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Procès de Paul François contre Monsanto : décision en avril 2019

Procès de Paul François contre Monsanto : décision en avril 2019
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REUTERS/Emmanuel Foudrot
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Des dizaines de personnes sont venues de toute la France pour soutenir Paul François ce mercredi devant la cour d'appel de Lyon.

Un soutien qui a ému l'agriculteur qui bataille depuis douze années contre Monsanto.

Parmi les partisans du céréalier, une présence remarquée. L'ancienne ministre de l'Ecologie et présidente de Génération Ecologie. Delphine Batho a dit venir soutenir le combat "juste" de M. François, ce procès visant selon elle à "montrer à ces firmes qu'elles ne sont pas toutes-puissantes".

Sur les marches du Palais de justice des 24 colonnes, Paul François a tenu à remercier toutes celles et ceux qui avaient fait le déplacement en rappelant que cette présence lui permet de ne pas ce sentir seul dans ce combat.

L'agriculteur français veut faire reconnaître la responsabilité de Monsanto dans son intoxication au Lasso, un herbicide produit par la firme. En 2004, alors qu'il vérifiait une cuve, il a inhalé accidentellement les vapeurs du produit chimique. S'en est alors suivi un véritable calvaire : amnésies, vertiges ou encore coma à répétition. Aujourd'hui, il souffre toujours de graves troubles neurologiques

Après sa plainte déposée en 2007, l'agriculteur est parvenu à faire condamner Monsanto à deux reprises en 2012 et 2015. A chaque fois, le géant des OGM a fait appel. En 2017, la cour de cassation décide de renvoyer l'affaire devant la cour d'appel de Lyon pour une erreur de forme d'où ce nouveau procès du 6 février 2019 au cours duquel les avocats de Monsanto ont une nouvelle fois rejeté toute responsabilité.

"L'intégralité des pathologies invoquées par Paul François n'existent pas. Ça n'est pas nous qui le disons, ce sont les experts judiciaires. Et c'est vérifiable très aisément à la lecture du rapport d'expertise. Aucune faute ne peut-être imputée à Monsanto sur quelque terrain que ce soit", a déclaré Jean-Daniel Bretzner, avocat de Monsanto, à sa sortie de la salle d'audience.

Un discours insupportable pour Paul François très éprouvé par cette longue bataille juridique. Son avocat reste malgré tout confiant dans l'issue de ce procès qui doit avoir, selon lui, valeur d'exemple.

"Une nouvelle fois, on a assisté à la stratégie de Monsanto qui est une stratégie de déni, de contestation, de mauvaise foi. Ce procès, c'est l'occasion pour la cour d'appel de mettre un terme à ces pratiques des firmes et à cette logique qui voudrait que les grands fabricants, les grands groupes soient exonérés de toute responsabilité au prétexte qu'ils n'auraient pas une connaissance suffisamment précise des risques auxquels ils exposent les utilisateurs", a indiqué pour sa part François Lafforgue, avocat de Paul François.

La décision de la cour d'appel sera rendue le 11 avril prochain.

Avec agence