L'UE réfute les allégations selon lesquelles elle envisagerait d'imposer des sanctions à l'encontre de Tucker Carlson

Tucker Carlson, ancien présentateur de Fox News
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Par Mared Gwyn Jones
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Cet article a été initialement publié en anglais

L'Union européenne dément les informations selon lesquelles elle envisageait de prendre des mesuures à l'encontre Tucker Carlson pour son interview controversée du président russe Vladimir Poutine.

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L’Union européenne met les choses au clair. Elle n’a pas l’intention de sanctionner le journaliste américain Tucker Carlson après son interview avec le président russe, Vladimir Poutine.

Mercredi, de nombreux commentateurs conservateurs ont affirmé, à tort, que l'Union européenne envisageait d'imposer une interdiction de voyager à Tucker Carlson, ancien présentateur de Fox News, après la confirmation par le Kremlin qu’un entretien avec le président russe avait bien eu lieu. Il s'agit de la première interview de Vladimir Poutine avec un journaliste occidental depuis qu'il a déclenché la guerre contre l'Ukraine.

L'affirmation a été initialement rapportée par le magazine américain Newsweek sur la base des commentaires d'un ancien eurodéputé et d'un actuel membre du Parlement européen qui ont appelé les États membres à envisager des sanctions à l'encontre du journaliste américain pour avoir agi en tant que "porte-parole" et "propagandiste" du régime russe.

Les remarques des deux responsables, qui n'ont pas compétence pour proposer ou approuver des sanctions, ont été associées à tort à des projets officiels de l'UE visant à prendre des mesures restrictives à l'encontre de Tucker Carlson, des propos amplifiés par le propriétaire de X, Elon Musk, qui a qualifié les allégations de "troublantes" et d'une mesure qui "offenserait grandement le public américain". Le message du milliardaire américain a été vu plus de 25 millions de fois.

Peter Stano, porte-parole de la Commission européenne, a mis fin jeudi à ces spéculations. "Actuellement, il n'y a pas de discussions au sein des organes compétents de l'UE liées à cette personne spécifique", souligne-t-il.

Toutefois, Peter Stano précise que l'Union européenne était en mesure de dresser une liste noire des "propagandistes" qui ont des "antécédents constants" en matière de manipulation de l'information visant à porter atteinte à la "souveraineté et à l'intégrité territoriale de l'Ukraine".

La confusion a été provoquée par les commentaires de l’eurodéputé belge Guy Verhofstadt et de l'ancien eurodéputé espagnol Luis Garicano, tous deux membres du groupe libéral Renew Europe.

Le parlementaire belge a déclaré plus tôt dans la semaine sur le réseau social X, anciennement Twitter, que si Tucker Carlson "permet la désinformation pour Poutine", l'UE devrait "explorer" une interdiction de voyager.

En réponse aux remarques d'Elon Musk, Guy Verhofstadt a partagé une photo du journaliste du Wall Street Journal Evan Gershkovich derrière les barreaux à Moscou, en disant "voilà à quoi ressemble un vrai journaliste en Russie".

"Cela devrait grandement offenser le peuple américain", a ajouté l’ancien Premier ministre belge.

La plateforme X fait l'objet d'une surveillance juridique de la part de l'UE pour des infractions à la loi sur les services numériques (Digital Services Act), relative à la diffusion de désinformation et de contenus illégaux.

Comment les sanctions de l'UE sont-elles décidées ?

Les mesures à l'encontre des particuliers et des entreprises sont élaborées par le Service européen pour l'action extérieure (SEAE), en fonction du danger qu'ils représentent pour la sécurité, des intérêts ou des valeurs fondamentales de l'Union européenne.

Les discussions sur les sanctions sont hautement confidentielles et impliquent de nombreuses discussions entre les institutions de l’UE et les capitales jusqu'à ce qu'une liste finale soit adoptée.

Au cours des deux dernières années, depuis l'invasion de l'Ukraine, l'Union européenne a adopté douze séries de sanctions contre la Russie, notamment des interdictions de voyager et le gels des avoirs d'environ 2 000 personnes et entités, y compris des banques, des partis politiques et des organisations médiatiques.

Les personnes inscrites sur la liste noire comprennent le président russe et un large cercle de ses plus proches collaborateurs, ministres et oligarques.

Peter Stano précise que les sanctions, telles que celles visant les journalistes et les médias, peuvent être proposées par les gouvernements, qui doivent alors "les étayer par des preuves" avant qu'une décision puisse être adoptée à l’unanimité.

Une série d'organisations médiatiques soutenues par le Kremlin, telles que Sputnik et Russia Today, ne peuvent plus être diffusées sur le territoire de l'UE en raison des mesures restrictives.

Peter Stano ajoute que Vladimir Poutine est un "menteur chronique" et que la manipulation de l'information par le Kremlin et d'autres acteurs étatiques ou non vise directement l'UE.

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Tucker Carlson a interviewé mardi le président russe, l’entretien devrait être diffusé dans la journée de jeudi.

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