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Retourner en Syrie, un rêve encore lointain pour les réfugiés de Zaatari en Jordanie

Retourner en Syrie, un rêve encore lointain pour les réfugiés de Zaatari en Jordanie
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Notre journaliste Anelise Borges a rencontré de nombreux réfugiés syrien à Zaatari, le plus grand camp de réfugiés du Moyen-Orient. Pour nombre d'entre eux, le retour en Syrie reste compromis en l'absence de garanties concernant leur sécurité et le respect de leur dignité.

Avant de documenter avec son appareil photo la vie dans le plus grand camp de réfugiés du Moyen-Orient, Wissam Ryabi étudiait le génie électrique à l'Université de Damas en Syrie.

Sa vie a changé il y a six ans quand la guerre l'a rattrapé. "Les affrontements ont commencé... et plusieurs groupes se sont combattus. Nous avons décidé qu'il fallait partir vers un endroit en paix. Nous avons entendu parler de l'ouverture de Zaatari pour les réfugiés... Alors j'ai arrêté mes études pour rejoindre mes parents ici", explique le jeune homme.

Aujourd'hui les combats qui ont détruit sa maison et poussé sa famille à fuir la Syrie sont terminés. Le régime de Damas aidé par la Russie, a repris le contrôle de la majeure partie du pays en chassant les rebelles des zones du centre et du sud. Notamment à Deraa où vivait le jeune homme. Cette ville proche de la frontière jordanienne a été reprise en 2018 par l'armée régulière. En théorie, sa famille et lui pourraient rentrer chez eux. En théorie seulement...

"J'aimerais retourner en Syrie, mais la situation sur place n'est toujours pas sûre. Si j'y retournais, je serai obligé de m'engager dans l'armée", souligne-t-il. Comme pour lui, la peur des enrôlements forcés contraint de nombreux jeunes hommes à rester hors de Syrie. Pour ceux qui faisaient autrefois partie du système, les perspectives sont encore plus sombres. Cet homme que nous appellerons "Ali" a déserté l'armée syrienne.

"Je ne voulais pas participer aux tueries. Je voulais juste partir. Mais quand j'ai terminé mon service obligatoire dans l'armée, ils ne m'ont pas laissé sortir. Ils m'ont gardé un mois, deux mois, trois mois... Je n'en pouvais plus."

Pour lui comme pour d'autres déserteurs, retourner en Syrie aujourd'hui n'est pas une option. En cas de retour, ils disent craindre une longue détention, la torture ou pire encore. _"J'ai entendu dire que les gens qui sont rentrés pour régulariser leur situation avec l'armée se retrouvent dans des postes de police où ils sont battus et torturés. Cela dure un certain temps. D'un service de police à l'autre... ils subissent de nombreux passages à tabac. Et puis c'est le retour à l'armée. Quitter l'armée n'est pas possible. La situation est très mauvaise. On entend aussi parler de gens qui retournent dans l'armée, qui sont envoyés dans les commissariats de police et qui disparaissent par la suite. Pendant trois, parfois quatre mois. Jusqu'à aujourd'hui, je connais des gens qui sont rentrés et personne n'a eu de nouvelles d'eux", raconte "Ali".
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A cause de la guerre en Syrie, plus de la moitié de la population a été déplacée

Près de 6 millions de personnes ont trouvé refuge en Jordanie, au Liban, en Turquie, en Égypte et en Irak. Avant l'arrivée même de ces millions de Syriens sur leur sol, ces pays ont connu différentes crises économiques et politiques.

Leurs responsables gouvernementaux ont donc rapidement annoncé leur volonté de participer à des pourparlers avec la Russie pour faciliter le retour des réfugiés en territoire syrien.

Pour l'instant, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) assure qu'il "n'apporte ni soutien ni assistance" à d'éventuelles initiatives qui visent à renvoyer des personnes en Syrie.

"Au bout du compte, les gens disent qu'ils voudraient rentrer. Mais du point de vue du HCR, ils doivent rentrer si leur sécurité et leur dignité sont garanties. Des gens ont commencé à rentrer en Syrie. Mais beaucoup de personnes vont rester ici. Les besoins vont donc continuer à exister. Nous avons toujours dit que ce n'est pas une solution humanitaire qui est à rechercher. Mais bien une solution politique", rappelle Marwa Hashem, du HCR.

Si l'on regarde ce qui s'est passé au cours des huit dernières années, nul doute qu'il faudra encore un certain temps avant qu'une solution politique ne soit trouvée pour la Syrie.

Avec la reprise en main du pays par les troupes gouvernementales, il appartient désormais au régime de Damas de fournir les garanties suffisantes aux exilés syriens pour qu'ils puissent un jour rentrer chez eux et que leur sécurité soit assurée.