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Japon: Abe veut être réélu à la tête de son parti pour réformer la Constitution

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Japon: Abe veut être réélu à la tête de son parti pour réformer la Constitution

Japon: Abe veut être réélu à la tête de son parti pour réformer la Constitution
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Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, s'apprête à gagner jeudi un troisième mandat à la tête du Parti libéral-démocrate (PLD), se donnant ainsi une chance de réaliser son ultime rêve: réformer la Constitution.

Cette élection interne est loin d'être anodine puisqu'elle revient à décider l'identité du Premier ministre du pays: c'est en effet le président de la formation majoritaire à la chambre basse qui hérite du fauteuil de chef du gouvernement.

M. Abe, qui avait été réélu chef de cette formation de droite omnipotente en 2015 sans même devoir affronter quiconque, aurait dû renoncer à cette fonction à la fin de son 2e mandat ce mois-ci. Mais il a proposé et obtenu une réforme des statuts autorisant un troisième mandat.

Un seul candidat, l'ex-ministre de la Défense Shigeru Ishiba, lui dispute la place mais les sondages ne lui sont pas favorables.

Bien qu'y cohabitent plusieurs factions, une large majorité d'entre elles s'alignent comme un seul homme derrière M. Abe. Si bien que même la ministre des Affaires intérieures, Seiko Noda, n'a pas réussi à rallier à sa cause le soutien d'au moins 20 parlementaires nécessaire pour concourir.

"Le problème n'est pas de savoir si Shinzo Abe va gagner ou perdre, mais de quelle façon il va l'emporter", estime Yu Uchiyama, de l'Université de Tokyo.

Il souligne néanmoins que "si ce n'est pas un raz-de-marée en sa faveur, M. Abe pourrait voir son pouvoir décliner".

- Ombre des scandales -

Le président du PLD est désigné conjointement par les 405 parlementaires membres de la formation (405 voix) ainsi que les plus d'un million de militants et sympathisants dont les votes regroupés pèsent aussi au total 405 voix. Le vainqueur est celui qui obtient la majorité de ces 810 voix.

"Le nombre des votes régionaux (militants, sympathisants) sera crucial", juge M. Uchiyama.

S'il l'emporte, M. Abe pourra se féliciter d'avoir réussi à faire passer au second plan tous les scandales qui ont occupé la presse depuis deux ans et lui ont valu de nombreuses questions lors des débats de cette campagne: il a notamment été accusé de favoritisme envers des amis.

Il a cependant reconnu que "la confiance avait été en partie affectée" par ces affaires.

C'est davantage la faiblesse de l'opposition qui explique le fait que le Premier ministre de 63 ans parvienne à surmonter ces difficultés et s'offre la chance de battre des records de longévité à la tête du pays s'il y reste jusqu'en 2021.

"La situation actuelle est un grave problème pour la démocratie. Et le défi est de savoir comment raviver le débat et la compétition politiques", souligne M. Uchiyama.

- "La seule voie possible" -

M. Abe et Ishiba affichent des vues communes sur le type de problèmes qu'affronte le pays, par exemple, la difficulté à sortir de la déflation, le fossé social avec des écarts qui se creusent entre riches et pauvres, la dénatalité, la protection sociale, les conditions d'emploi des femmes, la prévention des désastres, la réforme de la Constitution.

Mais ils divergent sur l'analyse des causes et la façon d'y remédier.

M. Abe, revenu au pouvoir fin 2012, compte profiter d'un mandat de trois années de plus comme chef du gouvernement pour s'attaquer de front à ce qui motive sa carrière politique depuis des décennies: changer les termes de la Constitution pacifiste que les Américains ont imposée au pays à l'issue de la Deuxième guerre mondiale.

Sur le volet économique, face à M. Ishiba qui juge que la croissance du Japon passe par la revitalisation des régions, M. Abe promet de poursuivre dans "la seule voie possible", la stratégie baptisée "abenomics", même si elle n'a pas donné les résultats promis.

"Il pourrait faire mieux, mais ce n'est pas si mauvais, et pour un homme de son milieu (lignée de politiciens conservateurs), il se montre relativement progressiste pour augmenter le rôle des femmes dans l'économie", juge néanmoins Robert Dujarric, directeur de l'Institut des études asiatiques de l'Université Temple à Tokyo.

Et d'ajouter que M. Abe a le mérite d'être "très actif pour essayer de colmater la brèche dans le système international due à la politique de Donald Trump", notamment dans les négociations de libre-échange.

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