La statue emblématique du Manneken Pis à Bruxelles a été relookée en l’honneur de la Journée mondiale du fair-play. Célébré le 19 mai, l’événement met en lumière le « fair-play » dans le sport.
Depuis plus d’un siècle, les athlètes qui participent aux Jeux olympiques prêtent serment de concourir « dans le véritable esprit sportif ».
Cet engagement envers l’intégrité, le respect et l’esprit d’équipe est célébré chaque 19 mai, à l’occasion de la Journée mondiale du fair-play, officiellement instituée par une résolution des Nations unies en juillet 2024.
Basé à Paris, l’organisme qui chapeaute cet événement, le Comité international pour le fair-play (CIFP), a été fondé en 1963 par le célèbre joueur de tennis français Jean Borotra. L’année suivante, le bobeur italien Eugenio Monti est devenu le premier lauréat d’un prix du fair-play.
Monti et son coéquipier en bob, Sergio Siorapes, étaient les tenants du titre aux Jeux d’Innsbruck de 1964. Mais lorsque leurs rivaux britanniques ont failli renoncer à la compétition à cause d’un essieu défectueux, Monti leur a donné une pièce de son propre bob. Le duo britannique a ainsi décroché l’or, tandis que les Italiens devaient se contenter du bronze.
« Cette année, nous avons organisé un événement commémoratif en l’honneur d’Eugenio Monti, car les Jeux olympiques d’hiver se tenaient à Milan-Cortina et il était originaire de Cortina », a expliqué à Euronews Sunil Sabharwal, président du CIFP, une structure animée par des bénévoles.
« Nous sommes convaincus qu’il n’y a tout simplement pas de sport sans fair-play, esprit sportif et intégrité. Mettre en avant des exemples de fair-play est essentiel. »
« L’intégrité est aujourd’hui d’une importance capitale, qu’il s’agisse d’une organisation internationale, d’une fédération sportive ou d’une entreprise », a ajouté Sabharwal.
À travers une série d’événements organisés dans le monde entier – dont l’habillage, pour une journée, de la célèbre statue bruxelloise du Manneken-Pis avec une tenue sportive – le CIFP mettra en lumière son action, tout en cherchant à développer ses activités stratégiques au cours de l’année à venir.
Cela passe notamment par l’arrivée de deux anciennes athlètes olympiques au sein de son conseil, dont Emma Terho, triple médaillée olympique finlandaise en hockey sur glace et ancienne présidente de la commission des athlètes du Comité international olympique (CIO).
« Après des années passées à défendre les athlètes au sein du CIO, je sais qu’une victoire sans intégrité est vide de sens », a-t-elle déclaré.
« Je suis honorée de rejoindre le Conseil du CIFP pour veiller à ce que l’équité, le respect et les valeurs fondamentales de l’olympisme restent au cœur de l’expérience des athlètes partout dans le monde », a ajouté la sportive.
Paul Tergat, coureur de fond kényan et multiple médaillé olympique, rejoint lui aussi le conseil. Il décrit le fair-play comme « un langage universel ».
« Je suis extrêmement fier de porter la voix des athlètes africains au sein du Conseil du CIFP à l’occasion de la Journée mondiale du fair-play. Ensemble, nous défendrons un sport propre et éthique et inspirerons la prochaine génération sur tous les continents », a déclaré l’ancien détenteur du record du monde.
Le CIPF a également annoncé le lancement du Cercle académique du fair-play, qui fera office de centre dédié à la recherche et à l’éducation pour la communauté sportive internationale.
Cet organisme de recherche sera dirigé par le professeur Sigmund Loland, ancien recteur de l’École norvégienne des sciences du sport et spécialiste de la philosophie du sport.