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Top 14: Castres, poil à gratter du Stade Toulousain

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Cinq victoires en autant de confrontations récentes, série en cours avant le derby de samedi lors de la 23e journée de Top 14: Castres s’est érigé ces dernières saisons comme la bête noire du Stade Toulousain, passé maître dans l’art de le faire “déjouer”.

Près de deux ans et demi, depuis novembre 2016, que le leader n’a plus battu son voisin tarnais! Qui est la seule équipe à avoir gagné cette saison à Toulouse, en septembre (26-22), juste avant l’inédite et incroyable série de 14 matches sans défaite en championnat (dont 13 victoires) des Rouge et Noir.

Et un peu plus de quatre mois plus tôt, le CO était également reparti vainqueur d’Ernest-Wallon, en barrages (23-11), sur la route de son titre de champion de France.

“Il y aura un sentiment de revanche” samedi, estime donc l’ailier toulousain Yoann Huget, pour qui Castres “c’est notre bête noire. Ils nous font déjouer. Ils savent appuyer là où ça nous fait mal”.

Il “se nourrit de nos fautes”, renchérit Arthur Bonneval alors que le 3e ligne Piula Faasalele, ancien joueur du CO, plus consensuel, se contente de souligner le “jeu différent” des champions de France.

Un jeu avant tout pragmatique, où priment le combat, la conquête, la défense et l’occupation, avant de lâcher les chevaux derrière lorsque la situation le commande.

Mais quand ils entendent le mot “déjouer” dans la bouche des Toulousains, les Tarnais s’agacent. Ils estiment n’avoir jamais opposé un jeu de vilains au “jeu de mains, jeu de Toulousains”.

Contre le Leinster dimanche dernier en demi-finale de Coupe d’Europe (défaite 30-12 de Toulouse), “je n’ai pas vu de chistera et de fantaisie mais un jeu propre, physique, avec beaucoup de pieds. Ce n‘était pas du Super 15 mais c‘était efficace”, rétorque ainsi le 2e ligne castrais Loïc Jacquet, déplorant qu’on “parle de la maîtrise des Irlandais mais (qu’)on préfère dire que le CO fait déjouer”.

- “Défendre ne suffit pas!” –

Le manager castrais Christophe Urios se reconnaît d’ailleurs dans le jeu de la province irlandaise, ainsi que dans celui de l’autre finaliste européen, les Saracens, dont les Tarnais “partagent la même marque” de fabrique: “combat devant, grosse dimension physique, jeu au pied de pression, grosse défense”.

Certes, le CO n’est pas toujours spectaculaire. Mais il possède malgré tout des armes offensives et ne se contente pas de faire déjouer son adversaire.

“Vous savez comment on a gagné” contre les Toulousains? questionne ainsi Urios. “Grâce à l’attaque. Défendre, contre une telle équipe, ça ne suffit pas! Contre eux, il faut bien défendre, combattre mais également être capable de proposer un rugby positif”, détaille-t-il.

Les chiffres lui donnent raison puisque, lors de sa série victorieuse en cours, Castres a inscrit dix-neuf essais contre seulement onze aux Toulousains.

Il n’empêche, le CO prend le match face à son puissant voisin, distant de 80 km, particulièrement à cœur. Peut-être, selon Mathieu Babillot, pur produit tarnais, parce que le club, longtemps considéré comme le “vassal”, a l’occasion de se venger du “seigneur, le grand Toulouse”.

Et mardi, dans la vidéo mise en ligne par Castres pour faire monter la sauce et mettre en exergue la rivalité entre les deux équipes, il était surtout question de “combat”, de “défi”.

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