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"Comprendre pourquoi on a poussé des gens à bout" : un des enjeux du procès France Telecom

"Comprendre pourquoi on a poussé des gens à bout" : un des enjeux du procès France Telecom
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C'est un procès inédit qui s'est ouvert ce lundi à Paris, le procès de l'ex-France Telecom, et de ses anciens dirigeants, accusés de "harcèlement moral".

A la barre des accusés, l'ex-PDG Didier Lombard, et son staff de l'époque, le N°2 du groupe, le Directeur des ressources humaines, entre autres.

REUTERS/Charles Platiau
Didier Lombard, à son arrivée au tribunal à Paris, 06/05/2019REUTERS/Charles Platiau

Ce ne sont pas leur choix stratégiques qui sont jugés, mais bien leurs méthodes de management.

Une réorganisation brutale

Retour dans les années 2000. France Telecom est alors engagée dans un programme de restructuration. Par milliers, des postes sont supprimés, redéfinis. Les services, réorganisés.

Dans la première plainte déposée, le syndicat SUD parlait en 2009 d'une "gestion d'une extraordinaire brutalité". En témoignent ces propos du PDG de l'époque, Didier Lombard, évoquant les réductions d'effectifs : « Je ferai les départs d'une façon ou d'une autre, par la fenêtre ou par la porte. »

35 salariés se suicideront en moins de 2 ans. Sans compter les arrêts de travail pour dépression.

Un traumatisme pour tous les salariés du groupe qui a depuis, changé de nom pour s'appeler désormais "Orange".

"Un moment de vérité indispensable"

Pour les familles des victimes, ce procès aujourd'hui rouvre des plaies souvent mal-cicatrisées.

Je pense que c'est douloureux pour elles (les victimes), dans la plupart des cas. Mais je crois que c'est aussi un moment de vérité, un moment qu'elles attendent depuis longtemps, et qui était tout à fait indispensable.
Jean-Paul Teissonnière
Avocat de familles de victimes
Qu'est-ce qu'on attend de ce procès ? Qu'on essaie de comprendre pourquoi, pourquoi on pousse des gens à bout. Et puis il ne faut pas que ça se reproduise ailleurs. On ne peut pas admettre qu'un policier, qu'un médecin, qu'un gendarme, qu'un agriculteur... se suicide à cause du travail. Et puis on veut faire comprendre que l'argent, oui (est important), mais l'être humain a plus de valeur.
Noël Riche
Ancien salarié de France Telecom

Le procès qui s'ouvre ce lundi, devrait durer plus de 2 mois.

Les prévenus encourent un an d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende.

- avec agences -