à Barcelone le 17 juillet 2023. Tous droits réservés AP Photo/Emilio Morenatti
Tous droits réservés AP Photo/Emilio Morenatti
Par Aida Sanchez AlonsoYolaine de Kerchove (traduction)
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A quelques jours des élections en Espagne, la campagne s'est intensifiée. Mais les sondages continuent d'annoncer un changement de gouvernement.

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L'actuel président, le socialiste Pedro Sánchez, serait remplacé par le conservateur Alberto Núñez Feijoo, qui aurait probablement besoin du soutien du parti d'extrême droite Vox pour gouverner. Une chose qui n'est pas arrivée depuis la fin de la dictature dans les années 1970 et qui entraînerait de nombreux changements dans le pays.

Peu de propositions économiques ont été discutées pendant la campagne, mais les experts s'accordent à dire que le changement de gouvernement se répercutera sur l'économie.

"Je pense que c'est surtout à cause de la politique fiscale. L'opposition est très critique à l'égard de l'augmentation des impôts au cours des dernières années, ainsi qu'à l'égard de l'augmentation des dépenses de retraite due à la réforme récemment mise en œuvre. Je pense que le PP a l'intention de réduire l'augmentation des dépenses et de réduire les impôts. Ce qui est important, c'est que si l'on veut réduire les impôts en Espagne, il faut presque directement réduire les dépenses et, après une décennie d'austérité en Espagne, réduire signifie vraiment toucher à l'os", estime Marcel Jansen, chercheur à la FEDEA.

L'exécutif qui entrera en fonction aura un autre défi à relever : réduire la dette espagnole, qui dépasse les 112%, et le déficit, c'est-à-dire la différence entre les recettes et les dépenses, qui s'élève actuellement à 4,8%.

"S'il y a un nouveau gouvernement, des changements pourraient être constatés au niveau économique. Mais il est certain que ces changements pourraient aussi se faire sentir au niveau social. Le quartier où nous nous trouvons, le quartier de Chueca à Madrid, est le quartier le plus représentatif du collectif LGBTIQ+ dans la capitale espagnole. Nous sommes venus parler à une association qui représente le collectif afin qu'ils puissent nous dire ce qu'ils considèrent comme une possible régression des droits.", expliqueAïda Sanchez Alonso, journaliste à Euronews.

L'une des lois les plus touchées sera celle connue sous le nom de loi Trans. Cette législation permet de changer de genre, conformément à l'avis de l'OMS, et l'autorise à partir de l'âge de 16 ans sans aucun examen médical.

Elle a été adoptée en février dernier et le PP a promis de l'abroger.

"Nous reviendrions à être pathologisés, nous reviendrions à être subordonnés à des certificats médicaux, à être tutorés, à ne même pas pouvoir choisir si nous voulons prendre des hormones. Nous ferions un gigantesque pas en arrière",s'inquiète Uge Sangil, président de FELGBT. "Aujourd'hui, avec la loi que nous avons adoptée, les personnes transgenres peuvent changer de nom et de sexe sans avoir à subir d'opérations ou à prendre des hormones".

Dimanche, l'Espagne saura de quelle couleur sera teint son gouvernement, bien qu'aucune option ne soit exclue. Pas même une répétition électorale comme cela s'est produit lors des dernières élections en 2019.

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