Washington-Rome : Trump accuse Meloni de l’avoir supplié pour une photo afin de booster sa popularité
Le président américain Donald Trump a publié une photo truquée le montrant aux côtés de la Première ministre italienne Giorgia Meloni, accompagnée de la légende « Restraining order needed », nouvel épisode de l’escalade entre les deux dirigeants.
« Les personnes passent, mais les relations doivent durer », a déclaré le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, sur la chaîne d’information Sky TG24.
Le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani a également assuré qu’il était « certain que les relations transatlantiques vont bien au-delà de commentaires isolés ».
Meloni n’a pas réagi personnellement.
Trump a publié la photo sans légende, de sorte qu’il n’est pas clair à quoi fait référence ce commentaire sur une « restraining order », mais les tensions se sont enflammées entre Washington et Rome fin juin, lorsque Trump a affirmé que Meloni l’avait « supplié » de faire une photo avec lui afin de renforcer ses audiences.
« Elle est en mauvaise posture en Italie, s’agissant de son niveau de popularité, peut-être parce qu’elle a dit non aux États-Unis d’Amérique, un pays qui aime et protège vraiment l’Italie, quand il s’est agi d’empêcher l’Iran d’obtenir ou de développer une arme nucléaire (mais l’OTAN aussi, d’ailleurs !) », a écrit Trump dans un message sur Truth Social.
Meloni a rejeté ces accusations, affirmant : « Ces attaques constantes et non provoquées sont insensées. »
« Quant à ma popularité, être votre amie ne l’a certainement pas aidée, et elle ne dépend pas de ma relation avec vous », a répliqué Meloni, avant de suggérer au président de se concentrer plutôt sur ses propres taux d’approbation.
Les relations entre Trump et Meloni, autrefois considérée comme l’une des plus proches alliées du président en Europe, se sont détériorées ces derniers mois, sur fond de conséquences économiques de la guerre américano-israélienne en Iran et du refus ultérieur de Meloni d’autoriser les avions américains à destination du Moyen-Orient à utiliser la base aérienne de Sicile.
Les deux responsables se sont aussi affrontés au sujet du pape Léon XIV, Meloni prenant la défense du souverain pontife après que Trump l’a jugé « laxiste face à la criminalité et catastrophique en matière de politique étrangère ».
« Le pape est le chef de l’Église catholique, et il est juste et normal qu’il appelle à la paix et condamne toute forme de guerre », a répondu Meloni.
Réseaux sociaux : des publications trompeuses
La récente querelle entre Trump et Meloni a déclenché une vague de publications sur les réseaux sociaux en soutien à la dirigeante italienne, plusieurs internautes partageant des vidéos où on la voit enlacée par des partisans et acclamée par la foule.
Les sondages récents suggèrent que le parti Frères d’Italie de Meloni reste la principale force politique du pays. Une enquête YouTrend pour Sky TG24 publiée en juin crédite le parti de 28,6 % des intentions de vote, soit plus de sept points devant le Parti démocrate de centre gauche, à 21,5 %.
Toutefois, les données disponibles indiquent aussi que sa popularité personnelle est plus faible : un sondage YouGov réalisé en avril montre que 35 % des Italiens ont une opinion favorable de Meloni, contre 57 % qui en ont une opinion défavorable.
Une autre enquête Ipsos publiée en février évaluait son taux d’approbation à 44 %.
Ces chiffres sont inférieurs à ceux de 2023, lorsque Pew Research avait constaté que 57 % des Italiens avaient une opinion favorable de Meloni, moins d’un an après son arrivée au pouvoir.
Si sa popularité personnelle a peut-être légèrement reculé par rapport aux sommets enregistrés à son arrivée au pouvoir, rien n’indique pour l’heure qu’elle soit menacée d’un effondrement politique.