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Gaza : les Palestiniens acceptent un cessez-le-feu

Gaza : les Palestiniens acceptent un cessez-le-feu
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Après certaines des pires violences transfrontalières de ces dernières années, des responsables palestiniens ont déclaré qu'un cessez-le-feu à médiation égyptienne avait été conclu avec Israël. L'Etat hébreu n'a pas confirmé l'information.

La trêve a débuté à 4h30 lundi

Après deux jours de tensions, qui ont tué quatre personnes côté israélien et 23 Palestiniens, le voisin égyptien (intermédiaire traditionnel entre Palestiniens et Israël à Gaza), a forgé un accord de cessation des hostilités entré en vigueur ce lundi à 04H30, ont annoncé sous couvert d'anonymat un responsable du mouvement islamiste Hamas au pouvoir à Gaza et un autre responsable du Jihad islamique, deuxième force dans le territoire et autre ennemi juré d'Israël. Un responsable égyptien a confirmé sous le couvert de l'anonymat la conclusion d'un accord. Une porte-parole de l'armée israélienne a décliné tout commentaire.

Les hostilités se sont intensifiées dimanche, au deuxième jour d'une escalade entre Israël et les groupes armés de la bande de Gaza. Les tirs de roquettes palestiniens et la riposte de l'Etat hébreu ont tué quatre personnes côté israélien et 23 Palestiniens depuis samedi. Sur les 19 Palestiniens tués dimanche, au moins neuf ont été identifiés comme des combattants du Hamas et du Jihad islamique.

Dimanche soir, une roquette a frappé une maison à Ashkelon, tuant un homme de 58 ans. Il est la première victime civile israélienne de ce type depuis 2014.

Élimination ciblée

Près de 600 roquettes ont été tirées depuis samedi de Gaza, dont 510 ont atteint le territoire israélien, et 35 sont tombées dans des zones urbaines, selon un décompte de l'armée israélienne.

L'armée israélienne a dit en retour avoir frappé plus de 320 objectifs du Hamas et du Jihad islamique à travers la bande de Gaza, et visé notamment des ateliers de fabrication de roquettes, des entrepôts d'armes, des positions et des bases militaires ainsi qu'un tunnel du Jihad islamique débouchant en Israël.

Plusieurs immeubles ont été détruits dans la ville de Gaza. Ils abritaient notamment des bureaux du Hamas et du Jihad islamique et des locaux du renseignement militaire et de la sécurité du Hamas. La Turquie a dénoncé les frappes, affirmant qu'un de ces bâtiments abritait les locaux de son agence de presse nationale Anadolu.

Sur les 19 Palestiniens tués dimanche, au moins neuf ont été identifiés comme des combattants du Hamas et du Jihad islamique.

Parmi eux figure Hamad al-Khodori, 34 ans, présenté par la branche armée du Hamas comme un de ses commandants et par l'armée israélienne comme un responsable des transferts d'argent iranien à destination du Hamas et du Jihad islamique. L'armée israélienne a ouvertement revendiqué son élimination ciblée.

Attaque aérienne israélienne contre la voiture du chef du Hamas

Une vidéo des Forces de défense israéliennes a été diffusée, montrant ce qu'elles ont dit être une attaque aérienne israélienne sur une voiture qui a tué un homme, identifié par des résidents comme un commandant du Hamas.

L'armée israélienne a déclaré que la victime était responsable du transfert de fonds de l'Iran à des factions armées à Gaza.

Soutien des Etats-Unis

Le président Donald Trump a assuré dimanche Israël du soutien entier des Etats-Unis après que l'Etat hébreu eut mené des raids dans la bande de Gaza en représailles à des tirs palestiniens de roquettes en territoire israélien.

"Une nouvelle fois, Israël est confronté à un barrage meurtrier d'attaques de roquettes mené par les groupes terroristes du Hamas et du Jihad islamique. Nous soutenons Israël à 100% dans la défense de ses citoyens", a tweeté M. Trump.

Peu après, le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, John Bolton, annonçait le déploiement au Moyen-Orient du "porte-avions et groupe aéronaval USS Abraham Lincoln et d'une force de bombardiers" tout en précisant qu'il s'agissait d'un "message clair et indubitable" à l'Iran.

"Toute attaque contre les intérêts des Etats-Unis ou contre ceux de nos alliés rencontrera une force implacable", a-t-il dit dans un communiqué à l'adresse du régime iranien, sans toutefois donner davantage de détails.

"Restaurer le calme"

Ces violences remettent en cause une trêve fragile observée depuis fin mars entre Israël et le Hamas et ses alliés, qui se sont livré trois guerres dans l'enclave depuis 2008.

Le voisin égyptien, intercesseur historique entre Israël et Palestiniens, ainsi que l'ONU s'emploient à une médiation pour faire retomber la tension, alors que le ramadan commence dans les jours à venir.

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a appelé dimanche à "une retenue maximale" et à une "désescalade immédiate".

L'envoyé des Nations unies pour le Proche-Orient, Nickolay Mladenov, "travaille étroitement avec l'Egypte et tous ceux concernés pour restaurer le calme", selon un communiqué de l'ONU.

Soutenant "la médiation de l'ONU et de l'Egypte", le président français Emmanuel Macron a fermement condamné les "tirs de Gaza" et souligné que le cycle de la violence devait "cesser".