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Strasbourg : le récit d'une soirée meurtrière

Strasbourg : le récit d'une soirée meurtrière
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REUTERS
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Il est 19h50 hier dans le centre-ville de Strasbourg. Le marché de Noël va bientôt fermer ses portes lorsque retentissent des coups de feu. Un homme vient de tirer sur les passants rassemblés rue des Orfèvres, une des principales rues commerçantes de la capitale alsacienne.

Le tireur présumé s'appelle Chérif Chekatt II est âgé de 29 ans. Connu des services de police pour des faits de droit commun, il est également fiché S (pour Sûreté de l'état).

L'homme a pu pénétrer le secteur du marché de Noël en passant par le pont du Corbeau, situé au sud du centre historique de Strasbourg, a précisé mardi soir la préfecture du Bas-Rhin.

Après avoir ouvert le feu, il prend ensuite la direction de la rue des Grandes Arcades située à quelques centaines de mètres, en plein cœur des rues piétonnes de Strasbourg, très fréquentées en cette période de fête. Il croise alors quatre soldats de la mission Sentinelle. Il fait feu, ces derniers ripostent et le blessent au bras, il parvient tout de même à prendre la fuite.

L'auteur présumé de la fusillade est ensuite repéré dans quatre autres endroits de la vieille ville - indiqués sur la carte - jusqu'à arriver à la porte Saint-Martin. Un itinéraire meurtrier d'à peine un kilomètre.

Selon le procureur de Paris, Rémy Heitz, il a fait feu en trois points. "Il a, tout au long de ce parcours, à plusieurs reprises ouvert le feu avec une arme de poing et utilisé un couteau avec lesquels il a blessé grièvement et donné la mort", a relaté M. Heitz.

Chérif Chekatt laisse dans son sillage deux morts, une personne en état de mort cérébrale et 12 blessés.

La fuite en taxi

Un peu après 20h, il parvient à braquer un chauffeur de taxi. Il le force à s'arrêter et lui demande de prendre la direction du quartier du Neudorf, un secteur populaire de Strasbourg.

La chauffeur de taxi a indiqué aux enquêteurs l'avoir vu en possession d'une arme de poing et présentant des blessures. Des informations confirmées par le procureur de Paris.

"Il a alors évoqué son passage à l'acte en expliquant avoir tiré sur des militaires et tué dix personnes. (...) Le témoin dit l'avoir entendu proférer des propos justifiant les faits qu'il dit avoir commis", a expliqué le successeur de François Molins.

Lors de cet échange, il mentionne au chauffeur de taxi qu'une grenade a été retrouvée par des policiers le matin même à son domicile. C'est cet indice qui a permis aux services de police de l'identifier rapidement.

Nouveaux échanges de tirs avec la police

Aux alentours de 20H20, il est aperçu marchant dans la rue de Saint-Dié, toujours dans le quartier de Neudorf. Il y rencontre des policiers qui lui intiment l'ordre de s'arrêter.

Cherif C. tire dans leur direction et prend de nouveau la fuite. Mais des policiers retrouvent sa trace et les échanges de tirs reprennent. Encore une fois, il réussit à échapper aux forces de l'ordre et s'évanouit dans la nature.

D'après Rémy Heitz, des perquisitions ont eu lieu dans les heures qui ont suivi la fusillade. Quatre proches de Chérif C. ont été placés en garde à vue.

Une enquête a été ouverte pour "assassinats en relation avec une entreprise terroriste, tentatives d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste et d'association de malfaiteurs terroriste en vue de préparer des crimes d'atteinte aux personnes".