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Tourisme US en « Trump slump » : la Coupe du monde peut-elle inverser la tendance ?

Les États-Unis s’inclinent 5-2 face à la Belgique en amical de préparation au Mondial à Atlanta le 28 mars
Les États-Unis s’inclinent 5-2 face à la Belgique en amical de préparation au Mondial à Atlanta le 28 mars Tous droits réservés  Mike Stewart/Copyright 2026 The AP. All rights reserved
Tous droits réservés Mike Stewart/Copyright 2026 The AP. All rights reserved
Par Rebecca Ann Hughes
Publié le Mis à jour
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États-Unis : les supporters de football pourraient être moins nombreux que prévu, entre réforme envisagée de l’ESTA et critiques sur les réseaux sociaux

Alors que le reste du monde a enregistré en 2025 une hausse moyenne de 4 % du tourisme international, les États-Unis, eux, ont essuyé sur l’année une baisse préoccupante de 5,4 %.

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Ce recul, surnommé le « Trump slump », s’explique par le durcissement de la politique migratoire, des changements de passeport hostiles aux personnes LGBTQ+, un renforcement de la sécurité aux frontières et les fluctuations des devises.

Tous les regards se tournent désormais vers la Coupe du monde de la FIFA, dont les matchs se dérouleront en juin et juillet à travers les États-Unis, ainsi qu’au Mexique et au Canada.

L’événement devait attirer en masse les supporters de football vers les États-Unis, mais les modifications proposées du système ESTA et le contrôle accru des réseaux sociaux pourraient faire chuter la fréquentation bien en deçà des espoirs.

Qu’est-ce qui alimente le « Trump slump » du tourisme vers les États-Unis ?

Les États-Unis enregistrent une baisse des visiteurs étrangers sur toute la ligne. Le recul le plus spectaculaire concerne le tourisme canadien, en chute de 28 % en janvier 2025 par rapport à l’année précédente.

Les visiteurs britanniques ont légèrement augmenté, de 0,5 %, mais les arrivées en provenance de France et d’Allemagne sont reparties à la baisse.

La tendance semble se prolonger en 2026. En janvier, le nombre de voyageurs européens était inférieur de 5,2 % à celui de l’an dernier.

Des projets de politique étrangère jugés imprévisibles et des tensions sur le terrain – des menaces d’annexion du Groenland aux morts impliquant des agents de l’agence américaine de l’immigration et des douanes (ICE) – rendent les visiteurs étrangers plus hésitants.

Des contrôles plus stricts aux frontières dissuadent également, notamment après des cas, l’an dernier, d’Européens et de Canadiens détenus et interrogés par les autorités, ainsi que des informations sur des fouilles de dispositifs électroniques.

Les États-Unis ont par ailleurs décrété une interdiction de voyager visant des dizaines de pays, dont quatre nations qualifiées pour la Coupe du monde – l’Iran, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et Haïti. Ils ont aussi instauré des « frais d’intégrité du visa » de 250 dollars pour les visas touristes et affaires non-immigrants.

Les voyageurs LGBTQ+ renoncent eux aussi aux États-Unis, après que le président Trump a lancé en janvier dernier des mesures établissant la reconnaissance fédérale de deux seuls sexes biologiques : masculin et féminin.

Cette décision renforce les inquiétudes liées aux voyages dans un pays où les lois locales des États et le climat social peuvent déjà donner lieu à des situations éprouvantes.

Une lueur d’espoir avec la Coupe du monde ?

La prochaine Coupe du monde de la FIFA devait apporter un coup de fouet significatif au tourisme aux États-Unis.

En novembre, le cabinet Tourism Economics a publié un rapport dans lequel il s’attendait à ce que l’événement « déclenche un puissant rebond des voyages internationaux – relançant la demande, remplissant les hôtels et illustrant l’ampleur des retombées économiques de ces méga-événements ».

Le groupe d’intelligence de données prévoyait que les États-Unis accueillent 1,24 million de visiteurs internationaux pour la Coupe du monde. Parmi eux, 742 000 (60 %) seraient des visiteurs supplémentaires – des voyages qui n’auraient pas eu lieu autrement.

« Après une année 2025 difficile pour les séjours internationaux aux États-Unis (en recul de 6,3 %), nous prévoyons un rebond de 3,7 % des arrivées en 2026, près d’un tiers de cette croissance étant liée au tournoi », ajoutait le rapport.

Les réservations de vols vers les États-Unis en baisse pour l’été

Mais des données plus récentes laissent penser que ces espoirs étaient trop optimistes.

En février, les États-Unis ont mis fin à neuf mois consécutifs de baisse du tourisme, mais de justesse, avec une hausse de seulement 0,8 %, selon le National Travel and Tourism Office. Et ce après une chute de 4,2 % en janvier.

Plus inquiétant encore, les réservations de vols entre l’Europe et les États-Unis pour cet été sont en baisse de plus de 14 % sur un an, a rapporté le magazine Forbes (source en anglais), citant des chiffres de la société d’analyse aéronautique Cirium.

Un nouvel « obstacle au voyage » pourrait par ailleurs entrer en vigueur. Une proposition des services américains des douanes et de la protection des frontières (CBP) rendrait obligatoire, pour les futurs voyageurs, la mise à disposition publique de leurs cinq dernières années d’historique sur les réseaux sociaux lors de la demande d’autorisation électronique de voyage (ESTA).

L’ECTAA, l’Association européenne des agents de voyages et des voyagistes, estime que, du point de vue du voyageur européen, l’« effet cumulatif » de ces propositions risque de rendre les voyages vers les États-Unis « plus complexes, plus intrusifs et moins accessibles », pouvant même « dissuader complètement de voyager ».

Comme le résume Aran Ryan, directeur des études sectorielles chez Tourism Economics, si la Coupe du monde devrait bien stimuler les arrivées supplémentaires cet été, « les vents contraires restent forts ».

Ceux-ci, parmi lesquels un sentiment négatif envers les États-Unis et les inquiétudes liées aux politiques migratoires et de contrôle aux frontières, ne seront pas « inversés par la seule Coupe du monde ».

Les hôtels des villes hôtes doivent déjà se préparer à un scénario plus décevant qu’escompté, selon un rapport (source en anglais) du cabinet d’analyses CoStar.

Une préoccupation majeure concerne le manque d’enthousiasme pour les blocs de chambres réservés par la FIFA.

L’instance dirigeante du football a bloqué des chambres d’hôtel pour les détenteurs de billets il y a deux ans. Mais les groupes hôteliers signalent une demande en demi-teinte et même des blocs de chambres qui leur sont déjà restitués.

Si la Coupe du monde fera sans aucun doute grimper le nombre de touristes, c’est la prise de conscience de l’ampleur du coup de pouce qu’elle aurait pu apporter qui risque de laisser un goût amer.

« Les chiffres globaux seront probablement un peu décevants si les tendances dont nous parlons aujourd’hui se confirment », estime Jan Freitag, directeur national de l’analyse du marché hôtelier chez CoStar.

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