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La peur des pertes d'emplois liées à l'IA dépasse l'espoir de nouveaux postes

Des manifestants brandissent des banderoles lors d'un rassemblement place de la Bastille à Paris, lundi 10 février 2025, avec slogans "ralentir ou périr" et "machine virus IA".
Des manifestants brandissent des pancartes en français place de la Bastille, à Paris, lundi 10 février 2025, où l'on lit "slow down or perish" et "AI virus machine". Tous droits réservés  AP Photo /John Leicester
Tous droits réservés AP Photo /John Leicester
Par Alice Carnevali
Publié le
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Alors que certains réclament un ralentissement du développement de l'IA, craintes et incertitudes sur l'emploi persistent dans le monde, selon une étude.

La perception qu’ont les gens d’un pays et la confiance qu’ils accordent à sa régulation de l’intelligence artificielle (IA) vont souvent de pair, a expliqué à Euronews Next Moira Fagan, chercheuse senior au Pew Research Center et coautrice d’une nouvelle étude sur l’IA (source en anglais).

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Selon le rapport, au Bangladesh, en Malaisie, au Pakistan, au Sri Lanka, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, les habitants font davantage confiance à la Chine qu’aux États-Unis (US) ou à l’Union européenne (UE) pour la gouvernance de l’IA.

En tenant compte des sept autres pays à revenu intermédiaire où cette question a été posée, une médiane de 43 % fait confiance à la Chine pour réguler l’IA, 35 % aux US et 34 % à l’UE.

"Les opinions favorables à l’égard de la Chine ont tendance à être assez élevées dans les pays à revenu intermédiaire, et elles ont progressé dans de nombreux endroits depuis l’an dernier, ce qui contribue probablement aux bons résultats que nous observons pour la confiance accordée à la Chine sur cette question précise", a déclaré Fagan.

Le rapport, fondé sur une enquête menée entre février et juin 2026 auprès de plus de 50 000 personnes dans 37 pays, examine aussi ce que les citoyens pensent de l’impact de l’IA sur le marché du travail.

Plus précisément, davantage de personnes s’attendent à ce que l’IA conduise à une diminution des emplois plutôt qu’à la création de postes, selon l’étude. Une part importante des répondants se dit toutefois incertaine concernant l’impact que l’IA aura sur le nombre d’opportunités professionnelles.

L’enquête montre aussi que les inquiétudes liées aux pertes d’emplois dues à l’IA sont particulièrement fortes dans les pays les plus riches.

Par exemple, en Australie, en Corée du Sud et aux US, environ sept adultes sur dix, voire davantage, pensent que l’IA entraînera des pertes d’emplois au cours des 20 prochaines années.

De la même manière, les pays riches se montrent plus préoccupés que les pays à revenu intermédiaire par le risque que l’IA accentue les inégalités économiques, souligne le rapport.

Selon Fagan, ces tendances semblent liées à d’autres données, notamment au degré de familiarité des personnes avec cet outil technologique.

"Les habitants des pays les plus riches déclarent plus souvent avoir beaucoup entendu parler de l’IA ou avoir beaucoup lu à son sujet. Et nous avons également constaté que les personnes ayant une meilleure connaissance de l’IA sont plus susceptibles de penser qu’elle mènera à des pertes d’emplois", a-t-elle indiqué à Euronews Next.

Cependant, certains pays à revenu élevé et à revenu intermédiaire se retrouvent sur un terrain commun : les jeunes adultes de 18 à 34 ans se montrent plus inquiets que leurs aînés des pertes d’emplois liées à l’IA. C’est le cas, selon l’enquête, au Canada, en France, à Singapour, en Suède, en Indonésie, en Inde et en Malaisie.

Les divisions d’opinion sont moins marquées concernant la montée de l’IA dans la vie quotidienne. Dans les 37 pays étudiés, une médiane de 37 % se dit davantage inquiète qu’enthousiaste, tandis que 41 % se déclarent à la fois inquiets et enthousiastes, selon l’enquête.

Même si l’enquête a été réalisée au premier semestre 2026, sa publication intervient à un moment crucial pour l’IA.

Les dirigeants de grandes entreprises de l’IA, dont Sam Altman, Elon Musk et Dario Amodei, s’inquiètent de plus en plus des risques que leurs systèmes font peser sur l’humanité et appellent à un ralentissement du rythme de développement de l’IA.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a également soutenu ce ralentissement dans son discours sur l’état de l’Union devant le Parlement européen, prononcé plus tôt cette semaine. À cette occasion, elle s’est aussi engagée à renforcer la coopération en matière de sécurité avec le Canada, le Royaume-Uni et d’autres partenaires partageant les mêmes vues.

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