À l'approche du sommet Royaume-Uni-UE du 20 novembre, le Premier ministre britannique appelle à repenser les relations avec Bruxelles, sans exclure un retour dans l'Union européenne. Une perspective vivement critiquée par l'opposition conservatrice.
Andy Burnham a appelé à faire évoluer les relations entre le Royaume-Uni et l'UE, à l'approche du sommet prévu le mois prochain. Devant le Parlement, le Premier ministre britannique a estimé que le maintien du statu quo ne répondait plus aux intérêts du pays et a plaidé pour l'ouverture d'un débat sur l'avenir des relations avec Bruxelles.
"Se contenter du statu quo actuel n'est pas suffisant pour le Royaume-Uni" a-t-il déclaré devant les députés, estimant qu'une réflexion sur un rapprochement avec l'UE était indispensable "en matière de promotion de la croissance, de contrôle de l'immigration et de défense de nos valeurs et de notre sécurité".
Selon lui, refuser d'examiner les possibilités d'une coopération renforcée constituerait même "un grave manquement à notre devoir". Le chef du gouvernement a toutefois précisé que sa "priorité immédiate" restait d'obtenir des avancées concrètes lors du sommet du 20 novembre, tout en assurant que les Britanniques "auront le dernier mot" à "chaque étape" du processus.
Depuis son arrivée au pouvoir en juillet, Andy Burnham a à plusieurs reprises affiché son intention de rapprocher le Royaume-Uni de l'UE et a récemment affirmé qu'un retour dans le bloc faisait partie des options envisagées pour l'avenir du pays.
Le Premier ministre a déclaré devant le public du congrès annuel du Parti travailliste à Liverpool, le mois dernier, que le Brexit avait "fait plus de mal que de bien" et que le Royaume-Uni avait besoin d'une stratégie claire sur sa relation de long terme avec Bruxelles.
"Nous ne donnerons pas au Royaume-Uni la trajectoire claire dont nous avons besoin pour le reste de ce siècle tant que nous n'aurons pas tranché sur une relation de long terme avec ce qui reste notre plus grand marché", avait-il alors déclaré.
Lundi, Andy Burnham a indiqué que le sommet de novembre se concentrerait sur la stimulation de la croissance et le contrôle de l'immigration illégale, tandis que d'autres sujets "sur la table" seraient un accord commercial sur les produits alimentaires et les boissons, l'interconnexion des systèmes énergétiques, un accord sur l'échange de quotas d'émission et un programme d'expérience pour les jeunes.
"Nous ne devons pas tourner le dos à cette occasion", a-t-il ajouté.
Des responsables de droite au Royaume-Uni accusent le Parti travailliste de vouloir rouvrir le débat, jugé clivant, sur le Brexit. Lundi, la dirigeante conservatrice Kemi Badenoch a affirmé que Burnham était en train de "défaire" l'accord de retrait avec l'UE et qu'il n'obtiendrait pas de meilleur accord.
Incident à la base de RAF Fairford
Par ailleurs dans son discours, Andy Burnham a indiqué qu'un incident survenu en septembre dans une base aérienne britannique avait été "presque certainement dirigé" par les Gardiens de la révolution iraniens (IRGC). Il a averti que le Royaume-Uni "ne tolérerait pas ces menaces".
Le 27 septembre, cinq hommes ont été arrêtés près de RAF Fairford, dans le Gloucestershire, dans le sud-ouest de l'Angleterre, soupçonnés d'infractions liées aux explosifs, puis de préparation d'un acte terroriste. Ils ont ensuite été libérés sous caution policière.
La police a ensuite arrêté un autre homme, un binational irano-britannique de 25 ans, à Londres, soupçonné de préparer des actes terroristes liés à cet incident. Un Britannique de 22 ans a ensuite été arrêté le 6 octobre, également à Londres et soupçonné de préparer des actes terroristes. Les deux hommes ont été libérés sous caution policière.
Selon UK Counter Terrorism Policing, les sept hommes restent placés sous caution policière, tandis que des équipes spécialisées "continuent d'explorer toutes les pistes".
La base de RAF Fairford abrite le quartier général de la 501e escadre de soutien au combat de l'US Air Force et le 420e escadron de base aérienne. Elle a également servi de principale base avancée en Europe pour les bombardiers du Global Strike Command de l'USAF.
En juillet, les IRGC ont indiqué qu'ils savaient que la base était utilisée par des bombardiers américains dans le cadre des opérations militaires de Washington contre l'Iran. Ils ont averti le Royaume-Uni que "toute base utilisée pour une agression contre le territoire iranien constitue une cible légitime pour nos forces".
Les États-Unis ont désormais retiré leurs bombardiers de Fairford.