Elon Musk affirme que toute restriction du système satellitaire Starshield utilisé par Kyiv relève du gouvernement américain, et non de SpaceX. L'ancien ministre ukrainien de la Défense appelle à la levée des limitations de vitesse afin de renforcer les capacités de militaires du pays.
Le patron de SpaceX, Elon Musk, a affirmé que tout dysfonctionnement signalé par l'Ukraine dans l'utilisation du système de communications satellitaires Starshield relevaient de la responsabilité du gouvernement américain, et non de celle de son entreprise.
"Les systèmes Starshield appartiennent au gouvernement américain et sont placés sous son contrôle. Toute limitation de vitesse ou d'utilisation est décidée par l'armée américaine et, en dernier ressort, par le président des États-Unis", a insisté Musk.
Le milliardaire a également tenu à distinguer Starshield de Starlink, le réseau satellitaire civil de SpaceX. Si l'Ukraine s'appuie sur Starshield pour ses communications sur le champ de bataille, elle utilise également Starlink, dont l'emploi est toutefois interdit pour les opérations offensives. Conçus tous deux par SpaceX, ces deux systèmes répondent ainsi à des usages distincts.
Musk répondait à un message publié sur X par l'ancien ministre ukrainien de la Défense Mykhailo Fedorov, qui assurait que "la connectivité Starlink à des vitesses allant jusqu'à 160 km/h est en cours de rétablissement", mais que "supprimer totalement la restriction de vitesse de Starshield est désormais crucial pour la défense de l'Ukraine".
Fedorov a ensuite remercié Musk pour son "soutien constant".
Des responsables ukrainiens de la défense ont laissé entendre que Washington était à l'origine des ralentissements constatés sur certains terminaux Internet utilisés par l'armée ukrainienne pour mener des frappes dans les territoires occupés par la Russie et faire fonctionner des drones intercepteurs.
Kyiv a également accusé les États-Unis de favoriser indirectement la Russie en ne l'avertissant pas à temps de frappes de missiles imminentes. La capitale ukrainienne a ainsi été visée par des missiles balistiques deux nuits consécutives avant même le déclenchement des sirènes d'alerte aérienne, censées prévenir la population et l'inciter à se mettre à l'abri.
Dans le même temps, la Russie a accusé mercredi l'Ukraine d'avoir attaqué deux raffineries de pétrole en violation de la "trêve énergétique", une affirmation que Kyiv a rejetée comme "fausse", en précisant que d'autres sites avaient été frappés "mais pas les raffineries".
Cette polémique survient alors que Kyiv fait face aux conséquences d'une nouvelle attaque nocturne russe, qui a fait au moins un mort et plus de 20 blessés. Un important incendie s'est déclaré dans un immeuble résidentiel touché par les frappes russes. Selon Volodymyr Zelensky, celles-ci visaient notamment la centrale de cogénération thermique Darnytska (CHP-4), qui alimente la capitale ukrainienne en chauffage et en électricité.
De son côté, la Russie affirme avoir abattu 900 drones ukrainiens au cours de la nuit, dont 180 aux abords de Moscou.
Trump : une manœuvre électorale ?
Les élus démocrates de l'opposition au Sénat et à la Chambre des représentants américains ont vivement critiqué l'administration Trump après les interruptions de connexion signalées par l'Ukraine.
À l'approche des élections de mi-mandat, prévues le mois prochain et cruciales pour son administration, Donald Trump, confronté à la hausse des prix du carburant, a imputé aux frappes ukrainiennes contre les raffineries russes les tensions sur l'approvisionnement et la flambée des prix à la pompe.
Un haut responsable à Kyiv a confirmé que Washington avait menacé, ces derniers jours, de suspendre le partage de renseignements sur les tirs de missiles russes, des informations essentielles pour permettre à l'Ukraine d'anticiper et de contrer les attaques.
Mardi, Donald Trump a toutefois démenti avoir pris une telle décision.
Meloni : l'accord sur le diesel légitime Moscou
À Rome, mercredi, la Première ministre italienne Giorgia Meloni a déclaré qu'il s'agissait "d'un choix très risqué" et "d'une légitimation pour Moscou alors que ses bombes tombent encore sur les villes ukrainiennes". Selon elle, cet accord revient à « légitimer Moscou alors que ses bombes continuent de tomber sur les villes ukrainiennes ».
À Rome, mercredi, la Première ministre italienne Giorgia Meloni a qualifié de "choix très risqué" l'accord conclu vendredi dernier entre les États-Unis et la Russie sur l'achat de diesel russe. Selon elle, cet accord revient à "légitimer Moscou alors que ses bombes continuent de tomber sur les villes ukrainiennes".
S'exprimant devant le Parlement avant de se rendre à Bruxelles pour le Conseil européen de jeudi et vendredi, Meloni a mis en garde contre un "affaiblissement implicite du levier des sanctions".
Une telle évolution irait, selon elle, à l'encontre des efforts déployés jusqu'ici, y compris par Washington, pour contraindre Vladimir Poutine à s'asseoir à la table des négociations.