Washington réduit les capacités mises à disposition de l’OTAN, sans modifier le nombre de troupes déjà déployées sur son territoire.
Les États-Unis s’apprêtent à annoncer d’importantes réductions des effectifs militaires qu’ils mettraient à disposition de l’Europe en cas d’invasion ou de guerre.
Cette décision s’inscrit dans le cadre de modifications planifiées de longue date de la posture des forces américaines en Europe et avait été annoncée dès le début de l’administration Trump, en cohérence avec les priorités de la doctrine « America First » défendue à Washington.
Actuellement, les États-Unis déploient environ 76 000 soldats sur le territoire de l’OTAN, soit leur contingent le plus important depuis la guerre froide, conséquence de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022.
L’annonce attendue vendredi concernera principalement les capacités américaines mises à la disposition des alliés de l’OTAN et ne devrait pas, dans l’immédiat, modifier le nombre de soldats présents sur le continent. Mais cette situation pourrait aussi évoluer à l’avenir.
Dans un entretien accordé à l’émission Europe Today d’Euronews, le colonel Martin O’Donnell, haut conseiller militaire de l’OTAN, a confirmé les projets à venir, en précisant qu’ils s’inscrivent dans un dialogue permanent entre l’armée américaine et les stratèges militaires de l’OTAN.
Il a ajouté que les domaines dans lesquels les États-Unis réduiront leurs engagements correspondent directement à ceux où les pays européens ont renforcé leurs capacités et accru leurs investissements de défense.
« Ces ajustements ont été discutés avec l’OTAN au cours des derniers mois, a déclaré O’Donnell. Il ne devrait donc y avoir aucune surprise, et ils porteront sur les domaines où nous estimons que les Européens sont tout à fait capables de prendre le relais. »
Réduction de l’engagement militaire américain
Si cette annonce ne réduit pas directement le nombre de soldats américains actuellement déployés sur le territoire de l’OTAN, une source militaire de l’Alliance a confirmé à Euronews qu’elle diminue en revanche le soutien matériel fourni par les États-Unis à l’Europe en cas de crise ou de conflit.
Parallèlement, le principal porte-parole du Pentagone, Sean Parnell, a publié mardi un communiqué affirmant que les États-Unis réduisaient effectivement le nombre de soldats mobilisables pour l’OTAN, dans le cadre d’un « processus global et à plusieurs niveaux » portant sur la posture américaine en Europe.
Cette annonce intervient quelques semaines seulement après l’annulation soudaine par le Pentagone du déploiement en Pologne d’une force de 4 000 soldats appartenant à la 2e brigade de combat blindée de l’armée de terre américaine.
Cette brigade a été retirée dans le cadre d’une décision antérieure de Donald Trump, qui avait annoncé le rapatriement de 5 000 soldats sur fond de confrontation publique avec le chancelier allemand Friedrich Merz.
Donald Trump avait été ulcéré par des déclarations de Merz, selon lesquelles les négociateurs de la Maison-Blanche étaient « humiliés » par le régime de Téhéran et la guerre menée par les États-Unis et Israël en Iran était mal pensée.
Les alliés de l’OTAN se préparent depuis quelque temps à une évolution de la posture des forces américaines sur l’ensemble du territoire de l’Alliance, Washington ayant annoncé vouloir réorienter une partie de ses moyens vers d’autres théâtres, notamment dans l’hémisphère occidental.
Malgré les réductions récentes d’effectifs et les discussions en cours sur de nouveaux ajustements, O’Donnell affirme que les États-Unis restent engagés au sein de l’OTAN et conservent une forte présence sur le continent.
« Il est important de ne pas perdre de vue la puissance considérable déployée, a-t-il ajouté : des dizaines de milliers de soldats, auxquels s’ajoutent des forces aériennes, navales et des forces spéciales, dont certaines participent actuellement au plus grand exercice de forces spéciales de l’OTAN, Trojan Footprint. »