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Le président turc Erdogan a mal joué : l'AKP perd Ankara et Istanbul

Elections municipales en Turquie : le président Erdogan et son épouse.
Elections municipales en Turquie : le président Erdogan et son épouse. -
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Reuters
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En faisant des élections municipales en Turquie un enjeu national, le président, Recep Tayyip Erdogan, a pris un gros risque... Et il en paye les conséquences. Même si les résultats sont encore partiels, l'AKP, le parti présidentiel islamo-conservateur, s'est bien cassé la figure à Ankara et à Istanbul. Ces défaites sont cuisantes et fortes en symbole puisque l'AKP, et avant lui un mouvement islamiste, contrôlaient la capitale et la grande ville économique depuis 25 ans.

Le dépouillement est presque terminé à Ankara, et selon l'agence de presse officielle Anadolu, le candidat de l'opposition, Mansur Yavas, avec près de 51% des voix, a battu nettement le représentant du parti au pouvoir, Mehmet Ozhaseki, qui a obtenu 47% des suffrages. L'alliance entre l'AKP et le parti ultranationaliste MHP a également perdu d'autres grandes villes, notamment Antalya et Adana, situées dans le sud du pays.

En vidéo (amateur) ci-dessous, Mansur Yavas danse au milieu de ses partisans pour fêter sa victoire à Ankara :

L'opposition s'empare aussi d'Istanbul

A Istanbul, où le suspense a persisté jusqu'en fin de matinée ce lundi - la bataille se jouait à quelques milliers de voix entre les deux principaux adversaires -, le Haut-comité électoral a fini par trancher officiellement : Ekrem Imamoglu (en photo ci-dessous), le candidat d'une coalition d'opposition entre les sociaux-démocrates du CHP et la droite de l'Iyi, l'emporte avec 4 millions 159 650 voix contre l'ex-Premier ministre Binali Yildirim, de l'AKP, qui recueille 4 millions 131 761 suffrages; l'opposition dispose donc de près de 28 000 voix d'avance.

Le président turc s'est énormément investi dans la campagne de ce scrutin municipal, il a animé une centaine de meetings à travers le pays. Peut-être à tort car il doit maintenant assumer un important revers. Recep Tayyip Erdogan a d'ailleurs admis qu'il allait devoir "corriger des faiblesses". L'économie a été clairement son talon d'Achille : la Turquie est confrontée à une hausse du chômage, une inflation record et une récession qu'elle ne connaissait plus depuis une dizaine d'années.