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La gauche française juge la condamnation de Marine Le Pen incompatible avec une candidature en 2027

La dirigeante d'extrême droite Marine Le Pen quitte la salle d'audience après le verdict de son procès en appel, à Paris (France), le mardi 7 juillet 2026.
La dirigeante d'extrême droite Marine Le Pen quitte la salle d'audience après le verdict de son procès en appel, à Paris (France), le mardi 7 juillet 2026. Tous droits réservés  Photo AP / Aurélien Morissard
Tous droits réservés Photo AP / Aurélien Morissard
Par Nina Borowski
Publié le Mis à jour
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De Jean-Luc Mélenchon à Fabien Roussel, en passant par Marine Tondelier et Olivier Faure, la gauche de la classe politique française estime qu'une candidature de la cheffe de file du RN à l'élection présidentielle poserait un problème de démocratie et d'exemplarité.

Le verdict de la cour d’appel de Paris est tombé. Marie Le Pen a été jugée coupable de détournement de fonds publics dans l'affaire des assistants parlementaires européens du Front national (FN). La cheffe de file du Rassemblement national (RN) a été condamnée à trois ans d'emprisonnement, dont un an ferme aménageable, et à une peine d'inéligibilité de 45 mois dont 30 mois assortis du sursis.

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Condamnée en première instance en 2025 à quatre ans de prison, dont deux ans ferme sous surveillance électronique et à cinq ans d'inéligibilité avec exécution immédiate, la dirigeante d'extrême droite peut, en l'état, être candidate à la présidentielle de 2027.

Marine Le Pen a toutefois maintes fois répété ces derniers mois qu'elle ne souhaitait pas mener campagne si elle devait porter un bracelet électronique.

Dès sa sortie du tribunal, celle-ci s'est rendue au siège du RN afin d'y retrouver son dauphin, Jordan Bardella, arrivé en début d’après-midi et dont l'avenir présidentiel demeure étroitement lié à sa décision.

Marine Le Pen devrait s'exprimer ce soir à 20 heures sur TF1.

Des critiques unanimes

Les réactions à gauche de la classe politique ne se sont pas fait attendre.

Sur le réseau social X, Jean-Luc Mélenchon appelle à "débarrasser le pays du RN" par "la voie des urnes et la volonté du peuple".

"Rien de changé quelle que soit la candidature. Adage créole : "même poil, même bête" et vice versa. Chassons-les tous !" poursuit le le leader de gauche radicale La France insoumise (LFI).

L'ancien député LFI François Ruffin estime que le simple fait "d'imaginer une candidate à l'élection présidentielle qui fait campagne avec ce boîtier à la cheville" constituerait "le marqueur du degré de corruption de la nation".

La secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier considère quant à elle que Marine Le Pen "a bénéficié d’une grande mansuétude" de la part de la justice, "notamment en passant aussi rapidement en appel". Selon elle, "les restrictions du bracelet électronique paraissent en effet peu compatibles avec une campagne présidentielle."

Du côté du Parti socialiste, son premier secrétaire, Olivier Faure, a rappelé qu'"un candidat à la plus haute fonction de l'État devait être exemplaire", estimant que "ce n’est pas le cas" dans cette affaire.

Boris Vallaud, député des Landes et président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, a déclaré que la décision de justice démontrait que Marine Le Pen était une "délinquante". "Après, c’est à elle de poser la question de savoir si quand on est une délinquante, on se présente aux électeurs"." J’ai ma réponse", a-t-il ajouté.

Le secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel juge également qu'"une telle condamnation, quel que soit l'aménagement de la peine, ne permettait pas de se présenter devant les Français" dans le cadre d'une élection présidentielle.

Depuis la Syrie, où il est en visite officielle, le président français Emmanuel Macron a pour sa part refusé de commenter la condamnation de Marine Le Pen. "Ce qui est sain pour la démocratie, c’est que le président de la République ne commente pas les décisions de justice, donc je vais m’en tenir à cette grammaire, qui plus est à l’étranger", a-t-il déclaré.

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