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Le Congrès inflige un sérieux camouflet à Trump sur son mur frontalier

Donald Trump à la Maison Blanche le 14 mars 2019
Donald Trump à la Maison Blanche le 14 mars 2019 -
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SAUL LOEB
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Donald Trump a subi jeudi une véritable humiliation au Congrès américain avec le rejet, grâce à la défection de 12 sénateurs de son propre camp républicain, du financement d’urgence du mur qu’il construit à la frontière avec le Mexique afin de lutter contre l’immigration clandestine.

Défendant l’un des projets les plus emblématiques de sa présidence, Donald Trump a juré de bloquer la résolution adoptée par les élus. L‘édification de ce mur hautement controversé pourra donc se poursuivre.

VETO!” a-t-il tweeté juste après le vote. Puis, dans un second tweet: “J’ai hâte d’opposer mon veto à cette résolution d’inspiration démocrate”.

Reste néanmoins l’humiliation de devoir dégainer son premier veto présidentiel pour sauver sa grande promesse de campagne malgré une majorité républicaine au Sénat (53 sièges sur 100).

Le nombre de rebelles républicains a enflé ces derniers jours, tous opposés à la situation d’“urgence nationale” décrétée par le président américain afin de contourner le Congrès, qui refusait de lui accorder le budget pour le mur.

Au total, 59 sénateurs ont soutenu une résolution démocrate proclamant que “l’urgence nationale déclarée par le président le 15 février 2019 (…) est par la présente annulée”. Ce vote marque l’approbation finale du texte par le Congrès.

Depuis des jours, M. Trump avait mis la pression sur les sénateurs de son camp afin d‘éviter ce revers.

“La frontière sud est un cauchemar humanitaire et pour la sécurité nationale”, avait-il encore tweeté dans la matinée, affirmant qu’un “vote en faveur de la résolution” revenait à voter pour “la criminalité”.

Donald Trump avait aussi tenté de justifier la constitutionnalité de sa décision de recourir à cette mesure d’exception pour obtenir quelque huit milliards de dollars pour le mur.

“Les juristes disent que cela est complètement constitutionnel”, avait-il souligné peu avant le vote.

- Des fidèles de Trump /p>

Le débat n’est pas théorique: c’est parce qu’ils estiment qu’il a piétiné, avec cette mesure, les pouvoirs du Congrès qu’autant de sénateurs républicains ont soutenu la résolution démocrate.

L’ex-candidat à la présidentielle en 2012, Mitt Romney, a ainsi expliqué vouloir voter “en faveur de la Constitution”.

Parmi les rebelles figurent aussi deux modérées, Susan Collins et Lisa Murkowski, qui ont déjà voté par le passé avec les démocrates, ainsi que le libertarien Rand Paul, habitué à se démarquer des troupes républicaines.

Plus surprenant, plusieurs conservateurs fidèles de Donald Trump et moins médiatiques ont aussi pris le risque de s’attirer les foudres du tempétueux président: Roy Blunt, Mike Lee, Jerry Moran ou encore Roger Wicker.

“Je partage l’objectif du président Trump de renforcer nos frontières, mais je ne peux soutenir l’expansion des pouvoirs de la présidence au-delà des limites constitutionnelles”, a écrit Jerry Moran.

Un argument repris par plusieurs des rebelles conservateurs, qui ont rappelé leur farouche opposition à de telles tentatives de la part du démocrate Barack Obama.

L’ancien rival de Donald Trump à la primaire républicaine, Marco Rubio, a en outre expliqué avoir voté contre le financement d’urgence car il puisait dans des enveloppes budgétaires au départ allouées à l’armée.

Comme d’autres sénateurs opposés —Lamar Alexander, Rob Portman et Pat Toomey

-, M. Rubio a en outre confié sa crainte de voir de prochains présidents démocrates s’emparer de ce précédent pour financer des “urgences” controversées.

La Chambre, contrôlée par les démocrates, avait approuvée cette même résolution le 26 février.

Farouchement opposée au mur de Donald Trump, sa présidente, la démocrate Nancy Pelosi, plaide plutôt pour un renforcement des mesures de contrôle aux postes-frontière. Leur bras de fer autour de cette question avait précipité les Etats-Unis dans la plus longue paralysie budgétaire de leur histoire, pendant 35 jours entre décembre et janvier.

Il semble improbable que le Congrès puisse outrepasser le veto présidentiel, car cela nécessiterait une majorité des deux tiers dans les deux chambres.

Populaire auprès de la base républicaine, Donald Trump a des relations plus compliquées avec ses troupes au Congrès, où il enchaîne les revers cette semaine.

Mercredi soir, c’est sa politique étrangère, et notamment son solide soutien à l’Arabie saoudite, qui ont été clouées au pilori, également grâce à des voix républicaines: le Sénat a approuvé une résolution l’exhortant à arrêter tout soutien américain à la coalition saoudienne dans la guerre au Yémen.

La Chambre devrait à son tour approuver cette mesure. Et Donald Trump a, là aussi, prévu de la bloquer par un veto.

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