DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Sur la route des Européennes : dans la campagne autrichienne

Sur la route des Européennes : dans la campagne autrichienne
Taille du texte Aa Aa

Nous poursuivons notre voyage en Europe, cette fois dans la campagne autrichienne. A une centaine de kilomètres de la capitale Vienne, nous partons à la rencontre d'agriculteurs, qui sont préoccupés par l'avenir de leur métier, de moins en moins populaire auprès des jeunes.

Georg, 29 ans : "le travail le plus merveilleux que je pouvais imaginer"

L'Autriche est pourtant l'un des pays européens qui compte la plus grande proportion de jeunes chez les exploitants agricoles. Environ 20 % d'entre eux ont moins de 40 ans contre 11 % dans l'ensemble de l'Union européenne.

Nous rencontrons Georg Marksteiner, 29 ans. Il a décidé de poursuivre une longue tradition familiale qui se perpétue depuis huit générations.. Pour Georg et son épouse, l’agriculture est une passion, malgré les nombreuses difficultés du métier :

"C’est le travail le plus merveilleux que je pouvais imaginer, d'abord car ce sont mes aînés qui me l'ont transmis. Alors, oui, c'est beaucoup de travail, du matin au soir. Mais, on est toujours à la maison avec sa famille, et c'est ce qui est beau dans ce métier."

Vincent McAviney, euronews : Et que pensez-vous des politiques agricoles de l'Union européenne ?

"C'est une question compliquée. Bien sûr, de mon point de vue d'agriculteur biologique, je porte un regard critique sur l’agriculture industrielle. Je crois que chaque agriculteur doit suivre son propre chemin et décider quelle direction il veut prendre. Nous avons décidé de nous positionner sur une petite échelle de consommateurs et de faire de la vente directe. Depuis un an, nous avons le label Demeter. J'aime ce principe de ferme productrice avec le moins d'influence possible de l'extérieur. Actuellement, les politiques de l'Union européenne jouent plutôt en notre faveur, car elles vont dans le sens d'une agriculture plus écologique. Mais, les grandes exploitations agricoles demeurent pour nous un enjeu majeur.

Son épouse, Julia Hofbauer, témoigne : "Il y a des avantages et des inconvénients dans l'Union européenne, mais, à mon sens, ce sont les avantages qui prévalent. Il est difficile d’avoir les mêmes politiques pour l’ensemble de l’Union européenne. En Autriche, il y a encore beaucoup de petites exploitations. Il est important de ne pas perdre de vue nos principaux objectifs."

Martin 50 ans : "l'agriculture a besoin de revenir aux origines"

Nous poursuivons notre route, direction le prochain village. Nous y rencontrons Martin Allram, 50 ans. Il y a 25 ans, il a quitté la ville pour reprendre la ferme de ses grand-parents. Aujourd'hui, il ne regrette pas sa décision, il estime que les politiques agricoles européennes doivent changer :

"Je pense que les aides de l'Union européenne, qui sont basées sur la surface des terrains, ne sont pas bonnes, car elles encouragent les agriculteurs à se développer, à avoir des exploitations encore plus grandes. Ces aides encouragent l'industrie agricole. Or, ce dont la nature et l'agriculture ont besoin, à mon sens, c'est de revenir aux origines. Nous serions alors beaucoup plus en mesure de soutenir la nature, et nous n'aurions pas besoin d'autant de ressources synthétiques, de pesticides, si nous avions des structures plus petites."

Si l'Union européenne ne parvient pas à attirer davantage les jeunes vers l’agriculture, alors les questions relatives à notre sécurité alimentaire, risquent, à l'avenir, de se poser de plus en plus.