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La jeunesse afghane, première victime de la guerre

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A douze ans, Zabiullah est l’un des enfants victimes des années de guerre en Afghanistan. Déscolarisé, le jeune garçon doit arpenter les rues de Kaboul pour tenter de survivre et subvenir aux besoins de sa famille.

Cirage et brosse en main, le jeune Zabiullah Mujahed s’improvise cireur de chaussures. Comme beaucoup d’enfants du pays, le jeune garçon ne va plus à l’école et se retrouve obligé de travailler dans les rues de la capitale.

Dans un pays dévasté par la violence et des conflits à répétition, l’adolescent tente de survivre à un quotidien des plus difficiles. Il est l'aîné d’une fratrie de sept enfants habitant seuls, à Kaboul, avec leur mère. Il y a quatre ans, ils vivaient encore dans la province de Paktia, mais suite au décès du père tué par un kamikaze taliban, la famille a déménagé.

Le dessin comme exutoire

Depuis peu, le jeune garçon passe une partie de son temps à dessiner à l’orphelinat. Grâce à une rencontre fortuite, Zabiullah a pu intégrer un programme caritatif donnant accès à l’éducation et à diverses activités. Parmi ces dernières, le jeune cireur de chaussures s’est découvert une passion pour le dessin. Un art qu’il affectionne tout particulièrement et dont il compte bien faire son métier : « mon plus grand souhait est de devenir un grand peintre à l'avenir et que les pays étrangers puissent voir et aimer mes dessins », précise-t-il.

Un avenir incertain

Alors que les talibans et les États-Unis discutent des perspectives de paix, pour l’avenir, les institutions internationales se veulent optimistes. Ces dernières craignent toujours que la prise de pouvoir des talibans dans tout le gouvernement puisse entraîner un retour vers la Charia, la loi islamique, comme c’était le cas de 1996 à 2001. L’an dernier, 927 enfants ont été tués en Afghanistan. Selon l’ONU, l’année 2018 aurait été la plus meurtrière pour les civils depuis le début du conflit. Plus de 3 800 ont trouvé la mort, soit, une hausse de 11% enregistrée par rapport à 2017.

Le pays peine à cicatriser de la guerre qu’elle a vécue pendant de si nombreuses années. Selon un rapport de l’UNICEF, la moitié des afghans auraient moins de 15 ans et plus de trois millions et demi d’enfants ne seraient pas scolarisés. Le cas de Zabiullah n’est donc, malheureusement pas isolé.