Le catalan, le galicien et le basque, retoqués pour devenir des langues officielles de l'UE

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, souhaite élargir la liste des langues officielles de l'UE
Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, souhaite élargir la liste des langues officielles de l'UE Tous droits réservés Jon Nazca/AP
Par Jorge LiboreiroAida Sanchez Alonso
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Pour les 27, il faut plus de temps pour envisager d’élargir la liste des 24 langues officielles de l’UE.

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Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, souhaite ajouter trois des langues régionales : le catalan, le galicien et le basque, sur la liste des langues officielles de l'UE. Toutefois, lors d'une réunion ministérielle mardi à Bruxelles, sa demande n'a pas reçu l’unanimité requise.

La désignation comme langue de l'UE impliquerait la traduction de tous les actes juridiques approuvés par l'Union et l'interprétation en temps réel lors des réunions ministérielles, des débats au Parlement européen et des conférences de presse.

La demande espagnole est directement liée à la tentative de Pedro Sánchez de se maintenir à la tête du pays. Le Premier ministre sortant cherche à rallier suffisamment de voix pour former une coalition à l’issue des élections législatives du 23 juillet.

Ni le parti socialiste de Pedro Sánchez, ni l'opposition conservatrice n'ont obtenu suffisamment de sièges pour former une majorité parlementaire à eux seuls. Les deux formations dépendent de l'appui des petits partis, qui ont formulé diverses demandes en échange de leur soutien.

Deux d'entre eux, Junts et Esquerra Republicana, prônent la rupture avec l'État espagnol et l'indépendance de la Catalogne. La reconnaissance du catalan comme langue de l'UE est considérée comme un pas en avant dans leurs stratégies.

L'heure de l'investiture approche à Madrid, le gouvernement espagnol a donc ajouté sa demande à l'ordre du jour d'une réunion mardi du Conseil Affaires générales. L'Espagne, qui assure actuellement la présidence tournante du Conseil de l'UE, souhaitait initialement que la proposition soit débattue et éventuellement adoptée le même jour.

Les États membres se sont cependant opposés à ce calendrier précipité et demandent plus de temps pour approfondir les implications de l’intégration du catalan, du galicien et du basque dans les langues officielles de l'UE. À ce jour, l'Union compte 24 langues officielles.

L'Espagne propose de payer de sa poche les dépenses administratives supplémentaires, même si le montant total de la facture reste incertain à ce stade.

"Nous avons besoin d'une enquête plus approfondie sur la proposition, tant en ce qui concerne les questions juridiques que sur les questions financières. Il est trop tôt pour se prononcer", juge Jessika Roswall, ministre suédoise des Affaires européennes. Elle souligne aussi que si cette demande était approuvée cela permettrait à d'autres "langues minoritaires" de demander la même chose.

"Il est très important que nous renforcions la diversité culturelle et linguistique au sein des langues européennes, mais nous pensons qu'il est un peu tôt, aujourd'hui, pour prendre une décision", ajoute son homologue finlandais, Anders Adlercreutz, qui a prononcé quelques mots en catalan.

L'Espagne dispose d'un système linguistique unique en Europe.

En vertu de la Constitution, les trois langues sont considérées comme co-officielles dans les régions où elles sont parlées et jouissent du même statut juridique que la langue espagnole.

Le catalan est parlé par plus de 9 millions de personnes en Catalogne, à Valence et dans les îles Baléares. Le galicien arrive loin derrière, avec environ 2,5 millions de locuteurs en Galice, dans le nord-ouest de l'Espagne. La langue basque est parlée par 750 000 personnes au Pays basque et en Navarre, ainsi que dans la région limitrophe du sud de la France.

"Le multilinguisme est l'un des objectifs et l'une des valeurs de l'Union européenne", précise José Manuel Albares, ministre espagnol des Affaires étrangères, qui a assisté à la réunion de mardi pour présenter personnellement le projet. "Nous ne parlons pas de langues minoritaires. Il s'agit de langues parlées par des millions de personnes".

Après un débat de 45 minutes qui n'a pas donné lieu à un vote formel, José Manuel Albares a quitté la réunion en déclarant qu'"aucun Etat membre" n'avait exprimé une opposition catégorique à la proposition. Mais, a-t-il ajouté, l'idée d'officialiser trois langues à la fois s'est avérée trop "difficile" pour certains gouvernements, qu'il n'a pas nommés.

Le ministre espagnol dit désormais vouloir annoncer un nouveau plan visant à se concentrer d'abord sur le catalan et à discuter ensuite de l'avenir du galicien et du basque. "Nous avons fait un pas essentiel sur cette voie", explique-t-il. "La volonté de l'Espagne est d'avancer le plus vite possible".

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