Avec un chiffre atteignant 3,5%, l'économie espagnole a connu une croissance bien supérieure à celle de tous les autres pays européens, et les experts s'accordent à dire que ce boom est en grande partie dû à l'afflux de main-d’œuvre étrangère.
Au cours des prochaines années, l'Espagne va poursuivre sa politique de régularisation, en ajoutant près d'un million de travailleurs étrangers supplémentaires à sa population active.
Dans une usine agroalimentaire située dans le nord-est de l'Espagne, des personnes de dizaines de nationalités différentes travaillent côte à côte.
"Je suis péruvien, explique Víctor Razuri, et au Pérou, on ne rencontre pas des gens du monde entier. Lorsque je suis arrivé ici, j'ai rencontré des Ukrainiens, des Marocains, certains Latinos, mais surtout des Européens et des Africains. Des gens de cultures et de mentalités différentes, de langues différentes."
Le responsable des ressources humaines de l'entreprise BonÀrea, semble y trouver son compte.
"Ces personnes viennent ici pour effectuer des tâches spécifiques liées à l'industrie de la viande et ce sont des emplois que la population locale ne recherche pas pour différentes raisons." déclare Xavier Moreno.
Selon le gouvernement espagnol, près de la moitié des emplois créés depuis 2022 ont été ou sont encore occupés par un demi-million de travailleurs nés à l'étranger.
La croissance de l'économie espagnole et sa capacité à intégrer des migrants sur le marché du travail fait désormais des envieux parmi ses partenaires européens. Pourtant la méfiance vis à vis de "l'immigration de travail", ou l'opposition à des entrées massives de migrants, est de plus en plus présente chez de nombreux voisins européens.
Pour beaucoup de travailleurs étrangers, l'Espagne a su les accueillir dignement et en bonne intelligence.
"C'est comme ma deuxième maison. Il est vrai que la Roumanie restera toujours ma patrie, car nous allons la visiter chaque année, mais ici, nous nous sentons tout de même chez nous, car les habitants nous traitent très bien." explique Diana Maria Pagu, employée de bureau chez BonÀrea.
Un cas unique dans l'UE en 2024
Comme de nombreux gouvernements, l'Espagne a dû faire face à l'immigration clandestine en Méditerranée et a soutenu les accords de l'UE avec le Maroc pour tenter d'endiguer un flux quasi ininterrompu.
Pourtant, le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez, n'envisage pas de mettre un terme à la légalisation des étrangers.
Ce dernier s'en tient mordicus à sa défense de l'immigration légale, un pari qui au vu des résultats semble pour l'heure être le bon.