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Forum mondial sur le dialogue interculturel de Bakou : Comment promouvoir la paix par le dialogue

Forum mondial sur le dialogue interculturel de Bakou :  Comment promouvoir la paix par le dialogue
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L'extrémisme violent, souvent de motivation religieuse, fait régulièrement la une de l'actualité. Ainsi, la méfiance, voire la haine, se répandent entre les communautés. Le Forum mondial sur le dialogue interculturel qui se tient dans la capitale de l'Azerbaïdjan, Bakou, tente d'explorer les moyens de promouvoir la paix à travers le dialogue.

Plus de 500 membres, représentants diverses organisations internationales, ONG ou communautés religieuses se sont retrouvés pour la cinquième édition de cette conférence, reçus par le président Ilham Aliyev :

"L'objectif principal de ce forum est de démontrer que la bonne volonté mutuelle peut rendre le monde plus sûr et plus prévisible et que le dialogue reste le meilleur moyen de résoudre les problèmes !"

Le Sri Lanka est un des pays qui a le plus souffert de l'extrémisme violent, encore très récemment. Neluni Tillekeratne travaille pour un mouvement qui accueille des jeunes issus des différentes communautés du pays. Tout est parti du constat que 70% des Srilankais n'avaient aucuns amis parmi les autres communautés.

"Si vous n'avez pas d'amis en dehors de votre groupe ethnique, qu'est ce qui vous pousse à prendre la décision de blesser quelqu'un ? Ce que vous avez entendu dire ? Des préjugés ? Des hypothèses ?

_Si vous et moi appartenions à deux ethnies opposées, que nous étions deux jeunes. On se baserait sur les disputes de nos parents. Depuis notre naissance, nous saurions que nous sommes supposés nous haïr. Mais nous nous rencontrons dans une conférence où nous n'avons pas d'autres choix que de faire équipe. Au début, les deux premiers jours seront très maladroits. Puis, le quatrième, le cinquième jour, nous sommes obligés d'avoir une conversation sur les réalités de ce que nos parents ont vécu, sur nos insécurités, nos peurs, et puis tu me crains, je te crains...Alors on se dit : "attends un instant, on ne pourrait pas mettre un terme à tout ça ?" Si je peux te promettre que je ferais ce qu'il faut pour te protéger et que tu peux me promettre que tu feras ce que tu peux pour me protéger. Alors tout ira bien !
_

Après les récents attentats,nos étudiants du Sri Lanka ont déjà pris conscience du message de non-violence, ils ont repris le message d'unité et ont commencé à utiliser les réseaux sociaux pour dire à leurs amis et à leurs familles : "OK, regarde. Nous savons que c'est l'oeuvre d'un groupe islamique mais nous savons aussi que nous avons suffisamment d'amis musulmans aux quatre coins du pays pour savoir qu'on ne peut pas les accuser de tout ça. Nous sommes bouddhistes, nous sommes cingalais, nous sommes chrétiens mais n'oublions pas le fait que la communauté musulmane est elle aussi srilankaise !"

Le pasteur James Wuye s'est rendu à la conférence en provenance de son Nigeria natal. Il a vécu la haine intercommunautaire dans son pays. Il a su la dépasser, pas seulement intellectuellement, mais aussi physiquement.

"Comme vous pouvez le voir, j'ai perdu cette main il y a 25 ans, quand je me battais contre les musulmans, avec ma communauté. Je l'ai perdue alors que j'essayais de protéger mon église. J'ai été entraîné à céder à une narration négative sur le fait de détester l'autre.
__Si vous laissez la haine s'en aller, vous serez pardonné aussi ! C'est très difficile mais une fois essayé, c'est un remède à la joie et à la paix éternelles ! Si les nations ne pardonnent pas aux nations, les nations vont détruire les nations , nous devons nous arrêter à un moment ou à un autre."

Le dialogue, la tolérance et le pardon pour surmonter la haine profondément enracinée et les conflits entre les individus, les communautés et les pays - voilà en quoi consiste le Forum mondial sur le dialogue interculturel de Bakou.