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Foot: Sevan Karian, le conseiller qui se décline au féminin

L'avocat Sevan Karian, à Paris le 6 mai 2019
L'avocat Sevan Karian, qui gère les intérêts d'une trentaine de footballeuses, à Paris le 6 mai 2019 -
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Martin BUREAU
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Être l’avocat d’Antoine Griezmann et du RC Lens n’empêche pas de cumuler d’autres activités moins lucratives mais à fort potentiel: Sevan Karian, qui gère les intérêts d’une trentaine de joueuses, incarne la montée en puissance des conseillers sportifs dans le foot féminin, nouvelle frontière du “foot-business”.

“Avant le tournant des JO-2016, il y avait cinq-six agents qui y voyaient une niche. Maintenant avec la Coupe du monde en France (7 juin-7 juillet) qui arrive, cela explose clairement. Il y a même des agents importants du monde masculin qui se disent que c’est pas mal pour l’image ou la diversification”, explique Me Sevan Karian, dans un entretien à l’AFP.

De la pionnière Sonia Souid, qui chaperonne notamment la carrière de la capitaine des Bleues Amandine Henry, à la structure créée par le rappeur Booba, avec l’espoir Marie-Antoinette Katoto comme tête d’affiche, les conseillers sportifs font désormais partie de l‘écosystème du foot féminin.

Si les sommes en jeu paraissent encore minuscules comparées aux millions générés par leurs homologues masculins, les joueuses commencent toutefois à devenir attractives à leurs yeux. Au point d‘être sur-sollicitées sur les bords des terrains ou sur les réseaux sociaux.

La raison? Au-delà du massif coup de projecteur à venir avec le Mondial-2019, c’est surtout le boom des droits TV, avec des montants multipliés par dix en moins d’une décennie, qui a aiguisé les appétits.

- Rentable /p>

Canal Plus a par exemple déboursé 1,2 million d’euros par saison pour diffuser la D1 féminine pendant cinq ans, selon Le Parisien, alors que cela ne coûtait encore que 110.000 euros… en 2011 !

Avec plusieurs entraîneurs et une trentaine de joueuses dans leur écurie, à l’image des internationales Griedge MBock, Eve Perisset, Kadidiatou Diani et Charlotte Bilbault, Sevan Karian, et son partenaire Salim Boufenara, font partie des mieux placés pour en profiter.

Pourtant rien ne prédestinait ce diplômé de Sciences Po, davantage attiré par “une carrière dans le droit international public et la diplomatie” à l’ONU ou au ministère des Affaires étrangères, à investir ce créneau encore balbutiant mais potentiellement porteur.

Car depuis la création de son cabinet ASK en janvier 2014, consacré à faire de sa passion pour le ballon rond sa principale activité de conseil, ses clients étaient exclusivement issus du foot masculin.

“Un jour, l’ami d’une joueuse du PSG est venue me voir car elle avait l’impression de se faire avoir lors de la renégociation de son contrat”, raconte l’avocat, âgé de 34 ans.

Dubitatif au départ, il se retrouve rapidement séduit par “la simplicité” de ce milieu en voie de professionnalisation, puis sollicité en permanence par de nouvelles joueuses sous l’effet du “bouche à oreille”.

Charte et “salaire minimum” –

Au point de devenir une activité si “bankable” que cela? “Parce que je représente des tops profils de joueuses et de coachs, en cumulé depuis un an ou deux, c’est une activité qui devient rentable. Mais les quatre-cinq années de travail en amont, c‘était anecdotique”, souligne-t-il.

Si Lyon, club “à part”, peut offrir jusqu‘à 30.000 euros mensuel à ses stars, la rémunération moyenne pour une joueuse évoluant dans un club de haut de tableau du championnat de France est comprise entre 2000 et 10.000 euros. Très loin de ceux pratiqués en Ligue 1.

“Je ne suis pas utopiste, je sais que les filles n’auront pas le même salaire que les garçons”, concède Sevan Karian, pour qui “le vrai enjeu” se joue ailleurs : l‘égalité sur plan social et juridique.

“Contractuellement parlant, aujourd’hui c’est faux de parler de joueuse professionnelle. Dans le langage purement juridique du football, elles sont des joueuses fédérales. Leurs contrats sont donc les mêmes qu’un joueur de National 1, 2 ou 3”, explique-t-il.

Selon lui, “pour que les joueuses de foot soient traitées exactement de la même manière” que leurs homologues de Ligue 1 et Ligue 2 “en terme de conditions de travail et de salaire minimum”, le foot féminin, aujourd’hui sous l‘égide de la Fédération (FFF), devra entrer à terme dans le champ de compétence de la Ligue (LFP).

“C’est une question qui devra être réglée dans les trois ans”, estime-t-il.

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