Ce plan, qui sera proposé en détail mercredi par la Commission européenne, donnerait trois ans aux constructeurs automobiles pour se conformer aux objectifs d'émissions de carbone.
Ursula von der Leyen a proposé lundi d'**assouplir les objectifs en matière d'émissions pour les constructeurs automobiles, à l'issue d'une réunion avec des représentants de l'industrie à Bruxelles.
Si le projet de la présidente de la Commission européenne se concrétise, les révisions annuelles des normes d'émission de CO2 disparaîtront et les constructeurs automobiles auront désormais jusqu'à trois ans pour atteindre leurs objectifs.
Ursula von der Leyen a déclaré qu'elle proposerait prochainement un "amendement spécifique" au règlement régissant les normes d'émission de CO2 pour les nouvelles voitures.
"Au lieu d'une mise en conformité annuelle, les entreprises auront trois ans pour atteindre les nouveaux objectifs", explique-t-elle.
L'industrie automobile serait ainsi libérée des limites d'émission pour les nouveaux véhicules qui sont entrées en vigueur cette année et qui peuvent conduire à de lourdes amendes pour les entreprises en cas d'infraction.
Pour la présidente de la Commission européenne, ce changement "donnera à l'industrie un peu de répit", alors que l'Association des constructeurs européens d'automobiles met depuis longtemps en garde contre un certain "sentiment d'urgence" chez ses membres.
Ursula von der Leyen avertit également que le marché des voitures électriques progresse "plus lentement" que prévu et qu'il a un impact sur "les progrès de l'UE vers les objectifs d'émissions zéro". Cette situation entraîne la fermeture de plusieurs usines, comme celle d'Audi à Bruxelles la semaine dernière, qui a touché quelque 3 000 travailleurs.
Mais pour le BEUC, la principale association européenne de consommateurs, cette nouvelle proposition envoie un "mauvais signal aux consommateurs" et découragera les constructeurs automobiles d'investir et de proposer de nouveaux modèles plus abordables.
La proposition d'Ursula von der Leyen, qui sera présentée en détail par la Commission européenne mercredi, s'inscrit dans le cadre du dialogue stratégique sur l'avenir de l'industrie automobile en Europe.
La présidente de la Commission précise que le plan étudiera la possibilité de mettre en œuvre un "soutien dynamique aux producteurs de batteries de l'UE" et "introduira progressivement des exigences de contenu européen pour les batteries et leurs composants".
En outre, il se concentrera sur la création d'une alliance industrielle pour permettre aux entreprises de "mettre en commun leurs ressources" afin de développer "des logiciels, des puces et des technologies de conduite autonome partagés".