La Bulgarie a remporté samedi soir le Concours Eurovision de la chanson, devançant Israël et la Roumanie.
La Bulgarie a remporté la 70e édition du concours Eurovision de la chanson grâce à l’hymne festif "Bangaranga" interprété par la chanteuse Dara.
Dara s’est imposée face à 24 autres concurrents lors de la grande finale de samedi, organisée dans la capitale autrichienne, Vienne. Les rythmes entraînants du titre, associés à une chorégraphie millimétrée, ont fait un carton auprès du public comme des jurys nationaux.
Il s’agit de la toute première victoire de la Bulgarie à l’Eurovision. Dara est déjà une figure bien connue dans son pays, où elle est coach dans "The Voice Bulgaria", mais elle ne faisait pas partie des grandes favorites.
Jusqu’à l’annonce du dernier vote du public, tout laissait pourtant penser que l’Israélien Noam Bettan allait remporter le concours.
Le chanteur a été chaleureusement applaudi, même si quelques huées se sont fait entendre pendant qu’il interprétait "Michelle", une ballade rock en hébreu, en français et en anglais.
La Roumaine Alexandra Căpitănescu a pris la troisième place avec le titre rock au nom provocateur "Choke Me". La star australienne Delta Goodrem a terminé quatrième avec la ballade mid-tempo très léchée "Eclipse", et le crooner italien Sal Da Vinci s’est classé cinquième avec "Per Sempre Sì".
Le duo finlandais formé de la pop star Pete Parkkonen et de la violoniste classique Linda Lampenius, grand favori des sites de paris, a finalement terminé à la sixième place.
L’historien de l’Eurovision Dean Vuletic rappelle que le concours réserve souvent des surprises.
"L’Eurovision n’a jamais vraiment été une compétition taillée pour les grandes stars. C’est en grande partie un concours d’outsiders, a expliqué Vuletic. Le public aime voir l’outsider sur scène. Il veut découvrir un artiste en devenir, ou un artiste venu d’un pays plus petit, plus pauvre."
Pop et politique
Les abords du site et l’ensemble de la capitale autrichienne étaient placés sous haute sécurité, alors que des manifestations avant le spectacle avaient éclaté pour protester contre la participation d’Israël, poussant cinq pays à boycotter l’événement. En cause, la guerre menée dans la bande de Gaza.
Des centaines de personnes ont défilé près de l’arène du concours avant la finale de samedi, certaines brandissant des pancartes "Block Eurovision". Des collectifs propalestiniens ont également organisé vendredi un concert en plein air sous le slogan "No stage for genocide".
Pour certains, cette 70e édition du plus grand et plus ancien concours musical du monde restera comme l’une des plus clivantes de ces dernières années, au terme de plusieurs mois de protestations et de tensions internes.
L’Espagne est le plus grand pays à s’être retiré, alors qu’elle est l’un des piliers de l’Eurovision. Membre du "Big 5", elle contribue à assurer la viabilité économique du concours ; son absence a donc créé pour l’UER un manque à gagner financier et potentiellement une importante perte d’audience.
Les quatre autres pays ayant boycotté la cérémonie sont l’Irlande, les Pays-Bas, l’Islande et la Slovénie.
Paillettes et performances
Les artistes ne disposaient que de trois minutes pour conquérir les téléspectateurs, et la Bulgare Dara peut se targuer d’avoir exploité la moindre seconde.
"Bangaranga" appartient à cette catégorie de tubes pop dont l’Eurovision a le secret, avec ce refrain irrésistible : "Surrender to the blinding lights. No one’s gonna sleep tonight. Welcome to the riot."
Elle faisait partie des nombreuses artistes féminines qui ont électrisé la salle par leur prestation. Parmi les autres performances marquantes, la chanteuse allemande Sarah Engels avec une ballade soul, un titre R&B aux accents gospel proposé par la Polonaise Alicja, l’Ukrainienne Leléka qui a envoûté le public, tandis que la Suédoise Felicia et la Française Monroe ont respectivement misé sur le techno-pop et l’opéra-pop.