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Des soucis pour Trump des deux côtés de la planète

Donald Trump s'exprime lors d'une conférence de presse à Hanoïle 28 février
Donald Trump s'exprime lors d'une conférence de presse à Hanoïle 28 février -
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Manan VATSYAYANA
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Qualifié d'"escroc" par l'un de ses anciens fidèles à Washington et abandonné par son nouvel "ami" Kim Jong Un à Hanoï, Donald Trump a connu un grand moment de solitude avant de reprendre son avion vers les Etats-Unis.

Cela s'est vu au moment de la conférence de presse convoquée jeudi pour annoncer l'échec des deux jours de discussions consacrées à l'hypothétique dénucléarisation de la Corée du Nord.

Objectivement, le président n'y avait pas sa flamme habituelle.

M. Trump est resté dans les clous, sans s'écarter du sujet, en contraste avec l'excitation qui l'animait après son premier sommet avec M. Kim à Singapour.

Cette fois, le locataire de la Maison Blanche n'est même pas apparu remonté, mais simplement fatigué.

- Corée le jour, Cohen la nuit -

Cela s'explique sans doute car il est resté éveillé, du fait du décalage horaire entre Washington et Hanoï, pour voir son ancien proche collaborateur, l'avocat Michael Cohen, l'accabler lors d'une audition publique au Congrès.

M. Trump a regretté ce télescopage de calendrier: "Ils auraient pu le faire deux jours plus tard ou la semaine prochaine, cela aurait été mieux. Ils auraient disposé de davantage de temps".

A l'origine, le sommet avec Kim Jong Un au Vietnam était censé procurer au milliardaire républicain une bouffée d'oxygène, loin des controverses qui l'assaillent sur le plan intérieur, sur son mur anti-migrants ou la fameuse enquête russe sur sa campagne présidentielle.

Le président avait lui-même fait monter la mayonnaise à coups de tweets et de déclarations d'auto-satisfaction ayant renforcé l'idée qu'il allait réaliser une percée historique grâce à sa relation privilégiée avec le leader de Pyongyang.

Son nom était avancé pour le prix Nobel de la paix, avait-il même assuré.

- Drôles d'amis -

Mais jeudi à l'heure du déjeuner, il est apparu flagrant que ce pari avait échoué.

"Parfois il faut savoir renoncer", a confié un Trump dépité.

Le président américain a toutefois insisté sur la persistance de la qualité de ses relations avec Kim. "On a cette énergie qui nous relie, j'espère qu'elle va continuer", a-t-il dit, avant d'ajouter: "C'est un sacré type".

On sait combien M. Trump aime être apprécié sur le plan personnel et voir reconnaître son talent présumé de négociateur.

"Croyez-le si vous voulez, mais j'ai une relation fantastique avec pratiquement tous les leaders", a-t-il ajouté face aux journalistes. "Beaucoup de gens ont du mal à le comprendre".

- Vissé à la télé -

Sa proximité avec Michael Cohen semble elle toutefois perdue à jamais. L'ex-avocat, qui effectuait des missions de confiance tout comme les basses oeuvres pour le compte du magnat des affaires, a reproché mercredi à son ancien patron d'être "un raciste", "un escroc" et "un tricheur".

Des accusations diffusées en direct et dans le monde entier par les grands réseaux télévisés américains.

Mercredi, au début du sommet, beaucoup se demandaient comment réagirait le président: allait-il se concentrer sur les pourparlers stratégiques avec M. Kim ou allait-il se dépêcher d'assister à l'audition de M. Cohen depuis son hôtel ?

En fait, on se doutait de la réponse.

"J'ai essayé de regarder tant que j'ai pu", a reconnu M. Trump, avant d'éreinter son ancien homme de confiance, coupable selon lui d'avoir menti "à 95%" à son sujet.

Il était alors temps de prendre le chemin du retour. "Je m'apprête à embarquer dans un avion à destination de cet endroit merveilleux qu'est Washington", a lancé le président, les traits tirés encore davantage.

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