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Comprendre le mouvement de protestation en Hongrie

Comprendre le mouvement de protestation en Hongrie
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Pourquoi ces manifestations?

Elles ont débuté mercredi dernier après le vote par les députés de la loi dite " loi esclavagiste", un amendement à la législation du travail dans le pays.

Ce changement permet aux employeurs de demander à leurs salariés de travailler jusqu'à 400 heures supplémentaires par an. La limite actuelle est fixée à 250 heures.

En outre, les entreprises sont autorisées à repousser jusqu'à trois ans au maximum le paiement des heures supplémentaires.

Y a-t-il autre chose qui met en colère les manifestants ?

Oui, le jour même une nouvelle loi a été adoptée. Elle prévoit la création de tribunaux administratifs supervisés directement par le ministre de la Justice.

Les critiques affirment que cela permettra l'ingérence politique dans les affaires judiciaires et minera encore davantage l'État de droit.

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Comment les députés de l'opposition ont-ils réagi ?

Les députés de l'opposition ont tenté de bloquer le vote de mercredi en faveur de l'amendement à la "loi esclavagiste" et de la nouvelle législation judiciaire.

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La députée d'opposition Timea Szabó siffle au visage du Premier ministre Orban en guise de protestationFacebook/Szabó Tímea

Un député du parti d'extrême droite Jobbik s'est même rendu au bureau du président pour lui demander de ne pas signer l'amendement.

D'autres politiciens se sont rendus à une manifestation devant le siège du parti Fidesz, le parti du Premier ministre Viktor Orban.

La manifestation parlementaire a par la suite vu des heurts éclater entre les manifestants et la police, qui ont utilisé des gaz lacrymogènes et du gaz poivré.

Que s'est-il passé depuis ?

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Manifestation devant le Parlement dimancheREUTERS

Depuis mercredi dernier (12 décembre), il y a eu plusieurs autres manifestations : jeudi, vendredi, dimanche, lundi et mardi.

La plus importante a eu lieu le dimanche (voir ci-dessus) lorsque, après avoir marché de la place des héros jusqu'au Parlement, les gens se sont rendus à pied au siège de la télévision nationale (MTVA).

Certains députés de l'opposition sont entrés dans l'édifice et ont essayé de lire leur pétition en cinq points, que vous pouvez consulter ci-dessous :

La pétition en cinq points

Que s'est-il passé ensuite ?

Lundi matin, des agents de sécurité ont expulsé de force deux députés de l'opposition de l'édifice du radiodiffuseur public.

La MTVA a déclaré dans un communiqué qu'elle avait déposé une plainte auprès de la police après que les députés auraient ignoré à plusieurs reprises les avertissements de la sécurité concernant l'entrée dans des zones à l'accès restreint, mais aussi pour avoir harcelé les employés et essayé de faire chanter la MTVA.

"Le matin, les législateurs ont de nouveau essayé d'entrer", peut-on lire dans la déclaration. "Ils harcelaient régulièrement le personnel de la MTVA et poursuivaient les employés dans les couloirs."

Mais les députés ont répondu.

L'une d'eux, Bernadett Szél, a dit : "Nous étions entourés d'un grand nombre de membres armés du personnel de sécurité, j'ai identifié quatre entreprises de sécurité différentes, mais nous ne pouvions parler avec aucun des directeurs ou rédacteurs en chef des médias d'Etat". (...) "Nous avons essayé de trouver des rédacteurs en chef dans les bureaux, mais ils ne nous ont pas laissés entrer. Quand on a voulu aller dans les bureaux des étages supérieurs, ils nous ont dit que les escaliers étaient glissants."

Un autre, Ákos Hadházy, a dit : "Tout a été dévoilé ici par ces actions, mais ce n'est que le début, nous avons beaucoup à faire pour démolir ce bastion. Malheureusement, les médias d'Etat sont le symbole de la propagande sale et méchante du gouvernement et de la dictature de la désinformation qui a été créée par le gouvernement."

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Le drapeau de la Hongrie brandi par les manifestantsREUTERS

Des similarités avec le mouvement des gilets jaunes ?

Même si les manifestants dans les rues de Budapest ont reçu un certain soutien sur Internet de la part des Français, ce qui se passe en Hongrie n'est pas la même chose que le mouvement des "gilets jaunes" en France.

Les gens agitent des drapeaux de l'UE et l'une de leurs demandes est que la Hongrie fasse partie du parquet européen. Ils disent qu'ils en ont assez des médias publics, qui diffusent de fausses informations, principalement sur les migrants.

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Le mot "ellenállás", "liberté" en hongrois sur la pancarte d'un manifestantREUTERS

Le nouvel élément de ces manifestations, par rapport à d'autres en 2010, est que les partis d'opposition sont unis et manifestent ensemble.

Les membres du parti gouvernemental prétendent que l'amendement permet aux gens de travailler plus d'heures supplémentaires, ce qui est dans leur intérêt.

Mais les syndicats ne partagent pas cette opinion et manifestent avec les gens dans la rue.

Le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, a déclaré aux médias après le vote de mercredi que la loi est bonne et importante.

Dans une interview accordée à Euronews, le porte-parole du gouvernement, Zoltan Kovacs, s'est exprimé dans les médias occidentaux au sujet de ces manifestations.

Il a déclaré que les manifestations avaient été organisées par une "opposition faible" et a réfuté les affirmations selon lesquelles elle n'avait pas une voix juste.