DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Traité nucléaire en péril : un pas américain "très dangereux" pour Moscou

Vous lisez :

Traité nucléaire en péril : un pas américain "très dangereux" pour Moscou

Traité nucléaire en péril : un pas américain "très dangereux" pour Moscou
Taille du texte Aa Aa

"Un pas très dangereux (...) qui ne sera pas compris par la communauté internationale" : c'est en ces termes que Moscou a réagi après l'annonce du retrait des Etats-Unis d'un traité nucléaire, signé avec la Russie à l'époque de la guerre froide.

Le président américain a en effet déclaré qu'il prévoyait de sortir du traité FNI, qui vise à encadrer les forces nucléaires à portée intermédiaire des deux pays.

Un traité "significatif pour la sécurité internationale" selon le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov, et que John Bolton, conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, accusait la Russie de ne pas respecter.

"Nous revenons peu à peu à la situation de la guerre froide telle qu’elle se présentait à la fin de l’Union soviétique, avec des conséquences assez similaires. Mais cela pourrait s'aggraver car le président russe Vladimir Poutine n’a pas connu la guerre en tant que dirigeant. Il appartient à une catégorie de personnes qui ne craignent pas autant la guerre que les citoyens de l'époque de Brejnev par exemple. Ils pensent que s’ils menacent l’Occident, l'Occident aura peur", analyse le politologue russe Dmitry Oreshkin.

Le traité avait été signé en 1987 par les dirigeants américain et soviétique de l'époque Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev.

Moscou et Washington s'accusent mutuellement

En réaction aux accusations américaines, la Russie assure aujourd'hui qu'elle n'a d'aucune façon violer ce traité.

Washington se plaint du déploiement par Moscou du système de missiles 9M729, dont la portée selon Washington dépasse les 500 km, ce qui constitue une violation du traité INF.

Ce traité, en abolissant l'usage de toute une série de missiles d'une portée variant de 500 à 5.500 km, avait mis un terme à la crise déclenchée dans les années 1980 par le déploiement des SS-20 soviétiques à têtes nucléaires ciblant les capitales occidentales.

Moscou a répondu aux accusations américaines par d'autres accusations. M. Riabkov a parlé dimanche de "chantage" et la veille une source du ministère russe des Affaires étrangères avait affirmé que Washington "se rapprochait de cette étape depuis plusieurs années en détruisant délibérément et pas à pas la base de cet accord".

Le conseiller de la Maison Blanche, John Bolton, doit rencontrer en début de semaine plusieurs responsables russes, en prévision d'une possible rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine d'ici la fin de l'année.