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Syrie : la contre-attaque diplomatique du processus d'Astana

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Syrie : la contre-attaque diplomatique du processus d'Astana

Syrie : la contre-attaque diplomatique du processus d'Astana
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REUTERS/Grigory Dukor
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La résolution du conflit syrien passe par une solution politique et non militaire.

C'est en substance ce qu'ont déclaré les chefs de la diplomatie russe, turque et iranienne, réunis ce samedi à Moscou pour tenter de trouver une issue à sept années de guerre.

Ce dialogue a réuni les soutiens de Damas que sont la Russie et l'Iran, et la Turquie, qui plaident plutôt la cause des rebelles. Depuis près d'un an et demi, ces trois puissances ont initié le processus d'Astana qui permet la mise en place de quatre "zones de désescalade" en Syrie :

Mevlüt Çavuşoğlu, ministre turc des Affaires Etrangères : "Notre but est d'arriver à une solution politique en Syrie. Je suis d'accord sur le fait que la meilleure solution doit être politique et que toute solution militaire est illégale et non durable".

_"Il faut prendre en compte les différentes tentatives qui ont eu lieu d'empêcher l'amélioration du dialogue entre Syriens,_explique de son côté Sergueï Lavrov, chef de la diplomatie russe. "Il se trouve qu'alors que nous sommes en train de progresser et de construire, certains de nos homologues sont en train d'essayer de détruire les résultats de nos efforts conjoints, et ne se soucient guère des violations du droit international. Je veux parler de l'action (les frappes, ndlr) menée le 14 avril par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni".

_"Nous avons déjà condamné l'usage des armes chimiques quelques soient les victimes ou les coupables, _arenchéri Mohammad Javad Zarif, mais nous pensons que violer la loi pour un gain politique ne fait que compliquer encore plus les choses".

Si Moscou et Téhéran ont condamné les frappes menées par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni en Syrie, en réaction aux attaques chimiques, Ankara les a saluées.

Le ministère turc avait publié un communiqué dans lequel il explique que l’opération du 14 avril des États-Unis coordonnées avec la Grande-Bretagne et la France en Syrie est "une riposte aux actes inhumains, récemment survenus à Douma" et que cette attaque mérite d'être saluée par la Turquie.

Dans ce même communiqué, il est fait mention que :

"Le recours aux armes de destruction massive et aux armes toxiques contre les civils constitue un crime contre l’humanité. Qui plus est, le régime d’Assad utilise depuis plus de 7 ans les armes non-conventionnelles et chimiques contre son peuple. Ses exactions sont signalées régulièrement et la communauté internationale n’a aucune doute sur ce sujet".

En avril, un sommet tripartite s'était déjà tenu à Ankara pour que les belligérants s'engagent en faveur d'un "cessez-le-feu durable" en Syrie. Depuis 2011, le conflit syrien a fait plus de 350 000 morts.

Les pourparlers de paix d'Astana ont été lancés les 23 et 24 janvier 2017, dans le but de mettre fin à la violence et d'améliorer la situation humanitaire dans une Syrie déchirée par la guerre.

Le nouveau cycle de pourparlers d'Astana se tiendra mi-mai.

[Un correctif a été apporté à cet article concernant la position de la Turquie par rapport aux frappes occidentales : Ankara a salué les frappes menées par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne en Syrie ]