Euronews n'est plus accessible sur Internet Explorer. Ce navigateur n'est plus supporté par son éditeur, Microsoft, et les dernières fonctionnalités techniques de notre site ne peuvent plus fonctionner correctement. Nous vous encourageons à utiliser un autre navigateur, tels que Edge, Google Chrome ou Mozilla Firefox.
DERNIERE MINUTE

Alain Prost: la F1 est toujours "d'actualité, sans aucun doute"

Alain Prost: la F1 est toujours "d'actualité, sans aucun doute"
Euronews logo
Taille du texte Aa Aa

“Outil parfait dans la course automobile pour promouvoir une nouvelle technologie et la faire évoluer d’une manière incroyablement rapide”, la Formule 1 est, après 1000 Grand Prix, toujours “d’actualité, sans aucun doute”, estime le quadruple champion du monde français Alain Prost, conseiller spécial de Renault.

Q: La F1 a passé le cap des 1000 GP. Est-elle toujours d’actualité ?

R: “Sans parler de toute l’histoire, la F1 était pionnière de nouvelles technologies et les gens s’y intéressaient beaucoup. Elle a toujours le même rôle mais elle est tellement aboutie en termes de professionnalisme, d’ingénierie, de technologies que les gens ne voient plus ça de la même manière. Ils sont peut-être un peu moins réceptifs, mais quand on regarde les moteurs, qui sont absolument incroyables, on a un pontage avec la voiture de série indéniable. Donc je dirais qu’elle est d’actualité, sans aucun doute. Ca reste un sport fabuleux, une aventure humaine fabuleuse, un sport mondial.”

Q: Comment changer la perception du public ?

R: “La pédagogie, c’est évident. Là-dessus, on n’est peut-être pas très bons. Il faut aussi reconnaître qu‘à mon époque, les gens voyaient tout. Quand on abandonnait, il y avait un nuage de fumée, éventuellement des flammes, on savait ce qui se passait. Aujourd’hui, les voitures abandonnent très peu et on n’est pas toujours au courant (des raisons). C’est une expertise incroyable dans chaque domaine de la voiture et l’information est donnée beaucoup plus par les ingénieurs que par les pilotes. Il ne faut bien entendu pas enlever toute cette technologie mais peut-être la réduire d’une manière intelligente pour que ça redevienne un sport à taille humaine. Le pilote n’aura jamais plus d’importance que les ingénieurs parce qu’on est dans un monde de technologies, mais il faut qu’il ait une vraie expertise, une mainmise sur le travail, que ça soit ressenti comme tel et que les gens comprennent ce qu’est le métier de pilote.”

Q: Comment y parvenir ?

R: “Je réduirais certaines choses, notamment l’aérodynamique, au maximum et j’ouvrirais le champ des possibilités pour l’ingéniosité des pilotes ou des ingénieurs. Là, on a des mastodontes d‘équipes qui travaillent en grande partie sur l’aérodynamique. Et bien entendu les moteurs mais c’est normal, car on est très proches de la technologie des voitures d’aujourd’hui, un mélange de thermique et d‘électrique. Pratiquement 80% de la performance, c’est l’aérodynamique et, quand vous avez une très bonne aéro, la voiture est plus stable, agréable à conduire, les pneus marchent mieux… Le spectre est limité et c’est là-dessus qu’on doit travailler.”

Q: C’est un des enjeux de la refonte des règlements à l’horizon 2021.

R: “Ca n’est pas évident pour l’instant de savoir ce qu’il va se passer dans la mesure où les grandes équipes veulent garder leur avantage, c’est naturel, et qu’il y a beaucoup d’idées qui ne sont pas toujours cohérentes. La difficulté, c’est d’avoir cette cohérence des règlements technique, sportif, des choix des pneumatiques (…) On a aussi le budget cap (le plafonnement des budgets, ndlr). Si vous ne changez rien à côté, les grandes équipes qui ont travaillé et investi des sommes considérables pendant vingt ou trente ans, même si vous réduisez un peu leur budget, ça n’est pas ça qui va changer fondamentalement les choses. Il faut aussi changer les règlements, la manière de travailler, donner un peu d’ingéniosité, ouvrir le spectre des possibles. J’attends un changement dans ce sens.”

Q: La F1 peut-elle aller jusqu‘à 2000 GP ?

R: “Vous avez toujours des gens qui disent: la F1 c’est fini. C’est plusieurs centaines de millions de spectateurs chaque année. Les audiences ont baissé un peu en Europe mais elles augmentent ailleurs. C’est un sport global. Mais sa vraie chance, c’est la possibilité de choisir une nouvelle technologie parce que c’est dans l’air du temps. Pourquoi pas dans cinq ou dix ans aller vers l’hydrogène ? C’est l’outil parfait dans la course automobile pour promouvoir une nouvelle technologie et la faire évoluer d’une manière incroyablement rapide. Donc je ne me fais pas trop de soucis si on arrive à garder l‘équilibre entre le sportif, la technologie et le côté humain.”

Propos recueillis par Raphaëlle PELTIER.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2019 - Agence France-Presse.
+Voir plus
Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© 2019 - Agence France-Presse. Toutes les informations (texte, photo, vidéo, infographie fixe ou animée, contenu sonore ou multimédia) reproduites dans cette rubrique (ou sur cette page selon le cas) sont protégées par la législation en vigueur sur les droits de propriété intellectuelle. Par conséquent, toute reproduction, représentation, modification, traduction, exploitation commerciale ou réutilisation de quelque manière que ce soit est interdite sans l’accord préalable écrit de l’AFP, à l’exception de l’usage non commercial personnel. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des retards, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus dans le domaine des informations de presse, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations. AFP et son logo sont des marques déposées.